[Sport] Complexe sportif d'Olembe : Piccini accuse Magil de vol et sabotage

Par une correspondance du 21 février 2020 à l’adresse du ministre des Sports, les responsables de l’entreprise italienne dénoncent des faits graves, s’ils sont avérés. Après le transfert du chantier de construction du Complexe sportif d’Olembe, le 03 décembre 2019 de l’entreprise Gruppo Piccini à Magil Construction, l’on avait cru avoir résolu la question des retards observés et le respect des délais de livraison de cet ouvrage. C’était sans compter avec l’autre bataille sans merci que devrait se livrer les deux entreprises sur le site des travaux après. La dernière actualité brûlante est la correspondance de Gruppo Piccini, adressée au ministre des Sports, le 21 février dernier. Même si des sources proches de Piccini ne comprennent pas comment cette correspondance qui, a priori est revêtue du caractère confidentiel, a pu se retrouver sur les réseaux sociaux, et dont l’objet est suffisamment grave : « Vol et sabotage ». Dans ladite correspondance signée de Rodolphe Moebieus et par délégation du Dr M. Asmaron, Piccini dénonce les mauvais comportements de l’entreprise canadienne Magil Construction. « Nous constatons avec consternation que la société Magil est en train d’organiser le détournement à son profit des biens de l’Etat se trouvant sur le site et en plus de saboter purement et simplement le planning déjà serré de la fin des travaux pour la Can 2021 », avise Piccini. Le premier fait relaté s’est déroulé selon les responsables de Piccini, le 18 février dernier : « vers 18 heures l’un de nos collaborateurs de retour de Douala a croisé une semi-remorque avec le logo Magil dans le sens de la circulation Yaoundé Douala chargé d’un conteneur 20 pieds appartenant au chantier ». La même correspondance fait remarquer le risque actuel que court le chantier à ne pas être livré à temps du fait que des pièces métalliques devant servir à la construction de la façade extérieure ont disparu. « Le week-end dernier, quatre semi-remorques ont été chargées sur le site : 3 chargées avec les structures métalliques de la façade du stade et le dernier avec des cadres métalliques servant au transport des pièces préfabriquées (…) Même si la disparition des cadres métalliques n’est pas stratégique, c’est tout de même à considérer comme un vol. Par contre, la disparition des pièces de structures métalliques de la façade serait catastrophique ! En effet, sans ces pièces, la façade ne pourra pas être fermée et le défaut d’étanchéité serait absolument dommageable pour les délais, notamment à l’approcha de la saison des pluies. Refabriquer les pièces manquantes et les transporter prendra minimum trois mois. Il s’agit dans ce cas d’une tentative de sabotage pur et simple du planning du chantier et notamment de la livraison du stade Paul Biya pour la Can 2021 », lit-on en substance. Du matériel emporté et endommagé Le 21 février 2020 même, les responsables de Piccini indiquent avoir intercepté trois camions chargés de métaux divers. Il a été dit qu’il s’agissait d’une opération de nettoyage du chantier. « Dans métal s’entend également les éléments de structure de la façade. Nous avons intercepté ces camions et fait venir la gendarmerie », déclare Piccini. Avant de poursuivre : « Nous avons également constaté la sortie du site par Magil, des paquets de carrelage et d’écrans de télévision. Ceci s’apparente à du détournement de matériel appartenant à l’Etat (…) Magil organise depuis des semaines, des mouvements de conteneurs pour les stocker sur le grand parking Razel. Des conteneurs sont vidés de leurs matériels et chargés dans d’autres conteneurs que Magil numérote et y appose un panneau avec le logo Magil », accuse Piccini. Autres faits dénoncé dans la correspondance se trouvant sur la table du ministre des Sports, le Pr Narcisse Mouelle Kombi, la sortie du stade du stade principal, de l’armoire TGBT livrée par Piccini, qui attendait son installation à la position où elle était placée. Plus grave, au moment de la manutention de cette armoire, pour le parking Razel, elle est tombée. « Une armoire TGBT d’une valeur de 50.000 euros, propriété de l’Etat », rappelle Piccini. Les Italiens dénoncent aussi le vol de leurs câbles, fiches, des pièces d’assemblage et les éléments de la flèche qui ont été pliés, au moment où ils procédaient au démontage de leurs grues à tour. Le dernier acte dénoncé par Piccini s’étant opéré le 20 février 2020. « Un camion benne local a quitté le site, avec l’accord du poste de garde, chargé à bloc avec des tuyaux PEHD de 90 mm de diamètre. Là également, nous sommes en face de vol et de détournement de biens de l’Etat », crie Piccini. Les responsables de Magil injoignables Ces faits sont tellement graves et s’ils sont avérés, ce serait synonyme que depuis la reprise du chantier par Magil, rien n’a bougé, en dehors de la construction de l’aire de jeu du stade principal en cours. Du moins pour ce qu’on a aperçu le 28 janvier dernier lors de la visite du ministre des Sports sur le site. Ce jour-là, des responsables de Magil justifiaient la stagnation des autres travaux dont la façade par le fait qu’à certains endroits, il n’existait pas de plan et qu’il était question de reprendre les recherches pour les avoir. Nous avons tenté à plusieurs reprises de joindre des responsables de Magil sans succès, jusqu’au moment où nous allions sous presse. Une chose est au moins constante, ce n’est pas le grand amour entre Piccini et Magil sur ce site d’Olembe. A 48h de la dernière visite du ministre des Sports sur ce chantier, Piccini qui avait refusé de laisser ses engins à la disposition de Magil pour effectuer les travaux, a été contraint de lâcher par la force du Gouverneur de la région du Centre, par ailleurs président des Comités de sites de Yaoundé pour le Cocan 20-21. Ce que Piccini n’avait pas apprécié. Ce qui est constant, est que depuis la reprise de ce chantier par Magil, les travaux n’avancent pas au rythme souhaité. « C’est lorsqu’on annonce la visite du ministre qu’il y a foule et mobilisation dans ce chantier. Que le ministre fasse d’autres visites inopinées avec un véhicule banalisé et il verra lui-même la réalité », nous confiait un riverain de ce complexe. Le Complexe sportif d’Olembe : on est loin d’avoir ne serait-ce que les infrastructures contenues dans le cahier de charges de la Caf pour la Can 2021.

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