[Sport] Adamoua : les infrastructures sportives à l'abandon

En cause le défaut d’entretien des aires dédiées au sport. Depuis deux ans que Yves Nguetop Tokty préside aux destinées de la délégation régionale des Sports et de l’Education physique de l’Adamaoua, des efforts sont farts pour animer le mouvement sportif. En commençant par le cadre de travail des hommes qui œuvrent pour le développement du sport dans le château d’eau. Mais le cordonnier reste mal chaussé : pas de voitures de service et le bâtiment des Sports, bien que relifté, reste soutenu par des pierres sur la toiture. Ici, l’on se veut malgré tout optimiste. La haute hiérarchie est au fait de tous les problèmes du sport dans l’Adamaoua, tant des rapports lui sont régulièrement acheminés. Elle pourra peut-être toucher du doigt la réalité du terrain du 22 au 24 octobre 2020, lors de la 12e édition de la Journée – Nationale de l’Education Physique (Jnep) à Ngaoundéré, sous le thème : «Ensemble pour une éducation physique vectrice de bien-être, de paix et d’espoir, afin de barrer la voie à la covid-19». L’espoir est donc permis, peut-on subodorer. Le rêve d’avoir des infrastructures sportives reluisantes est tout aussi nourri dans l’Adamaoua. Ceci, dans le but d’espérer faire partie, un jour, des régions pouvant accueillir des compétitions d’envergure comme la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), le Championnat d’Afrique des nations, entre autres. Les différentes disciplines sportives rêvent aussi s’implanter au grand bonheur des adeptes du sport. Mais, le visage que renvoie, pour le moment, les rares infrastructures existantes dans la région, est terne. Le problème de leur entretien se pose avec acuité. Du coup, les aires de jeu déjà en place n’arborent pas toujours une belle robe. Le cas du stade Ndoumbé Oumar qui, en plus de son enceinte défraîchie, est envahi par des commerçants dans ses environs. «Pour le stade Ndoumbé Oumar, la mairie doit faire son travail. C’est elle qui perçoit les taxes auprès des commerçants. Et puis, il y a des boutiques construites autour du stade. Ce n’est pas parce que ce sont des infrastructures de l’Etat qu’on doit construire n’importe quoi autour», indique le délégué régional des Spports. Et ce n’est le complexe multi-sport de Ngaoundéré, sis au quartier Résidentiel, qui paie de mine. Abandonné à son triste sort, le chantier inachevé est le repaire des animaux domestiques, de la broussaille et d’une famille indigente y ayant trouvé asile. Au moins, les aires de jeu de tennis et de basket-ball, accueillent régulièrement des passionnés qui leur redonnent vie. Appui de l’Etat Une question reste pourtant. Pourquoi les «chantiers» du sport dans l’Adamaoua sont abandonnés ou ne sont même pas envisagés ? «Avec les travaux de la CAN, tous les autres investissements sont arrêtés. L’Adamaoua ne fait pas partie des régions qui vont accueillir cette compétition. H y a concentration des énergies, en ce moment dans notre pays, pour ce rendez-vous», fait savoir le délégué régional. Loin d’accuser, Yves Nguetop Tokty fait valoir l’intérêt général. Mais l’acquisition des infrastructures sportives résulte d’une action en synergie entre les pouvoirs publics et les collectivités Territoriales Décentralisées. Le ministère de tutelle est chargé d’apporter un appui technique dans la réalisation des travaux. « A chacun de jouer sa partition. Les maires doivent exprimer leurs besoins s’ils veulent un appui du ministère des Sports pour un financement. Cette année, nous avons aidé les maires de Bankim, Mayo-Darlé, Banyo et Ngan-Ha. Ils nous .ont dit qu’ils voulaient des infrastructures et je les ai mis en contact avec un responsable de la sous-direction de l’infrastructure du ministère’ pour des devis cohérents. Cela a été fait et ce sont des éléments de maturation du projet. Bref, ils auront leurs infrastructures», informe-t-il. Il reste pourtant qu’investir pour voir émerger des infrastructures sportives, nécessite un préalable. «On n’investit pas pour rien en infrastructure dans une région donnée. On regarde d’abord l’impact de l’économie du sport. Une infrastructure mise sur pied à un coût. Mais après, elle peut mourir parce qu’on n’aura pas les recettes nécessaires pour sa maintenance», souligne le délégué régional des Sports et de l’Education physique.

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