[Santé] Pandémie Covid-19 et immunité africaine : l'occident ‹‹ cherche le mot››

La catastrophe annoncée pour l’Afrique aux débuts de la fameuse pandémie Covid-19 n’a pas eu lieu, au grand dam de la plupart des “analystes”Occidentaux. Ils ne voient certainement pas d’un bon œil que leurs sinistres désirs aient été frustrés par la réalité. Qui a oublié le mémorable document du Quai d’Orsay (le Minrex français), prédisant, avec une certaine délectation, comme conséquence attendue de la crise sanitaire mondiale, la gouvernements ? On a alors été stupéfait, d’apprendre, sous la très sérieuse plume du Centre d’analyses et prospective stratégique (caps) que grâce à “l’effet pangolin », la majorité des pays allaient littéralement s’effondrer. Cette note diplomatique n’était pas une bourde de ce ministère, mais un document tout ce qu’il de très serieux car il s’appuyait probablement sur des projections de quelques officines qui n’avaient rien de scientifique, apparemment expertes en pures spéculations. » » i Plus généralement, elle reflétait le sentiment de l’Occident devant cette pandémie : $5eux, les pays développés et les maîtres du monde, avaient du souci à se faire vu la fulgurance avec laquelle la maladie se répandait et le lot ahurissant de morts qu’elle charriait, la pauvre Afrique était condamnée. Forcément Logiquement Avec en filigrane chez certains des racistes les plus radicaux, l’idée sinistre que cette crise sanitaire allait être l’occasion d’une “solution finale » naturelle à la surpopulation et à la démographie dite galopante, qu’on présente toujours comme le principal obstacle au décollage du Continent. Et un règlement définitif à ce qui les gène le plus ces derniers temps: la « marée noire », ces migrants africains qui envahissent inlassablement leurs chers et beaux pays. Etc. Or, malheureusement pour ces oiseaux de très mauvaise augure, rien ne s’est passé comme prévu : on meurt toujours 100 fois moins chez nous de Covid-19 que chez eux là-bas! Pour dire les choses plus simplement, on n’ aurait même du ne pas du parler de pandémie concernant l’Afrique, puisque par ailleurs les gens n’ont été informés de sa survenue que grâce au tapage des médias internationaux à ce sujet très souvent ils n’ont vu aucun mort de corona, d’autant que l’on a continué à décéder « normalement » entre autres de notre bonne vieille malaria et autres bobos tropicaux du même genre, dans les mêmes proportions et avec la même fréquence que d’habitude. Déçus par la non réalisation de leurs prophéties ou de leur souhait camouflé d’un cataclysme, quelle a été la réaction de ces Occidentaux ! Et on ne parle pas ici seulement des médias mainstream, mais également des politiques, des responsables de la santé, de la coopération et des Ong internationales. Ils ont d’abord presque à l’unisson cherché à nier même la réalité en affirmant: “tes chiffres sont faussés” : ce fut la première et principale salve, quand ils ont constaté l’anomalie des données. Et d’expliquer très doctement que les régimes africains, dictatures féroces devant l’Eternel, ont tout intérêt à cacher l’ampleur de la catastrophe chez eux pour ne pas créer une panique générale qui pourrait les emporter, ou pour ne pas exposer aux yeux du monde leur incurie, notamment sur le plan de la santé publique. Pour se prémunir du risque d’être balayés par la possible fureur de leürs peuples devant le dévoilement de l’hécatombe, ils auraient préféré faire le black-out sur l’information concernant la catastrophe pourtant en cours. L’enrourloupe évidente ici est que cette explication n’a aucune base factuelle, et procède d’une simple inférence malhonnête : puisque les chiffres que nous recevons ne sont pas aussi élevés que nous l’avons annoncé ou prévu , c’est qu’il y a anguille sous roche. Le coupable ! Les « régimes », bien sûr ! Qui voulez-vous qu’on incrimine d’autre ? Dans la même veine, on a eu droit à l’antienne “tes chiffres ne sont pas fiables “: il n’a pas fallu se creuser la tête pour trouver celle-là tant, dans l’esprit des contempteurs qui regardent l’Afrique de haut, cela va de soi qu’il n’ya pas d’état civil digne de ce nom nulle part, que les statistiques concernant la population n’existent pas, que les gens enterrent leurs morts sans que les décès soient enregistrés, surtout dans les campagnes etc. Ce dernier préjugé est le plus révoltant : ici chez nous c’est surtout dans les grandes villes que l’on a connu l’essentiel des contaminations et des morts de Covid. C’est donc du n’importe quoi d’ignorant, comme tout le reste de l’agumentaire. Autre mantra abondamment utilisé :“la plupart des cas ne sont pas détectés, faute d’un dépistage systématique et généralisé”. Sans commentaire, car ce n’est qu’une déclinaison de la même rengaine, qui met en exergue les insuffisances techniques et organisationnelles supposées des États en faillite. Les plus persévérants ne disent rien du tout, mais n’en pensent pas moins: »Ça vient, ils ne perdent rien pour attendre Tout ceci n’est bien sûr que du pipeau raciste, exécuté à partir d’un biais de jugement des « experts »qui ont encore une image précoloniale de l’Afrique. Car contrairement à la vulgate des catastrophistes du Covid-19, il n’ya eu ni camouflage ni trafic des données, encore moins ce que ces enragés appellent une énigme (mot valise, quand on ne veut pas regarder la vérité en face). Et il n’y a pas de mystère: les épidémiologistes non infectés par la malhonnêteté intellectuelle et les préjugés essentialistes proposent en effet des explications simples, n’en déplaise aux pythonisses de toutes obédiences. Ils ont bien sûr d’abord tâtonné. Normal. C’est comme ça que fonctionne la recherche scientifique en général :les résultats sont atteints sur le temps long, puisqu’il faut toujours et au fur et à mesure confronter des hypothèses avec les données des investigations de diverses origines. À ce jour on donc est à peu près sûr que la jeunesse de la population africaine est l’une des raisons de l’exception: le Coronavirus tue surtout les vieux, et comme l’Afrique est majoritairement peuplée de jeunes, le virus ne leur fait rien du tout, même quand ils l’attrapent. Puis, on constate que les densités de population sont plus faibles ici, ce qui limite forcément la propagation du virus. De plus, il ya la faible mobilité de ces populations: la plupart des cas restent concentrés dans les capitales et les grandes villes. Il ya surtout l’hypothèse plus récente mais particulièrement intéressante de l”immunité croisée », due à la longue exposition des Africains à divers pathogènes et par conséquent à beaucoup de maladies. Quand plusieurs virus sont en compétition, certains peuvent bloquer le développement d’autres, et nous voilà « blindés”, pour ainsi dire, par notre mode de survie si peu confortable. Il ya enfin une dernière explication à la surprenante (désolante, selon les Occidentaux) résistance africaine à la covid 19, et elle serait de nature religieuse : pour certains croyants, c’est Dieu lui-même qui est à la manoeuvre dans cette affaire. Il aurait envoyé le Corona pour régler les comptes aux arrogants de ce monde. Et c’est logique, quand on sait que dans sa grande bonté et son immense jus- , tice il punit les méchants, et protège les opprimés, suivez mon regard ! Cette “explication » vaut ce qu’elle vaut, et ne peut évidemment aller de soi que pour les grenouilles de bénitiers, les imams déjantés ou les pastos ‘‘réveillés”. Mais elle met tout de même en lumière une vérité, que la sagesse populaire connaît bien: si un petit virus de rien du tout (vu d’ici) parvient à décimer la population de ces pays dits développés, où on a tout ce dont il est possible de rêver matériellement, ces paradis de la démocratie dont on vante tant l’espérance de vie des habitants, grâce à une protection sanitaire idéale, un univers ultramedi-calisé etc., alors au fond la richesse matérielle de l’Occident ne réglera jamais tous ses éventuels problèmes. Et par conséquent, en réalité « pauvreté n’est pas maladie ». On ose imaginer le comble : que après avoir compris cela, les Occidentaux se mettent à regretter de pas être des pauvres Africains ces derniers temps, en se rendant compte qu’être ce qu’ils se gargarisent d’être, comparé à l’Afrique, n’a finalement qu’une importance toute relative si ça ne les met même pas à l’abri du premier petit Coronavirus venu. Ceci ne devrait pas nous consoler d’être des pays pauvres, bien entendu. Mais on dira ce qu’on voudra: si la pauvreté devient une vertu, fût-elle uniquement sanitaire, c’est quand même une petite revanche de l’histoire !

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