[Santé] Fistule obstétricale : 20 000 femmes atteintes au Cameroun

C’est l’une des causes de mortalité maternelle évitable et aussi une conséquence de l’inégalité du genre et de l’iniquité dans l’accès aux soins et services de santé. Le 20 novembre dernier, le Cameroun sous le haut patronage de la première dame, Chantal Biya, a effectué le lancement officiel de la campagne d’élimination de la fistule obstétricale au Cameroun en collaboration avec le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa). D’après Siti Batoul Oussein, représentante résidente de l’Unfpa au Cameroun, la prévalence de la fistule obstétricale est estimée à 20 mille cas dans le pays. Aussi l’organisme a-t-il toujours appuyé le gouvernement dans ses efforts de lutte contre la fistule obstétricale. «Il s’agit des femmes et adolescentes dont le passage normal du bébé provoqué par des complications de grossesses ou d’accouchement au niveau de l’appareil génital résulte de l’écoulement incontrôlé des urines et des matières fécales. Si le facteur principal quifavorise la survenue d’une fistule obstétricale est le manque d’accès aux soins de qualité lors de l’accouchement, les facteurs qui maintiennent les victimes dans la souffrance et l’indignité sont l’exclusion, la stigmatisation et la pauvreté», explique-t-elle. Malgré le contexte de Covid-19, le ministère de la Santé publique en collaboration avec l’Unfpa, a poursuivi les activités de prise en charge de la fistule obstétricale dans le pays cette année. C’est ainsi qu’au troisième trimestre de l’année, plus de 150 mille femmes ont pu bénéficier d’une intervention chirurgicale de réparation de fistule obstétricale. «Il ne s’agit pas des statistiques mais bien des femmes et des adolescentes qui ont pu retrouver le sourire que la fistule obstétricale leur avait enlevé pendant qu’elles étaient obligées de se mettre à l’écart dans leurs milieu, cherchant à échapper à la stigmatisation et l’exclusion sociale. Leur prise en charge et forte réinsertion économique sont en cours avec le leadership du ministère de la Promotion de la femme et de la famille et du ministère des Affaires sociales», poursuit-elle. Les conséquences de la fistule obstétricale sont lourdes et multiples. Cette maladie prive les femmes malades non seulement de leurs droits à la santé mais aussi de leur dignité. Elle participe au ralentissement du développement du capital humain dont le pays a besoin. «Je suis très rassurée et souhaite affirmer que les femmes et adolescentes affectées par la fistule obstétricale ne sont pas seules ni oubliées, ni laissées-pour-compte», rassure Siti Batoul Oussein. Le lancement officiel de la cérémonie de lutte contre l’élimination de la fistule obstétricale au Cameroun est un pas important dans le renforcement de la solidarité nationale pour en finir avec cette perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum, due à un arrêt prolongé du travail en l’absence de soins obstétricaux. Toutefois, l’UNFPA continue d’apporter son appui au Cameroun malgré ces temps difficile en poursuivant la prévention, l’identification et la prise en charge holistique des femmes atteintes de la fistule obstétricale et en même temps, accélérer le processus de mise en place des soins obstétricaux et néonataux- d’urgence au niveau des districts de santé.

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