[Santé] Covid-19 : les enfants survivants stigmatisés à l'extrême-Nord

Le coronavirus est perçu à l’Extrême-nord comme une maladie de la honte. Toute personne suspectée d’être malade la de pandémie préfère se cacher. Les enfants sont ainsi victimes de stigmatisation et de discrimination. Abba, est un enfant âgé de 11 ans, il a JL JLvaincu le virus à Maroua : « Quand nia famille a appris que j’avais le Covid-19, ils ont coupé les liens avec moi. On m’a abandonné à l’hôpital seul. Personne ne m’appelait pour savoir l’état d évolution de ma santé. Même mes camarades de l’école avaient très peur d’être contaminés et de mourir de cette maladie honteuse comme l’appelait-il. Même, aujourd’hui., mes amis ont toujours peur d’être contaminé », témoigne ce dernier avec des larmes aux yeux. Bien qu’ayant vaincu la maladie, beaucoup d’enfants sont encore impactés. Quand on apprend seulement que dans une localité il y a la pandémie, les ressortissants ne sont pas la bienvenue. « Vivant à Min-dif, une localité ayant eu deux cas de Covid-19, j’avais amené les volailles à ma tante vivant à Maroua. Une fois arrivé, elle m’a dit que je ne pouvais pas entrer chez; elle. J’ai laissé les volailles dans la cour puis rebrousser chemin. Pour elle, je devais lui contaminer d’où sa réaction puisque la zone d’où je sortais on n’avait enregistré trois cas », nous rapporte le jeune Kaou, âgé de 14 ans, pourtant non atteint du Covid-19. Même guéris, les enfants ayant survécu du Covid-19 sont soupçonnés d’être des propagateurs de la maladie malgré tout. Djamilatou prépare les jus naturels dans un quartier de la ville de Maroua. Mais derrière son visage amical, il y a la douleur de l’épreuve qu’elle traverse. Un de ces enfants est décédé du coronavirus il y a deux mois. Depuis ces cinq autres enfants sont stigmatisés au sein de leur communauté. « Mes enfants se sentent tellement mal au quartier quand l’un va faire une commission. On l’appelle « bore corona ». En langue fulfulde, cela signifie la tête de corona », raconte-t-elle. Son enfant Rachicl ajoute : « je suis entré dans le bus d’une agence de voyage pour me rendre au village. On m’a refusé d’entrer dans le bus de peur de contaminer les passagers. Ce genre de comportement ma poussé à me cacher pourtant je ne suis pas malade. Je ne sais pas comment à la rentrée scolaire je vais faire », s’alarme ce dernier. Face à la situation, les associations qui font dans l’encadrement des enfants s’organisent pour la riposte de l’ampleur de la stigmatisation des enfants. L’association de lutte contre les violences faites aux femmes (A.LVF) et Aldepa (Action locale pour le développement participatif et autogéré) sont deux acteurs qui luttent pour la cause des enfants. « Nous avions bénéficié d’une formation de l’association de psychologues cl i n i ci en s (Un ips), cell e-c i portait sur la prise en charge psychologique et l’accompagnement des personnes. Avec le cas des enfants stigmatisés du Covid 19, nous allons mettre tout en œuvre pour éradiquer ce phénomène », souligne Madame Aissa Doumara, coordonnatrice Alvf-Maroua. Pourtant, à Aldepa, les agents psychosociaux intensifient les sensibilisations sur le terrain. « Nous exhortons la population surtout les enfants qui sont notre cible à accepter de vivre avec leurs amis malades du Covid, autrefois, guéris aujourd’hui. Cela ne se contamine plus quand on n’a plus la maladie. Il faut lever les stigmates tout autour », explique Koupna Fidèle, agent de terrain. Avec la l’entrée scolaire qui pointe à l’horizon, un projet de création des cellules d’écoute dans les établissements scolaires permettra de gérer les cas de stigmatisations entre les élèves. Le ministère des Affaires sociales est ainsi interpelé à mettre tout en œuvre afin de lever les tabous de la stigmatisation autour des enfants atteints ou guéris du Covid 19.

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