[Santé] Bafia : l'hôpital de district en agonie

Au-delà de la passe d’armes, qui fait les choux gras des internautes, entre le directeur Dr Roger Mbanda et le chirurgien Dr Maurice Geumtcheng, le malaise serait très profond dans cet établissement hospitalier à l’aune des dénonciations qui fusent. Depuis quelques jours» s’offrent en spectacle, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les médias, le directeur de l’hôpital de district de Bafia, Dr Roger Mbanda, et le chirurgien Dr Maurice Geumtcheng. Tout serait parti d’une demande d’explication. Le patron de cet établissement hospitalier qui disait avoir constaté « les absences répétées et devenues classiques » de son collègue, lesquelles entravaient le bon fonctionnement et mettaient en danger la vie des patients, attendait de celui-ci des explications dans 24 heures. Suffisant donc pour provoquer l’ire de ce médecin-chirurgien qui, après avoir battu en brèche tout ce que sa hiérarchie lui faisait grief, s’est fendu de dénonciations assez graves qui ont rendu virulente sa réaction sur les réseaux sociaux. Une sortie qui a d’ailleurs été à l’origine d’un véritable tir de barrage des populations du chef-lieu du Mbam-et-Inoubou en particulier et en général celles de tout ce département de la région du Centre contre ce directeur et les autres responsables. « L’hôpital de district de Bafia s’est transformé, au fil des jours, en un mouroir public, sous le regard impuissant des populations. Le désert médical qu’on y observe donne des sueurs froides. L’inquiétude monte au sein des populations qui semblent être des laissés-pour-compte, comme bannies du système. Et pourtant ! », s’indignait un fils du cru. Selon la même source, l’hôpital de district de Bafia si stratégique de par sa position dans une ville traversée par la route nationale n°4 est depuis plusieurs années un champ clos d’affairisme, où népotisme et clientélisme battent pavillon haut et la médecine, voire la vie des patients, reléguée au dernier rang. « L’hôpital de district de Bafia ressemble à un gigantesque centre d’affaires où se côtoient patients et fantômes en blouses, ce qui produit un mélange non miscible, au goût saumâtre et finalement nauséabond pour l’ensemble de la population. Si l’on excepte l’époque du Dr. Ekobo Jean Fernand, et dans une moindre mesure celle du Dr. Atangana Maze Raymond, les populations de la ville de Bafia et des environs n’ont plus jamais eu droit aux soins de santé publique normaux : ici, tout se paie », peste celle-ci. Médecine d’affaires En effet, une grande partie de la population de Bafia est d’avis que l’hôpital de district a été marqué par deux pontes de la médecine camerounaise, après eux, c’est « le déluge ». Leurs successeurs, parmi lesquels l’actuel directeur Dr Roger Mbanda, seraient simplement passés maîtres en « médecine d’affaires » « Ils seraient tellement noyés dans les affaires qu’ils ne sauraient même plus arborer leur stéthoscope », argue une autre source. Toutes choses qui contribuent à peindre en noir cet établissement hospitalier qui devait compter parmi les fleurons des services publics dans le département du Mbam-et-Inoubou. Aujourd’hui, impuissantes face au délabrement de cette formation hospitalière, les populations abandonnées à eux-mêmes n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Quid de l’élite ? Sous son regard hypocritement compatissant pour les patients, avec superbe, elle manie la langue de bois. Au demeurant, la série «dès-dénonciations qui-ne-peuvent-rien-changer», continue et les tuiles qui tombent sur Dr Roger Mbanda et sa bande semblent « le laisser à 37 ». < foin ceux des patients qui ont l’heur de trouver de quoi acheter les produits prescrits par des charlatans de la médecine. Ceux-ci leur sont subtilisés par des infirmières tant verbeuses que véreuses dans leur raisonnement qui trahit une négligence proverbiale et congénitale chez elles. L’hôpital de district de Bafia, ainsi présenté, est un véritable no man’s land qui rappelle, à bien des égards, une administration acéphale, l es hommes en blouses blanches ou vertes que le devoir a appelés ici, par le hasard des circonstances, se retrouvent plus dans le cercle des fidèles de Bacchus et on les aperçoit plus dans les bars-dancing que dans les salles de consultations, les salles d’accouchements, le bloc opératoire ou alors te laboratoire de l’hôpital », soutient pince-sans-rire une source sous le sceau d’anonymat. Consonance hispanique Par ailleurs, il est de tradition à Bafia, selon des sources concordantes et multiples, que les directeurs en poste à l’hôpital de district depuis quelques années, ont toujours mis en place des équipes parallèles à celles qui sont officielles, lesquelles travaillent pour leur propre compte. Ainsi les malades qui ne peuvent pas délier sans états d’âme les cordons de leur bourse sont abandonnés a leur triste sort, mieux traités comme des pestiférés. « La chèvre n’a-t-elle plus le droit de brou 1er là où elle est attachée ? Quand ce n’est pas Ricardo », c’est « Gerardo » ou « Mariano » et consort (manifestement, ils ont un goût très poussé pour des noms à consonance hispanique. ! ) Ce sont ces hommes liges, choisis pour se mettre nu service de cette race curieuse de médecins, qui font la pluie et le beau temps dans cette formation hospitalière. De tels quidams, véritables hommes de paille qui servent d’écrans à ces médecins d’un genre nouveau, régnent en maîtres absolus dans un univers où ils sont de parfaits intrus ! Dans tous les couloirs de l’hôpital, c’est leurs noms qu’on scande et qui résonnent. Ils sont plus populaires que le moins, médiocre de tous les médecins de cet hôpital », vexe un quadragénaire, originaire du Mbam. C’est ainsi que, à en croire nos sources, ils sont rares, les patients qui victimes d’une hernie étranglée, d’une appendicite, d’une Occlusion intestinale, d’un accident vasculaire cérébral, d’un accident de la circulation grave, d’un simple paludisme ou alors d’une pathologie grave, se tirent d’affaires. Justement parce que, affairistes bon teint, les spécialistes ne sont jamais en place. Leur temps leur permet de courir par monts et par vaux pour se constituer une bonne fortune dans cette ville, et même au-delà. « La morgue vient d’ailleurs d’être agrandie ! Ami then, what next ? On vous dira par exemple : » le docteur n’est pas là », « le chirurgien arrive dans deux fours « , » le dentiste arrive la semaine prochaine « , « la major est allée au marché « , toutes sortes d’inepties qu’il ne faut surtout pas entendre. il est loisible d’en déduire que le serment d’Hippocrate qu’ils prononcent à la sortie de leurs écoles de médecine est une grosse farce, si l’on s’en tient au degré de déviance et de putréfaction atteint par ces croquemitaines, véritables apprentis sorciers en blouses, souvent pas taillée a leur mesure. On eût dit qu’ils étaient perdus dans les dédales d’une noble profession qu’ils exercent au forceps et sans y croire. Ils se trouvent alors, pauvres bougres, dans la situation d’un aveugle égaré dans les secrets d’une nuit noire et qui ne fait rien d’autre que de s’enfoncer ». Les dénonciations contre les toubibs envoyés à Bafia ne s’arrêtent d’ailleurs pas à ce niveau. Le préfet du Mbam et lnoubou est d’ailleurs dépassé par l’inconscience professionnelle du corps médical de Bafia. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

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