[Politique] Wilfried Ekanga : ‹‹ ne fait pas la politique ; on va te tuer ››

L’analyste politique Wilfried Ekanga fait remarquer que c’est la phrase qui est utilisée par les pontes du régime pour s’assurer que personne d’autre ne vient dans leur mangeoire. Alors qu’il appelle les camerounais à s’impliquer dans la gestion de la vie publique parce que c’est l’unique moyen pour obtenir le changement, Wilfried Ekanga dans une tribune publiée sur sa page Facebook, des astuces utilisées par le régime pour tenir les gens écartés des affaires. Il affirme que les «gros poissons du régime» passent par des intimidations pour tenir le peuple à une bonne distance de sa mangeoire. «« Ne fais pas la politique ; on va te tuer ». Pour s’assurer que vous n’alliez jamais vous approcher de la mangeoire et leur disputer leur butin, les gros poissons du régime ont fait de la politique un domaine mystique réservé à une catégorie d’initiés et fermé au bas peuple. Et pour s’assurer que les plus curieux qui s’y intéressent malgré tout se décourageraient rapidement, ils ont joué la carte de la terreur en faisant croire que quiconque met son nez dans « ces choses-là » mourra à coup sûr. Voilà pourquoi depuis ta jeunesse, quand tu t’amusais à évoquer la gouvernance cannibale ou même à commenter l’actualité de manière indépendante, tes propres parents te tombaient dessus en te mettant en garde : « Je ne veux même pas voir ta silhouette là-dedans ! ». Comme si tu venais de commettre le 8ème pêché capital», a écrit Wilfried Ekanga. L’implication politique Le militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) pense que les camerounais ne devraient pas se laisser intimider. Et se demander comment ils peuvent vivre à l’aise dans un pays où les gens peuvent mourir parce qu’ils font la politique. Pour lui, ses compatriotes doivent comprendre qu’en faisant ou pas la politique, les camerounais meurent « électrocutés sur des câbles en pleine rue, ou déchiquetés lors des multiples accidents hebdomadaires, violé(s) ou agressés dans la nuit ». Il observe que la plupart de ceux qui meurent ainsi, ne font pas la politique. «Déjà qu’il faut s’interroger comment des gens peuvent vivre à l’aise dans un pays où eux-mêmes reconnaissent de leur bouche que « politique » est synonyme d' »assassinat ». C’est justement la preuve que quelque chose ne va pas dans la gouvernance, et qu’il faut mettre un terme au système présent. Car la politique est un droit, et n’importe qui devrait pouvoir l’exercer s’il le désire, sans que sa vie ne soit compromise. Mais surtout, l’illusion qu’on va vivre plus longtemps parce qu’on a évité la politique continue d’aveugler un peuple cruellement naïf. Quand vous pensez à Bibou Nissack (incarcéré) ou à Samuel Wazizi (exécuté), vous vous mettez en tête que s’ils n’avaient pas été dans « ces choses-là », ils n’auraient pas connu leurs fâcheuses mésaventures. Or c’est là que vous faites erreur….Ce n’est donc pas l’implication politique qui vous tuera, mais l’absence d’implication politique. Car si tu as peur de dire que le budget alloué à la santé est détourné chaque année, c’est ton bébé qui mourra dans un hôpital par manque de couveuse, sinon toi-même par manque de soins», a écrit Wilfried Ekanga.

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