[Politique] Succession de gré à gré : l'art de la duplicité de l'élite

Pour contrer la candidature éventuelle de Franck Emmanuel Biya à la présidentielle de 2025, le Grand-Nord envisage lancer Mohamadou Ahidjo dans la bataille. Depuis quelques jours, Denis Chris-tel Sassou Nguesso a fait son entrée au gouvernement. Bien que 22e personnalité au plan protocolaire, cette entrée au gouvernement viserait selon certains, à lui conférer une immunité au regard des multiples procès ou biens mal acquis dont il fait l’objet en France. Connu pour son côté blin blin, le fils du président congolais, passe par l’ombre de son père aux lambris de la fonction ministérielle. Que dire de Teodorin Obiang Nguema nommé vice-président de la Guinée Equatoriale, lui aussi sur le coup de nombreux procès pour biens mal acquis ? Le Gabon expérimente tous les rouages d’une transmission dynastique du pouvoir sur trois générations au moins : Omar Bongo,Ali Bongo aujourd’hui et peut-être demain Noureddine Bongo déjà projeté dans les hautes sphères de décision, en sa qualité de chargé des affaires présidentielles depuis l’accident cardiovasculaire de son père. Le Tchad nous parle. Mahamat Idris Deby a pris les règnes du pouvoir après la mort brutale de son père. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine n’a pas pu prendre une décision ferme vis-à-vis de la transition militaire actuellement en cours au Tchad. Ce qui crée un précédent grave. En dépit de la sortie musclée des députés européens, la junte militaire tchadienne est adoubée par la quasi-totalité des présidents africains.il est peu probable qu’on assiste à un retour à l’ordre constitutionnel dans 18 mois. Gré à gré Dans « Ahmadou Ahidjo, patriote et despote »,campant la forte personnalité du tout premier président du Cameroun, Philippe Gaillard, soutient qu’Ahmadou Ahidjo préparait déjà son départ bien avant 1982.Une version confirmée dans “La flamme et la fumée” d’Henri Bandolo qui soutient que certains irréductibles voulaient qu’Ahidjo passe le pouvoir un à un nordiste. Le débat actuel sur la succession du président Paul Biya et la polarisation autour de son fils aînée, Franck Emmanuel Biya, réveille donc des vieux démons de solidarités primaires et communautaristes. Le Nord estimant que Paul Biya ne devrait pas céder à ces sirènes d’un tribalisme de bas étage, veut lancer Mohamadou Badjika Ahidjo pour contrer la candidature éventuelle de Franck Emmanuel Biya. On se souvient que dans les câbles diplomatiques de Wikileaks, Amadou Ali confiait que : “Le Nord accompagnerait Paul Biya jusqu’au terme de son pouvoir, mais n’acceptera pas que le pouvoir reste au Sud”. D’Ahmadou Ahidjo à Paul Biya, c’est le bal masqué d’une élite qui excelle dans l’art de la duplicité. Elle affiche un soutien de façade au président en place, mais piaffe d’impatience de le voir passer la main. Elle soutient sous cape des actions de dissidence. Comment comprendre le scandale des détournements des fonds Covid, autrement que comme une dissidence envers le règne jugé interminable de Paul Biya ? Franck Biya, Badjika Ahidjo, c’est blanc bonnet, bonnet blanc. C’est deux personnages ombrageux, des personnalités effacées et jugées mièvres. On connaît néanmoins en Badjika Ahidjo. une vie de militant au sein de l’Undp, au point d’obtenir un mandat de député, avant sa nomination comme ambassadeur itinérant. Au moment où des officines font flèche de tout bois dans le but. de positionner Franck Biya à la présidentielle de 2025, le contexte camerounais se prête difficilement à une génération spontanée en politique.

Website to visit

Social

  • Mobile Apps