[Politique] Sérail :le premier ministre en concurrence avec Ferdinand Ngoh Ngoh

Le monarque traditionnel de Bongong Barombi, issu d’un groupe ethnique minoritaire de la région du Sud-Ouest, est peu disposé à se laisser marcher sur les pieds. Âgé de 67 ans, Joseph Dion Ngute nommé à la primature le 4 janvier 2019 est la deuxième personnalité de l’exécutif selon la Constitution. Mais dans les faits, « le Premier ministre est mis en concurrence avec Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence depuis dix ans », écrit le journal panafricain Jeune Afrique (JA). Mais le monarque traditionnel de Bongong Barombi, issu d’un groupe ethnique minoritaire de la région du Sud-Ouest, est peu disposé à se laisser marcher sur les pieds. Déjà, au sein de la communauté anglophone, il a dû s’imposer pour exister face aux Bakweris et autres Bayanguis. La patience est la vertu d’un caractère d’acier, selon nos confrères de JA. Lorsqu’on évoquait le remplacement de Yang sur ce fauteuil réservé à une personnalité anglophone selon la géopolitique locale, Dion Ngute n’était cité qu’en outsider. Sitôt installé à la primature, le voilà qui tente donc de prendre la main sur les nominations des patrons d’entreprise et d’établissement public. Ferdinand Ngoh Ngoh s’entremet. Une petite « victoire » pour Ngute Preuve que Dion Ngute est malgré tout écouté, sa « victoire » face aux va-t-en-guerre, majoritaires dans l’entourage de Paul Biya, au sujet des sécessionnistes anglophones. En septembre 2019, le Premier ministre était le maître de cérémonie du Grand Dialogue national. Contre de l’option militaire, remonté contre le gouvernement, qu’il juge coupable de l’avoir empêché d’organiser la All Anglophone Conference à laquelle il tenait, l’ecclésiastique était venu avec l’intention de s’exprimer en toute franchise. « Leur première rencontre fut houleuse et faillit mal se terminer », confie un proche du cardinal décédé le 3 avril dernier. « Let’s agree to desagree », avait même tranché le prélat avant de mettre de l’eau dans son vin face à l’attitude conciliante du Premier ministre. Après tout, ce dernier était à l’écoute, contrairement à Philémon Yang, qui n’avait jamais demandé à s’entretenir avec l’homme d’église. À la fin de l’explication, les deux hommes amorcèrent une collaboration grâce à laquelle la violence a considérablement baissé, de nombreux combattants ayant déposé les armes.

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