[Politique] Richard Makon : ‹‹ nous sommes un peuple de mécréants et de jaloux ››

Dans une récente tribune publiée ce mardi 06 juillet 2021, l’universitaire jette un regard panoramique sur la situation sociopolitique du moment au Cameroun. Le mal ne triomphe que là où il y a abondance de méchants, et démission généralisée des gens de bien. C’est connu ! Ce qui l’est aussi, c’est que le Cameroun est gangrené par le mal, sous ses divers visages (népotisme, favoritisme, clientélisme, tribalisme, corruption, vol, pornographie, sorcellerie, etc.), parce que les camerounais sont de grands méchants, jaloux de la « réussite », du « succès » et des « mérites » des autres. La preuve, il n’y a qu’à voir l’acharnement avec lequel nous nous employons à détruire la réputation difficilement construite par nos frères, saboter les œuvres patiemment bâties par nos sœurs ! Nous sommes un Peuple de mécréants et de jaloux ! Et la jalousie, rappelons-le, est l’expression la plus courante de la sorcellerie. Notre société a horreur de gens brillants, des porteurs de lumières, des gens de distinction qui rayonnent dans leurs domaines professionnels ou dans leurs activités. Qui plus est, lorsque ces personnes ne se laissent pas castrer politiquement, et décident de garder un minimum de liberté de parole critique. Une chasse à l’homme est immédiatement engagée… Regardez les humiliations subies par les Jean-Marc ELA, Fabien EBOUSSI BOULAGA, Manu DIBANGO que nous « célébrons » aujourd’hui ? Beaucoup d’autres compatriotes, en ce moment, subissent la même violence de l’AMN (Association des Méchants de la Nation). Nous les gens ordinaires nous croyons leur échapper, mais pour combien de temps encore. Lorsqu’ils n’auront plus de brillants à détruire, nous deviendrons leurs proies, même par défaut. Les méchants ne se reposent pas ! Ailleurs où l’on célèbre et vante les champions nationaux, à défaut de les bâtir, au Cameroun on traque toute personne qui a osé s’extraire de la gadoue de la médiocrité, de l’armée des ignorants, pour se construire sa petite place au soleil, pour se hisser à l’horizon des lumières. C’est pour cela que notre société s’acharne, a contrario, à élever les contre-modèles. Sous le couvert du pouvoir discrétionnaire, on n’accorde le marché public qu’au plus nul, on nomme toujours un incompétent, très souvent un illettré notoire, au-dessus de personnes brillantes et/ou compétentes, pour briser leur capacité à résister à l’oppression, à contester l’incurie, à s’insurger contre l’ignominie. Le jour où dans ce pays on a présenté un « FEYMAN » à la télévision nationale, à une heure de grande audience, comme le modèle achevé de réussite dans notre société, parce qu’il avait réussi l’exploit d’extorquer de l’argent à des hommes d’affaires saoudiens et « loué » un jet privé, ce jour-là on n’a pas seulement pendu la méritocratie haut et court, mais l’on a aussi voué l’école, le travail acharné, la compétence et l’effort aux gémonies. Le favoritisme, le tribalisme, le népotisme et les autres formes de sectarisme ne sont que des figures de notre méchanceté. Et aucune émergence, aucun développement, n’est possible dans ces conditions, où nul n’a le droit de s’échapper de la caverne, de sortir de « la grande nuit » d’avant la vie ! Nous avons urgemment besoin d’un exorcisme collectif ! Mais déjà, à ton niveau, si le succès ou le mérite de ton frère t’enlève le sommeil, il est temps pour toi de demander de l’aide… Par Richard Makon, universitaire-chercheur

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