[Politique] Remaniement ministériel : la guerre des clans au sommet de l'État

Quels sont les clans qui, dans l’ombre, tentent de torpiller la formation du prochain gouvernement, en balançant de vrais-faux projets présidentiels? Esquisse d’analyse. <<Le nommé Boris Bertolt sur qui ma plainte était basée est un grand journaliste. Il travaille avec le cash et se lait beaucoup d’argent sur le dos de la Bas (Ndlr : Brigade anti-sardinards). Contrairement à ceux qui pensent qu’il travaille pour vous, je vous informe qu’il travaille pour son parrain bien connu dans le régime. Tous les pseudos gouvernements de Facebook sortent de ce laboratoire. Tous ses post visent à éliminer scientifiquement les adversaires de son parrain. » Voilà quelques extraits de la réaction d’un internaute après la publication la semaine dernière.de ce vrai-faux gouvernement qui inonde littéralement les réseaux sociaux. Ce qui ne semble pas échapper à de nombreux observateurs c’est que c’est sur la page Facebook de Polycarpe Essomba, correspondant de Rfi au Cameroun, que le pseudo projet de gouvernement a été piqué. La question qui mérite d’emblée d’être posée est celle de savoir pourquoi c’est seulement sur la page facebook du correspondant de Rfi au Cameroun que le vrai-faux projet présidentiel est publié ? Pour répondre à cette question fondamentale, de nombreux analystes estiment que ce n’est pas un simple hasard. Pour eux, les manœuvriers ont savamment utilisé ce canal pour que le prétendu projet de gouvernement ait une grande portée internationale. Il serait donc primordial de se demander qui se cache donc derrière l’activiste, lanceur d’alertes, Boris Bertolt et dont parle notre internaute ? En d’autres termes : qui est ce parrain dont parle notre internaute ? Pour répondre à cette lancinante question, ceux des analystes pointilleux qui veulent savoir la vérité n’ont pas hésité à parcourir la page Facebook de Boris Bertolt. C’est alors qu’ils vont découvrir que le lanceur d’alertes camerounais a récemment adressé ses condoléances au ministre Directeur du cabinet civil (Dec), Samuel Mvondo Ayolo qui a perdu sa belle-mère à Paris. Une grande et étonnante curiosité pour un llagelleur public notoire des batons du régime en place à Yaoundé au rang desquels le président Paul Biya et son épouse. « Le Directeur du Cabinet civil en deuil. Samuel Mvondo Ayolo a perdu sa, belle-mère à Paris, toutes mes condoléances monsieur le Dec », écrit-il sans autre forme de procès. Ce qui, pour nos analystes, inférerait une proximité évidente entre ce très proche collaborateur du chef de l’Etat et Boris Bertolt. Conclusion hâtive pour ces analystes : c’est le Dcc qui se cache derrière Boris Bertolt. Ce qui semble naturellement très discutable pour d’autres analystes que nous avons rencontrés la semaine dernière… Incantations Ceux-ci estiment par contre que derrière Boris Bertolt se cache Louis Paul Motaze, un autre ministre Bulu présenté comme l’un des autres « ils » du président Paul Biya après Edgard Alain Mebe Ngo’o et Samuel Mvondo Ayolo. Vrai ou faux ? Toujours est-il que ce projet de gouvernement est balancé sur la place publique au même moment où des médias proches des milieux Bulu au pouvoir ont étrangement fait circuler, la semaine dernière, une insidieuse information sur la mort d’un prétendu marabout de Louis Paul Motaze du nom d’Amadou Pougoi. « La Revue du Patriote I Iebdo » dans son édition du 22 octobre 2020 titre à sa grande Une : « Sérail. Le « Marabout » de Motaze est mort ». Plus précis, le journal de Thierry Mbia explique depuis sa puce : « Le nommé Amadou Pougoi aurait tiré sa révérence en pleine séances d’incantations, abandonnant ses calebasses et son élève dans le désarroi et la panique totale, en cette veille d’un éventuel remaniement ministériel » au quartier Odza à Yaoundé. Du coup, un pas aura été très vite franchi par ces analystes pour établir le lien entre cette publication du journal de Thierry Mbia présenté comme nu habitué des milieux bulu de Sangmelima et la publicatipn du pseudo projet de remaniement ministériel. Ces analystes apparemment très remontés contre le Minfi on ne sait trop pourquoi, le présentent carrément comme l’auteur de la fuite en or de ce prétendu projet de gouvernement qui fait des vagues. Alors question : Louis Paul Motaze pourrait-il être aussi bête et naïf pour scier, lui-même, la branche sur laquelle il est assis en publiant à la lois la mort de son marabout et une mouture de gouvernement où il est fait ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République ? Question ouverte… Parcours Bien plus, il devient d’ail leurs évident que lace à la concomitance de toutes ces publications dans les médias et les réseaux sociaux, l’homme à abattre ici est sans doute Louis Paul Motaze. Et pourquoi ? En le bombardant carrément ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, les manoeuvriers de l’ombre veulent à la Ibis étaler les velléités pouvoiristes de ce ministre qui semble les agacer. Et lui couper ainsi les herbes sous les pieds, étant entendu que dans les pratiques habituelles du président Paul Biya, dès qu’une promotion est publique, il la renvoie aux calendes grecques. D’ailleurs le fait de publier dans les médias et les réseaux sociaux la semaine dernière le décès de son prétendu marabout et de rendre public au même moment, par le biais de Polycarpe Essomba, ce pseudo gouvernement qui lait des vagues et où l’actuel ministre des Finances est carrément lait ministre d’Etat conforte davantage à le subodorer. Une autre question qui mérite aussi d’être posée. Pourquoi de tous les « fîls » du président de la République, seul Louis Paul Motaze apparait de plus en plus comme l’homme le plus redouté à abattre ‘? Selon plusieurs observateurs, il est d’abord celui dont le parcours académique a naguère été le plus brillant, lx? plus reluisant. Le plus susceptible à avoir donné satisfaction au président Paul Biya. La preuve ? Alors qu’il n’est pas économiste de formation, en tant que ministre des.. Finances, il donne le plus de satisfaction au président de la République et aux institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et Fini). Ensuite en tant que gardien de la fortune publique, ses permanentes et rigoureuses missions de contrôle sur la gestion des fonds publics donnent chaque fois des sueurs froides aux dévergondés prévaricateurs qui plombent les lianes du régime. L’exemple du scandale financier de la Can 2019 dans lequel est diantrement impliqué le Sgpr Ferdinand Ngoh Ngoh est suffisamment édifiant pour imaginer quelle place il peut aujourd’hui occuper dans le cœur en ébullition de ce probable client du Tca. Regroupements Par ailleurs, selon les mêmes observateurs, l’humilité de Louis Paul Molaze, doublée d’un humanisme qui tranche avec la condescendance des autres « fils » du président de la République, le rend plus proche des populations dans les régions du Sud où il est né, du Littoral et du Centre où il mène depuis des années une carrière époustouflante, de l’Ouest où son entregent dans les milieux des hommes d’ailleurs le loge à bon enseigne, et de l’Extrême-Nord où réside sa belle-famille. Des atouts importants qui rendent jaloux les autres « fils » du président devenus ces infatigables donneurs d’ordres et de commandes à l’ombre d’une certaine presse très proche ces derniers mois du Dec Samuel Mvondo Ayolo. Il faut le rappeler. Depuis son arrivée au Minfi en 2018, Louis Paul Motaze a engagé plusieurs réformes qui portent déjà des fruits, bien que la tâche reste immense. L’un des plus gros dossiers en dehors de celui de la solde au travers des salaires et missions Fictives, reste tout de même celui de la Can 2019. Pour revenir à ce pseudo gouvernement en circulation, une autre frange d’analystes moins distraits de ce qui se passe dans le sérail, soutient que ce sont néanmoins les mêmes réseaux pouvoiristes bulu qui sont derrière celte histoire de faire de Franck Biya un potentiel dauphin de son père. En lait de quoi s’agit-il ? Il serait question, apprend-on, de forcer la main du chef de l’Etat, afin qu’il prépare son fils comme son successeur. Et ceci, après avoir vainement et longuement manœuvré depuis des années pour qu’il le lasse entrer dans le gouvernement. Question de le préparer à prendre les rênes du pouvoir. En réalité, estiment nos analystes, il s’agit pour ces manoeuvriers de l’ombre de sécuriser leurs acquis actuels et de continuer à avoir la mainmise sur le pouvoir, même après Paul Biya. Ce qui n’est pas du goût de certains réseaux pouvoiristes des autres régions et regroupements communautaires du Cameroun, à l’instar de ces réseaux communautaires du Grand Nord aujourd’hui derrière le « mouvement 10 millions de Nordistes » de notre confrère Guibai Gatama. Personnes sédentarisée Au sein du sérail, de nombreuses langues qui se délient, indiquent cependant que ce prétendu projet de gouvernement à l’origine de la polémique actuelle, mérite une autre lecture plus approfondie. Pour elles, c’est un gouvernement qu’on n’a jamais vu depuis près d’une trentaine d’années au Cameroun. Surtout au niveau des hommes et de leurs profils. En guise d’exemple, comment un Bello Bouba Maïgari peut-il atterrir ainsi au Minhdu, un ministère aussi technique et stratégique alors que celle qui en a la charge aujourd’hui, Célestine Kectcha Courtés, l’a lamentablement lait reculer d’au moins 20 ans ? Se demandent-elles. Pourquoi créer un ministère des Hydrocarbures pour le confier à quelqu’un qui avoisine les 80 ans ? Ce qui pourrait à la longue, estiment nos analystes, constituer une source de blocages graves et d’inertie fatale. Au-delà de tout ce qui se dit ainsi, des commentateurs prolixes relèvent toutefois quelques constats. Le 1er constat : les ministres en rapport avec la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont tous été • écartés dans le pseudo projet de gouvernement en circulation. Pourquoi ? Serait-ce une sanction ou un redéploiement stratégique par rapport aux grandes décisions en gestation relatives à l’apaisement et à la concertation souhaités par les Ong et les puissances occidentales ? 2ème constat : le très proche entourage du chef de l’Etat à la présidence de la République quitte le palais d’Etoudi pour regagner la ville. Il s’agit de Samuel Mvondo Ayolo qui devient ministre de la Défense, un poste que le clan bulu convoite résolument depuis le dernier remaniement ministériel. Ferdinand Ngoh Ngoh atterrit au ministère des Relations extérieures, tandis que le professeur Luc Sindjoun arbore la toge de ministre de l’Enseignement supérieur. 3ème constat, et pas des moindres : les alliés politiques du Rdpc sont maintenus. L’IJpc de la majorité présidentielle est même récompensée, 4ème constat : le Cabinet civil redevient véritablement le cabinet privé du président de la République, sans plus apparaître comme un tremplin de lancement pour entrer dans le gouvernement. 5ème constat : les ministres originaires du Noso permutent de postes, mais restent dans le gouvernement avec en prime le Premier ministre. 6ème constat : le renouvellement atteint la région de l’Ouest qui perd les infrastructures et gagne I enseignement supérieur. 7ème constat : le ministre de la Santé est « récompensé », en enterrant au passage le déliât sur sa gestion du Covid-19. Ce qui ne semble pas échapper à nos commentateurs, c’est que ce projet de gouvernement ne favorise personne pour la succession. Désormais, Louis Paul Motaze, Laurent Esso et René Sadi seront la cible des médias, eux qui ont toujours été présentés, à tort ou à raison, comme de probables dauphins du président Paul Biya. Enfin, estiment nos mêmes commentateurs, il faudrait remarquer que la permanence de Jean de Dieu Momo, la montée de Nourane, l’avènement de Célestin Njamen, personnes sédentarisées dans les médias, Semblent incarner l’ouverture sans le Social democratic (Sell) de Ni John Fui Ndi. 8ème constat : les 2 « fils » du chef de l’Etat passent tous ministre d’Etat. Tentative de brouiller les pistes de la manipulation ? Le pas est vite franchi par nos analystes pour le subodorer.

Listen Audio on audio.237story.com

Social

  • Mobile App