[Politique] Présélection dans le RDPC : Odeur de favoritisme au cours des opérations à l'Est

Les commissions de présélection des candidats désignées par le Comité central sont accusées d’avoir imposé certains noms. Les contestataires promettent un vote sanction. Si certains présidents des Commissions communales d’investitures du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) expriment leur satisfaction et rassurent quant à la transparence qui a prévalue lors des opérations de présélections des candidats, les militants de bases quant à eux contestent le choix de certains et menacent d’ailleurs de quitter le navire à défaut d’un vote sanction contre leur parti. A l’hôtel Mansa de Bertoua où le Rdpc a installé son quartier général, l’ambiance était bouillonnante les 21 et 22 novembre dernier. Entre examen de la régularité des dossiers de candidatures et la gestion des éventuels contentieux, la tache n’a pas été aisée pour les commissions régionales de supervision, de contrôle et de présélection des candidats dirigées par Bernard Wongolo pour les législatives, et Jean Baptiste Bokam pour les municipales. Des requêtes et des dénonciations transmises par les quatre commissions départementales. «Dans les commissions communales de supervision, les opérations d’investitures des candidats n’ont pas été conduites dans la transparence. Certains noms ont été imposés sur les listes» a dénoncé Marguerite Embolo, militante de base à la section Rdpc Lom-et-Djèrem Sud I à Bertoua. «Il y a eu tripatouillage des listes à Bertoua 1er. En lieu et place de la supervision du choix des candidats, Charles Salé, le président de la Commission communale s’est livré à la désignation des candidats. Toute chose qui a conduit à des éclats de voix au Pôle-Arcam où nous étions réunis», informe une source interne au parti. Plus grave, informent d’autres sources concordantes de cette circonscription communale, «après l’arrêt de la liste et le classement des candidats, la liste a été signée et transmise à la commission départementale. Menaces Chose curieuse, le dossier de la candidate Adiza Moussa qui avait déjà perdu quelques pièces mais vite remplacées, s’est vu retirer une seconde fois certaines pièces, pour être remplacé par un certain Jafarou, candidat malheureux aux législatives pour le compte de Bertoua 2e». Du côté de Diang, dans la section Lom-et-Djèrem Sud II, la circulaire du Comité central du Rdpc qui prônait la transparence, la rigueur, l’objectivité, le respect des considérations liées à la sauvegarde du vivre-ensemble, notamment la recherche du consensus, l’équité, le respect de la diversité, la promotion de nouvelles figures, le genre et les minorités a été balayé d’un révère de la main par la commission communale que présidait Philippe Bertoua. «Cette commission a procédé à la sélection des candidats par village en excluant Messe Venant, sans raison valable le représentant des peuples autochtones qui était pourtant au dernier conseil», dénonce les militants de base de cette section qui menacent de rejoindre les rangs de l’opposition dans les prochains jours. «Nous n’allons pas vivre éternellement la dictature du Comité central. Trop c’est trop! Il faut que cela cesse et qu’on nous laisse librement choisir nos prochains élus locaux. Nous connaissons ceux qui sont en phase avec nous et qui méritent notre confiance», a laissé entendre un militant du parti au pouvoir. Des situations du genre ont été vécues dans les différentes commissions communales au regard des multiples requêtes déposées sur la table de la Commission régionale de supervision, de contrôle et de présélection des candidats. Dans la région de l’Est, les gros poissons sont soupçonnés d’imposer leurs pions. Des personnes facilement manipulables. «Je vous assure qu’aucun passage en force ne sera accepté comme par le passé. Si nos aspirations ne sont pas prises en compte, ce sera le vote sanction contre le Rdpc», promettent certains militants du parti au pouvoir. Une véritable manne au profit de l’opposition qui reste aux aguets pour briguer des postes de députés soit à l’assemblée nationale ou dans les 33 communes que compte cette région. Même si les partis d’opposition qui ont décidé de présenter des candidats au double scrutin du 09 février dans cette région jouent encore la carte de la prudence quant au dévoilement de leurs candidats, ils ont tous jusqu’à ce lundi 25 novembre à minuit pour déposer leurs candidatures, avant de plonger dans l’arène.

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