[Politique] persécutée,une détenue du MRC saisit le régisseur à kondengui

C’est par une lettre que la conseillère municipale de Douala IV Kamegne Georgette Laure a saisi le régisseur de la prison civile de Kondengui sur les cas de torture dont elle est victime de la part du chargé des activités socio-culturelles et éducatives du centre pénitencier. Arrêtée en février dernier en même temps que plusieurs militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Kamegne Georgette Laure exige l’intervention du régisseur de la prison Hamadou Madi afin que des droits soient respectés. CamerounWeb vous propose l’intégralité de la lettre de Kamegne Georgette: Monsieur le Regisseur, Suite à la violation de mon droit d'exercice du culte religieux en dates du samedi 21 septembre 2019 et du dimanche 22 septembre 2019, sous le prétexte illégal que je suis interdite de participer à la messe dans ma communauté religieuse, je viens très respectueusement et pour le déplorer porter ces faits à votre connaissance par voie écrite, et exploit d'huissier afin que cela soit acté, votre collaborateur autorisé à vous transmettre mon courrier ayant refusé de le recevoir. J'ai la certitude que votre autorité apportera les mesures correctives urgentes et nécessaires, car comme vous le savez très certainement, et peut-être aussi votre collaborateur en charge des activités socio-culturelles et éducatives, ces droits me sont accordés par le peuple camerounais tout entier, qui en préambule de sa constitution affirme son attachement aux principes que : - la liberté de culte et le libre exercice de celui-ci sont garantis pour tous les citoyens sans distinction de couleur, de races, d'ethnie, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine sociale, de naissance, de fortune, ou de toute autre situation, tel que stipulé dans l'article 2 de la charte africaine des droits de l'homme et des peuples dans lequel nous nous reconnaissons dans le même préambule de notre constitution. - affirme son attachement au principe que nul ne peut être contraint de faire ce que la loi prohibe, tel que l'injonction donnée à vos collaborateurs en service au quartier 5 par leur hiérarchie de m'empêcher d'aller à l'église les deux jours sus-cités. Monsieur le Régisseur, Je profite de l'occasion qui m'est donnée à travers cette correspondance pour dénoncer la campagne de diffamation dont je suis victime de la part de vos collaborateurs et qui porte atteinte à mon honorabilité, ma dignité et mon intégrité ; et nul, tel que le prévoit notre constitution ne doit en être victime. Le code pénal en son article 365 le réprime d'ailleurs sévèrement par des peines allant jusqu'à 6 mois de prison ferme et 2 millions d'amende. Ma vulnérabilité due à ma condition carcérale étant une circonstance aggravante. D'autre part, je précise que depuis vendredi 20 septembre, mes repas sont refoulés à l'entrée de la prison. L'information donnée à la première personne, et confirmée à la seconde étant que c'est sur ordre du Chef du Service des affaires socio-culturelle et éducatives que je suis sous le "régime intérieur", ce qui d'après le règlement intérieur de la prison est d’une sanction (pour quel motif? Celui de ne pas céder aux avances du même qui me pourchasse et traque sans arrêt comme une ombre au point de venir le dimanche matin s'assurer lui-même que personne ne m'a laissé aller à la messe) et qui ne justifie en aucun cas ce qui est un acte de torture et de mauvais traitement sur la personne de la détenue que je suis. Je tiens aussi à mentionner les menaces dont je suis victime de la part de mes co-détenues qui estiment que les sanctions imposées à tout le quartier sont de ma faute. Quelle faute aurais-je commise? Quelle raison saurait invoquer votre chef du service des affaires socio-culturelles et éducatives. Monsieur le Régisseur, L'État, par votre personne et à travers votre qualité de Régisseur de la Prison Centrale de Yaoundé me garantit le respect des droits énumérés précédemment, et c'est fort de votre expérience, votre sens du discernement et de votre rectitude qu'il vous a confié le respect de nos droits constitutionnels. J'espère que la requête vous parviendra avant toute lésion supplémentaire de mes droits, et que votre enquête permettra de déterminer rapidement les degrés de responsabilités des personnes responsables des faits dénoncés, et de les sanctionner conformément aux dispositions du décret No 2010-365 du 29 Novembre 2010 portant statut spécial du corps des fonctionnaires de l'administration pénitentiaire. Ils constituent en effet des fautes répertoriées dans l'annexe C, Tableau I,II, IV du même décret pour manquement aux obligations de service, actes contraires à la discipline et actes contraires à l'éthique professionnelle, à la morale et à l'honneur à savoir : - Mauvais traitement sur la personne du détenu, - Diffamation, - Engagement à tort de la responsabilité d'un subordonné par un ordre illégal ou préjudiciable à sa personne, - Omission de transmettre un courrier ou une réclamation des détenus destinés à un supérieur, - Attitude insultante et désobligeante sur la personne d'un visiteur. Monsieur le Regiseur, Nul ne pouvant se prévaloir de ses propres turpitudes et chacun de vos collaborateurs devant être à la hauteur de la mission délicate qui leur est confiée, c'est certaine de votre attention particulière et confiante en la suite que vous réserverez de façon exemplaire à cette affaire, que je vous prie d'agréer l'expression sincère de mon profond respect.

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