[Politique] Ouest : l'autorité traditionnel dans la tourmente

Nombre de chefs traditionnels ont finalement cédé aux pressions de l’élite proche du parti au pouvoir, en publiant vendredi 4 décembre dernier, une contre-déclaration à celle rendue publique une semaine auparavant. Les dessous d’une mascarade. Retournement de veste des chefs traditionnels de la Région de l’Ouest? A la lecture de la déclaration d’un collectif dit » des Chefs traditionnels de la Région de l’Ouest”, rendue publique vendredi 4 décembre dernier, les plus crédules seraient tentés de répondre par l’affirmative. Et personne ne devrait leur en vouloir. Car il apparait de manière flagrante que cette déclaration aussi bien sur la formé que dans le fond, est le contraire de celle publiée en début de semaine dernière. Mieux, la seconde déclaration semble plutôt un essai de déconstruction de la première. De prime abord, ces chefs dont une poignée s’est réuni à Bafoussam, disent marquer des réserves sur le contenu de la première déclaration . qui selon eux, ne reflète pas leur esprit patriotique, d’humilité et de soutien au chef de l’Etat et au .Gouvernement, pour l’ensemble des mesures prises pour juguler ces différentes crises/et dont ils saluent d’emblée les résultats sur. les plans sécuritaire, politique et socioéconomique. Au plan sécuritaire, «nous renouvelons à l’endroit de nos frères et sœurs des Régions du Nord-ouest, du Sud-ouest et de l’Extrême-nord, des familles des éléments des forces de défense tombés sur le champ d’honneur, notre compassion profonde et notre solidarité constante, notamment pour les nombreuses perte en.vies humaines à la suite des actes barbares des groupes séparatistes et Boko-Haram que nous condamnons ferrpement»; peut-on lire. Dans le même document, ces monarques saluent d’une part «les actions fortes du Chef de l’Etat depuis la survenance de ces crises, en l’occurrence, l’appel à la solidarité nationale, la convocation du Grand dialogue national, l’encadrement des déplacés, la création du comité national de désarmement, de .mobilisation et de réinsertion; etc…» et d’autre part, «la vaillance, et le professionnalisme de nos forces de défense pour la sauvegarde de l’intégrité de notre de notre territoire, de nos populations et de leurs biens». Le regard qu’ils font la situation politique du Cameroun se résume en l’expression d’une reconnaissance pour «l’engagement inébranlable du Chef de l’Etat pour une démocratie .apaisée malgré les tentatives répétées d’insurrection de certains partis politiques de l’opposition, ainsi que pour le parachèvement du processus de mise en œuvre de la Décentralisation grâce à l’organisation des premières élections Régionales dont l’aboutissement dans quelques jours verra la mise effective des Conseils Régionaux au sein désquels, les Chefs traditionnels qui occupent une place de choix, s’engagent à apporter plus que jamais leurs contributions sùbstantielles pour l’intérêt de nos populations ». Pas plus. Sur le plan socio-économique, ces Chefs traditionnels disent adhérer tout naturellement au renforcement du vivre-ensemble de la solidarité et de la cohésion nationale, au combat contre le tribalisme qui contribue à mettre çà mal notre unité nationale malgré la nouvelle loi pénalisant les propos et faits tribalistes. Pour eux, les nombreuses mesures prises pour lutter contre la Pandémie de la Covid-19 ont contribué à réduire de façon significative ses conséquences au sein des populations et s’engagent à poursuivre notre rôle de sensibilisation de proximité, pour éviter la remontée actuelle due certainement au relâchement des mesures barrières. De même, les conséquences de cette pandémie sur notre économie ont été amenuisées grâce aux différentes mesures gouvernementales ‘ de soutien aux entreprises qui devraient être renforcées, soulignent-ils. Egalement, ils expriment leur profonde gratitude pour l’ensemble des grands projets’sociaux réalisés ou en cours qui ont transformé lé visage de notre Région, notamment ceux relatifs à la prochaine Coupe d’Afrique des nations dont nous abriterons l’une des poules. Cependant, ils suggèrent la poursuite du dialogue ainsi que la création au niveau national d’une Chambre des Chefs traditionnels auprès des Conseils Régionaux. Ce collectif des Chefs traditionnels de la Région de l’Ouest se dit convaincu de ce que le renforcement de l’ensemble des mesures jadis prise par le Gouvernement contribuera à un retour définitif à la paix, à la maitrise de la pandémie de la Covid-19, à la consolidation et au parachèvement de notre système démocratique, à la résilience dans la relance de l’économie pour l’émergence de notre pays à l’horizon 2035. Aussi, ces gardiens des traditions ancestrales prennent l’engagement d’apporter plus que jamais leur totale contribution, notamment à travers le prochain Conseil Régional pour le développement économique et socioculturel du Cameroun. En clausule de leur déclaration, ils réaffirment non seulement leur indéfectible soutien au Chef de l’Etat et aux institutions républicaines pour la poursuite de ses actions pour un Cameroun stable, paisible, uni et prospère ; mais également prient Dieu afin qu’il apporte davantage santé sagesse, et longévité au chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya. Une déclaration fruit de la manipulation ? Cette sortie ne surprend guère. En effet au lendemain de la publication de la première déclaration dont le contenu avait été salué par l’immense majorité des Camerounais qui y voyaient un cliché fidèle de la situation actuelle du Cameroun, les caciques du pouvoir qui se voyaient fragilisés aux yeux de leur haute hiérarchie, s’étaient engagés à faire publier une contre-déclaration par tous les moyens. La semaine dernière, La Nouvelle Expression faisait déjà des révélations sur les manœuvres en sourdine à l’initiative des pontes du régime. Pour mémoire dans la déclaration qui a suscité cette contre-déclaration, les chefs traditionnels signataires invitaient le pouvoir en place à explorer des stratégies autres que la force pour résoudre la crise anglophone qui secoue les -Régions anglophones du pays. Ils prônaient en effet l’organisation d’un autre dialogue incluant cette fois-ci, les véritables acteurs de la crise. De même, ils appelaient de tous leurs vœux, la mise en place d’un cadre citoyen de concertation dans l’optique de décrisper une scène politique où, l’instrumentalisation des tribus et la radicalisation des protagonistes n’augurent guère une transition au sommet de l’Etat sans effusion de sang. Bien d’autres thérapies aux autres maux qui minent le Cameroun étaient contenues dans la déclaration signée de sept chefs traditionnels en qualité de présidents du conseil des chefs traditionnels de leurs départements respectifs. Notamment, Louis Ngapmou (Ndé) ; David Fondjo (Haut-Nkam) ; Jean Takoukam (Hauts-Plateaux) ; de Mitterrand Moumbe (Mifi) ; Jean Teigni Detio (Bamboutos) ; Georges Désiré Pouokam (Koung-Khi) et de Gaston Guemegni (Menoua).

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