[Politique] ‹‹ On ré résout pas une crise politique par des solutions militaires ››

Hon. Koupit Adamou, député du Noun-Centre « Ce qui s’est passé ce samedi noir du 24 Octobre à Kumba, est une abomination, un barisme extrême imaginable dans une société humaine. Rien ne peut justifier un tel crime contre des innocents, morts à la recherche de l’éduca-tion et du savoir ; toutes choses indispensables pour l’avenir de toute nation qui veut se développer et assurer le bien-être de ses citoyens. Or tout projet politique n’a de sens s’il ne vise la finalité de promouvoir le bien-être des citoyens. Ceux qui portent le projet malsain du sécessionnisme pensent pouvoir convaincre quel peuple de leur sérieux et de la pertinence quand ils empêchent les enfants d’aller rechercher l’éducation et le savoir ? Sans être allés à l’école, seraient-ils aujourd’hui en capacité de porter et défendre leur projet de l’Etat Ambazonien indépendant ? Dans toutes les guerres du monde, les protagonistes savent les limites sacrées à ne point franchir sous aucun prétexte. Ces limites incluent l’école, les hôpitaux, les lieux de cultes. D’où vient-il que les pauvres enfants, les femmes et les civils deviennent les cibles des guerriers ? Lorsque de telles atrocités sont commises par des personnes, elles déclenchent toujours la colère et la malédiction des ancêtres et de Dieu sur les auteurs ; je suis sûr que cette malédiction ne tardera pas à tomber sur les auteurs ce terrorisme macabre. Je condamne avec la dernière énergie, le barbare et crapuleux crime commis contre les écoliers dans une enceinte scolaire à Kumba ; je condamne les autres crimes précédents, commis dans le Nord-Ouest et dans le Sud-ouest contre des personnes humaines parfois découpées, déchiquetées et mutilées comme gibiers. Je suis abolitionniste de la peine capitale car jusqu’ici, je suis convaincu que personne ne pouvant donner la vie à part Dieu le Créateur, personne ne devait pouvoir ôter une vie. L’humain ne doit détruire que ce qu’il peut lui-mème reconstruire ; la vie est sacrée et SEUL DIEU donne la vie. Mais je suis tenté de dire que je serais le premier à prendre l’arme et tirer sur les auteurs de ces tueries barbares s’ils venaient à être traqués, jugés et condamnés à la peine capitale à l’issue des enquêtes menées par une Commission mixte d’enquête que j’appelle de tous mes vœux. Mais il faut se l’avouer ; la persistance de la guerre sur le terrain avec la fréquence des exactions sur les civiles, est un indicateur de la non-atteinte de l’objectif majeur du Grand Dialogue National qui était le retour de la Paix dans le NOSO. La non-atteinte de l’objectif majeur du Grand Dialogue National ne devrait pas être une surprise pour nous lorsqu’on a vu comment cet événement était organisé et a été géré par les fonctionnaires à qui le Chef de l’Etat avait indélicatement confié cette responsabilité. La décision du Président Paul Biya, de donner raison à l’opposition politique et à la société civile-critique qui revendiquaient le Dialogue inclusif comme voie incontournable pour trouver les solutions les plus appropriées à la crise anglophone, aura été noyée dans les fleuves du dilatoire de ceux qui n’avaient pas cru et milité pour cette approche. Le Président Paul Biya n’aura pas été suffisamment sage ou alors suffisamment plus fort que ses « créatures », pour comprendre qu’on ne confie pas la responsabilité d’un objectif noble, aux gens qui n’y croient pas et donc ne sont pas moralement bien motivés pour le réaliser. Les Hauts commis de l’Etat et les cadres du RDPC répondaient haut et fort à l’opposition « qu’on ne dialogue pas avec les gens qui ont osé prendre les armes et diviser le pays ». Moralité, ils étaient et sont contre le dialogue inclusif ; ils sont plutôt favorables à l’approche militaire qu’ils ont privilégiée et maintenue sur le terrain. On leur a confié le Grand dialogue qui se voulait inclusif, c’est-à-dire réunir tous les acteurs dont les leaders séparatistes et sans tabou sur aucun sujet, y compris la forme de l’Etat ; mais ils ont fini par confondre le Grand Dialogue National au Congrès du RDPC qu’ils attendent en vain depuis 2016. Résultat de course, les Leaders connus du mouvement séparatistes sont maintenus en prison pendant que le dialogue qui se voulait inclusif, se déroulait avec en ligne de mire, ceux qui l’auraient le moins souhaité. Aujourd’hui, l’approche militaire qu’ils ont privilégiée a montré à suffisance ses limites. Cependant, elle n’aura pas été totalement nulle car elle a servi à tempérer la situation et réduire la capacité de nuisance et les exactions des séparatistes, mais elle n’a pas atteint l’objectif visé de résoudre la crise anglophone ; elle ne peut pas résoudre cette crise car on ne résout pas une crise politique par des solutions militaires. L’approche militaire aura néanmoins eu le mérite d’atténuer les ambitions de la milice séparatiste et donc de déblayer le chemin, pour un véritable dialogue politique inclusif qui se veut urgent. Pour ce nouveau dialogue que j’appelle de tous mes vœux, je pense et soutiens que deux préalables sont nécessaires pour sa réussite afin que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets dans les mêmes conditions. Premièrement pour son organisation, le Chef de l’Etat doit créer Un Comité Technique Mixte d’Organisation du Nouveau Grand Dialogue National. Ce comité devra comprendre les Représentants de la Présidence de la République, les Représentants du Gouvernement, les Représentants des Partis Politiques qui comptent sur le terrain politique du pays, les Représentants des Séparatistes et les Représentants de la Société Civile. Ensuite, le Président de la République devrait faire usage de ses prérogatives constitutionnelles reconnues, pour ordonner l’arrêt des poursuites contre les Leaders séparatistes actuellement en détention dans nos prisons, pour mieux apaiser la situation et permettre leur participation au Nouveau Grand Dialogue National. Enfin, il devra rassurer la nation quant aux mesures prises pour que les résolutions prises au terme de ce nouveau grand dialogue, soient rapidement appliquées. La paix n’a pas de prix, et la tolérance est l’une des qualités des grands hommes d’Etat ».

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