[Politique] ‹‹ On assistera à des élections régionales au rabais ››

Fabrice Yap Mounchili, Analyste politique « Primo, on se croirait simplement au centre de ce que le socio politiste camerounais Claude Abe appelle la gesticulation institutionnelle. Cette tendance chez les gouvernants camerounais à monter et à descendre, à faire semblant de travailler alors qu’ils font du grand sur place. Mais quand on considère les Unissions périlleuses à très forte valeur politicienne ajoutée qui sont généralement confiées à ce Ministre et quand on remet ce « tour du Cameroun » dans un contexte, la mouvance des élections régionales, on comprend un peu plus vite qu’on est dans la dynamique politicienne habituelle: la manipulation préélectorale que votre rédaction relève d’ailleurs in fine. Il est question comme à l’accoutumée d’amadouer et d’enfumer les membres très précieux du corps électoral des régionales que sont les chefs traditionnels à l’effet de donner une once de légitimité à cette élection dont la loi électorale a préalablement dévoyé la consistance et la portée. Il n’est pas opportun d’organiser des élections régionales dans ce contexte. On assistera à des élections au rabais au vu de l’instabilité ambiante de ces deux régions non moins importantes du Cameroun que sont le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Si on reconnaît au Minât les talents de metteur en scène qui lui octroient la latitude d’improviser un corps électoral à l’effet de clamer au demeurant un 80% comme taux de participation, on se demande bien quelle sera la réelle légitimité de ces élus régionaux quand les populations, véritables baromètres de légitimité seront revenues. Il faut le noter, même de façon naturelle, toute guerre finit par finir. À notre sens, Il aurait été convenable de s’évertuer davantage à pacifier ces régions et tout porte à penser que cela passe inéluctablement par l’ouverture d’un dialogue avec les séparatistes, les véritables et non les badauds improvisés l’année dernière au Palais des congrès. En mondovision, on voit les autorités politiques administratives et militaires se déplacer dans le NoSo sous très forte escorte militaire. On a aussi de fortes rai, sons de croire que le jour des élections, cette partie du territoire sera militarisée et sécurisée mais qu’en sera-t-il après ? Après chaque acte de ralliement des fils de ces régions à l’action des officiels camerounais, il y a toujours de fortes représailles (que nous déplorons profondément). Après les élections, l’État aura-t-il les moyens militaires et sécuritaires suffisants pour sécuriser les populations et les chefs traditionnels qui auront fait leur «come-back»? Quand on considère le coût d’une telle initiative, on est tenté de se montrer plutôt pessimiste. Vous nous demandez au finish pourquoi l’ordre gouvernant de Yaoundé aime autant organiser des élections dans des contextes troubles. Celui-ci est comme ce footballer qui aime le cafouillage pour marquer des buts à problème qui peuvent être très vite invalidés par la vidéo assistante si le réalisateur n’est pas complice et n’a pas truqué les images ; des buts qui peuvent être invalidés par l’arbitre si ce dernier choisit d’entrer dans l’histoire et non dans une villa ».

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