[Politique] Me Alice Nkom ‹‹ Le président Biya gère le Cameroun selon un système colonial ››

L’avocate et défenseur des Droits de l’homme pense que le Cameroun n’a pas réellement acquis son indépendance. Me Alice Nkom a accordé une interview à notre confrère Radio France internationale (Rfi). Elle s’est exprimée sur la date du 1er janvier 1960 et l’indépendance du Cameroun. De façon formelle l’avocate affirme que le pays de Paul Biya n’a pas totalement acquis son indépendance. Le Cameroun a reçu du Général De Gaulle, la chèvre sans la corde. La preuve d’après celle qui défend les droits des hommes se trouve sur le Franc cfa, la monnaie que le Cameroun utilise. «Malheureusement, cette indépendance n’a jamais été réellement acquise, parce qu’au moment où on donne cette indépendance, on fait signer à quelqu’un qui est dans une situation de faiblesse, on livre la chèvre, mais jamais la corde. On garde la corde dans sa main. Aujourd’hui, on en paie le prix. C’est que ça dure, la monnaie porte les stigmates de cette époque-là», explique Me Alice Nkom. Le Cameroun n’a pas totalement acquis son indépendance. L’avocate cite comme autre preuve justifiant son affirmation, le choix du Président de la république. Celui-ci fonctionne selon le système colonial. «La stratégie c’était : OK, on vous donne l’indépendance, on va habiller y compris vos chimpanzés en costume cravate, etc., vous allez vous pavaner et vous allez faire de beaux discours. Mais en réalité, le pouvoir réel, nous le détenons puisque c’est nous qui allons vous permettre d’être président, c’est-à-dire que tu ne seras jamais le défenseur de ton peuple, mais notre obligé», déclare-t-elle. Répondant à la question de savoir si les militaires français ne sont pas sortis du pays et le Franc cfa n’est pas en pleine transformation, Me Alice Nkom déclare «vous dites bien « en pleine transformation ». Mais 60 ans après ! Vous voyez très bien que même le président Biya gère le Cameroun selon ce principe-là, à savoir un système colonial qui continue à produire malheureusement des effets extrêmement néfastes aujourd’hui. Et c’est tout le contraire d’une construction démocratique que l’on voit».

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