[Politique] Mathias Owona Nguini dresse le bilan du multipartisme

Pour le politologue Mathias Owona Nguini, le multipartisme aurait pu être l’occasion de présenter aux africains des offres alternatives. Il y a trente et un ans que le Cameroun est revenu au multipartisme avec le lancement du Social democratic front (SDF) de John Fru Ndi. Ce système s’est montré incapable de résoudre divers maux, notamment la crise anglophone actuelle. Pour le politologue Mathias Owona Nguini, le multipartisme aurait pu être l’occasion de présenter aux africains des offres alternatives. Mais beaucoup de chefs d’Etat l’ont dévié. « Après l’échec du parti unique (1960-1990), voici l’échec du multipartisme (1990-2020) en Afrique. Pas plus que l’ordre autoritaire et monocratique, l’ordre parlementaire et démocratique n’a résolu les problèmes de souveraineté, de légitimité, d’efficacité et d’équité qui bloquent les capacités de gouvernement et de développement », analyse-t-il sur sa page Facebook. Sans espace panafricain de structure trans-fédérale, ajoute-t-il, les républiques africaines sont condamnées à végéter, paralysées et stérilisées par les liens globalo-coloniaux et néocoloniaux de dépendance. « Tant que l’Afrique n’est pas capable d’inventer une politique de civilisation qui en garantisse les institutions, elle sera toujours exposée à une insécurité cosmologique- écologique et ontologique- phénoménologique la livrant à la merci de toutes les puissances prédatrices impérialistes et à la servilité d’élites compradores envoûtées par la coca- colonisation globalo-libérale!!! », indique l’universitaire. Un bilan mitigé Interrogé en juin 2020 par nos confrères de la Deutsche Welle, Carlos Ngoualem, haut cadre du parti d’opposition SDF à Douala, déclarait : « Il s’agit d’un système qui verrouille toute velléité d’alternance au pouvoir. Et dans ces conditions, il faut dire que même si Jésus Christ descend pour mettre sa candidature contre Paul Biya, Jésus sera battu. » Selon lui, après le retour au multipartisme, la présidentielle de 1992 avait été gagnée par l’opposant historique John Fru Ndi du SDF. Mais sa victoire fut volée : « Le bilan du processus démocratique depuis 1990 est un bilan mitigé. L’alternance qu’on souhaitait n’est pas arrivée 30 ans après. Nous avons obtenu le multipartisme, mais nous n’avons pas obtenu la démocratie », expliquait-il.

Website to visit

Social

  • Mobile Apps