[Politique] Marche pacifique : Human Rights Watch soutien Maurice Kamto

C’est du moins ce que l’on peut retenir d’une publication sur le site de l’organisation le 21 septembre 2020. Pour Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch, le refus des manifestations pacifiques par le gouvernement camerounais est un abus. Ce d’autant plus que le droit à la liberté de réunion existe. Le 11 septembre 2020, les gouverneurs des régions du Littoral et du Centre ont, par décret, interdit toute réunion et manifestation publique pour une durée indéterminée. Trois jours plus tard, le ministre de « Administration du territoire, Paul Atanga Nji, dans une lettre adressée à ces deux gouverneurs ainsi qu’au gouverneur de la région de l’Ouest, a averti que toute manifestation non autorisée serait dispersée par les forces de l’ordre, et a appelé les gouverneurs à faire arrêter toute personne qui organiserait ou dirigerait une manifestation. Le 15 septembre, le ministre de la Communication a mis en garde les partis politiques sur le fait que des manifestations pourraient être considérées comme «insurrectionnelles» et que les manifestations illégales dans tout le pays seraient punies en vertu de la loi anti-terrorisme. En réaction, dans une sortie le 21 septembre 2020, Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch a déclaré: «ces mesures sont une tentative à peine. voilée de la part du gouvernement camerounais de se servir de la pandémie de Cpvid-19 et d’une loi antiterrorisme ‘ draconienne comme prétextes pour supprimer le droit à la liberté de réunion. Les autorités devraient s’efforcer de protéger et de faciliter l’exercice de ce droit, au lieu de chercher des moyens de le restreindre». Des interdictions de réunions tous azimuts et incompréhensives Par ailleurs, la publication de Human Rights Watch indique que ces «mesures.gouvernementales surviennent après l’annonce, le 7 septembre, par le président Paul Biya que les premières élections régionales de l’Histoire du Cameroun auraient lieu en décembre. Le 8 septembre, Maurice Kamto, le chef du MRC, a appelé à des manifestations pacifiques pour le 22 septembre afin de protester contre cette décision. Sept autres partis politiques et organisations de la société civile ont rejoint l’appel de Kamto aux manifestations pacifiques. Les partis d’opposition ont de nombreuses préoccupations concernant ces élections, estimant qu’elles ne pourront pas se tenir de manière libre et équitable sans une réforme préalable du code électoral et des mesures destinées à faire face au problème de l’insécurité dans les régions anglophones». Par ailleurs, Human Rights Watch dit s’être entretenu par téléphone avec 15 dirigeants et membres des partis d’opposition, ainsi qu’avec cinq représentants de la société civile et d’organisations de défense des droits humains, entre mi-août et début septembre. Et constatent que d’autres réunions et manifestations dirigées par l’opposition ont été interdites au Cameroun au cours des 18 derniers mois. En avril 2019, les autorités ont interdit une semaine de manifestations prévue par le MRC à travers le pays. Les autorités locales ont également interdit récemment deux réunions privées prévues par le MRC à Maroua, dans la région de l’Extrême-Nord, le 9 août, et à Nkongsamba, dans la région du Littoral, le 15 août, invoquant des préoccupations relatives au Covid-19 et au maintien de l’ordre public. En outre, le 19 septembre, le siège du parti d’opposition Cameroon People’s Party (CPP) à Yaoundé a été encerclé par plus de 30 policiers et gendarmes. « Le sous-préfet de Yaoundé a affirmé que nous tenions une réunion publique sans déclaration. Nous l’avons informé que nous tenions notre réunion hebdomadaire et régulière dont la participation est limitée à ‘nos membres », a déclaré Edith Kahbang Walla, dite Kah Waila, présidente du CPP, plus tard dans la journée. «Il s’agit d’une énième violation de la loi et d’une tentative de nous intimider.» Après une impasse d’environ une heure, les membres du CPP ont été informés qu’ils étaient libres de partir, peut-on lire. La Constitution camerounaise bafouée Et Human Rights Watch de déplorer que le gouvernement du Cameroun se sert de la pandémie pour régler ses comptes et punir l’opposition. Pourtant, la Constitution du Cameroun garantit la liberté de réunion, et la loi camerounaise exige que les organisateurs d’une manifestation notifient les autorités locales sept jours avant la date choisie. Quoique la liberté de réunion ne soit pas absolue et que des restrictions ^soient permises, notamment dans le but de préserver la santé publique, de telles mesures doivent non seulement avoir une base juridique mais aussi être strictement nécessaires, proportionnées et non discriminatoires à l’encontre de segments particuliers de la société. «Quand un gouvernement menace de traiter l’exercice du droit de manifester pacifiquement comme un acte d’insurrection, il s’attaque aux éléments fondamentaux d’une société basée sur les droits humains et l’État de droit… Les libertés et les droits fondamentaux garantis non seulement du fait des obligations internationales du Cameroun, mais aussi par sa Constitution, sont en danger et, si cette répression conduit à des manifestations d’encore plus grande ampleur contre les autorités, on peut légitimement craindre que les violations telles que le recours excessif à la force et les mauvais traitements n’augmentent de manière spectaculaire», a affirmé Lewis Mudge.

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