[Politique] Makari : le torchon brûle entre le maire et les conseillers municipaux

Le compte administratif et le compte de gestion du receveur de l’exercice 2019 a été rejeté par les frondeurs. Un climat délétère règne au sein du conseil municipal de Makari. Le maire Abgassi Adoum et une franche des conseillers municipaux sont à couteaux tirés. Ces derniers accusent l’édile de Makari de mauvaise gestion sur fond de corruption, des ressources financières de la commune. Dressés contre le maire, ils sont déterminés à le mettre en difficulté. De fait, c’est le prolongement de la bataille politique après l’élection des conseillers municipaux en février dernier qui se poursuit. Pour le mis en cause, il est victime des manœuvres de ses adversaires politiques qui ont du mal à digérer leur défaite. Cet élan de vengeance s’est invité aux travaux du conseil ordinaire de la commune de Makari le 20 octobre 2020. Cette session qui était consacrée à l’examen et à l’adoption du compte administratif du maire et du compte de gestion du receveur municipal de l’exercice 2019, s’est achevée en queue de poisson. Le compte administratif présenté par le maire, arrêté en recette à la somme de 722 243 289 F et en dépense à la somme de 688 389 740F, soit un excèdent de 33 853 549 F a été rejeté. 19 conseillers municipaux sur les 36 présents ont voté pour le rejet de ce compte, qui, selon eux, présente des nombreuses irrégularités. Ils justifient leur position par cinq raisons. Le compte a fait l’objet des virements des crédits faramineux qui n’ont pas respecté les dispositions de l’article 413 de la loi portant code général de la décentralisation plafonnant le virement des crédits à 2% ; l’absence de la délibération portant autorisation spéciale intégrant dans le budget de l’exercice .2019 la somme de 120 000 000F, octroyés par le Minddevel aux communes affectées par Boko Haram ; le dépassement des lignes de crédits ouverts pour le fonctionnement ; la dilapidation des taxes communales perçues et l’achat d’un véhicule pickup avec les revenus issus de la péréquation, sans l’autorisation préalable du premier ministre. Parmi les chefs d’accusation, l’achat de véhicule et l’absence de délibération portant autorisation spéciale intégrant les 120 millions de F dans le budget sont au centre des polémiques chez les conseillers municipaux frondeurs. «Monsieur Abgassi Adoum est Maire depuis 18 ans, il a été réélu à l’issue du scrutin du 9 février 2020 avec 21 voix sur 41 conseillers que compte la commune de Makari, Malgré que ce dernier ait fait déjà l’objet d’une condamnation de la chambre de compte pour un détournement de la somme de 14 788 000 F CFA (arrêt N°143/AP/GF/82 du 07/12/2018), il continue à piller les biens de la mairie au détriment du développement socioéconomique de l’arrondissement de Makari», s’enflamme un conseiller municipal. Lequel indique que le maire a fait des tripatouillages sur Je budget dans l’intention de distraire les fonds de la commune. En clair, le soupçon de détournement et de corruption plane sur le magistrat municipal. Joint au téléphone, le maire de la commune de Makari rejette en blocage les accusations des conseillers municipaux. Abgassi Adoum soutient qu’il n’y a pas eu d’irrégularités dans le compte. Selon lui, c’est un coup ourdi par ses détracteurs à l’effet de le fragiliser devant.le préfet qui assistait aux travaux du conseil ordinaire de la commune. «Le compte n’a pas de problème. L’achat de véhicule de 28 000 000 f avait fait l’objet de délibération qui autorise le maire d’acheter un véhicule de fonction avec les fonds propres de la commune. Ils pensent qu’il y a eu un faux,,S’agissant de 120 millions, le. président de la République avait envoyé aux communes sinistrées de l’aide financière. La commune de Makari avait reçu 70 millions et 50 millions de F qui ont été répartis sur les différentes lignes du budget. Ces deux montants ont aussi fait l’objet des délibérations. D’ailleurs, le compte présenté est celui de l’ancien conseil. Les nouveaux conseillers qui sont arrivés suite aux élections de février dernier sont fâchés parce qu’ils voulaient que l’un d’eux devienne main explique celui qui dit détenir toutes les délibérations qui font l’objet de polémique. Pour sa défense,’ il indique également que les conseillers municipaux dressé contre lui sont de mauvaise foi. En tout cas, le bras de fer est déjà engagé entre le maire Abgassi Adoum et une franche des conseillers municipaux. Les deux parties se regardent en chien de faïence. Au grand dam des populations qui ont besoin de voir la commune réaliser des projets de développement.

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