[Politique ]mairie de yaoundé,Luc Messi Atangana contesté par 98 grands conseillers

C’est une session de plein droit surchauffée qui a enfanté l’élection de Luc Messi Atangana, le 3 mars 2020 au poste de maire de la ville de Yaoundé, poste qui remplace ce qui était appelé jusqu’ici « délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine ». Elle s’ouvre sereinement. « L’élection du maire de Yaoundé », est le seul point à l’ordre du jour. La rencontre se veut expéditive. Malheureusement, tout se compliquera. L’assistance constate un doigt en l’air. Le journal Mutation, dans son édition du mercredi 4 mars, rapporte que ce doigt est celui de Saint Eloi Bidoung. Malgré sa discipline et sa courtoisie, le conseiller municipal de l’arrondissement de Yaoundé 6 est complètement ignoré. Comme pour justifier l’indifférence vis-à-vis de ce doigt « transparent (Ndlr) », le préfet du Mfoundi, Jean Claude Tsila, prend la parole et fait savoir qu’il n’est « pas venu organiser un débat ». Il va plus loin : « si vous contestez le candidat de votre parti, manifestez le devant ». C’est à dire, dans l’urne. Il faut appliquer la loi Comme pour dire son dégoût, le remis en cause visiblement très tendu rejette avec furie : « je déclare à haute et intelligible voix, que moi, Saint Eloi Bidoung, je suis candidat ! » Son action, entraine l’assemblée comme une poussée magmatique dans une explosion de rires. Que traduit cette seconde d’hilarité ? Avant que les esprits ne trouvent une réponse à cette question, Gilbert Tsimi Evouna réagit. Celui que les populations de la capitale ont surnommé « Jack Bauer », en référence au héros de la série américaine 24h chrono, en sa qualité de président de la commission départementale du Mfoundi, « annonce des sanctions disciplinaires à l’égard de son camarade », rapporte le journal. Contre toute attente, cette sentence a un effet incandescent. Le conseiller Eloi Bidoung, lève le ton et demande que « la loi soit appliquée ». Une minute de silence lui est servi en guise de réponse. Et, Dieu seul sait que chez Mozart, le silence c’est encore de la musique. Fin du feuilleton Saint Eloi Bidoung. La 2e révolte Place est ainsi faite à une autre scène digne d’un rassemblement anti-démocratique. Le vote lancé, les conseillers sont appelés à s’exprimer dans l’urne. Jean Marie Abouna, maire élu de la commune de Yaoundé 1er, premier à être invité à l’urne, contre toute attente, fait objection et déclare séance tenante, sa candidature. Qu’espère-t-il en réalité ? Une onde d’embarras plane dans les airs. Entre des supporteurs qui sponsorisent la scène par les applaudissements et la vergogne ressentie par d’aucuns, la séance est suspendue. Une forte odeur de friction, de tension, domine les lieux. L’ambiance est tendue. Après environ 60 minutes de trêve, le scrutin redémarre. Une fois de plus après s’être vu refusé la parole, Saint Eloi Bidoung, la reprend sans autorisation et lance : « Monsieur le préfet, je n’ai pas fait partie de la concertation, je retire ma candidature au forceps ». Et le vote s’est déroulé pour se terminer par la fin qu’on lui connait : la victoire du candidat unique Luc Messi Atangana, avec un score de 196 voix sur 294 pour un total de 98 bulletins nuls. Fin de partie.

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