[Politique] Législatives et municipales : l'opposition perce dans L'Adamaoua

Les frustrations nées des investitures des candidats du Rdpc au final, ont frayé un bon chemin à l’Undp dans cette région, ainsi qu’un bleu, le Pcrn de Cabrai Libii, venu en trouble-fête. Les résultats des municipales et des législatives dans la région de l’Adamaoua ont presque confirmé les conséquences attendues après toutes les turbulences qui ont émaillé les constitutions des listes de candidatures du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dans la région du château d’eau du Cameroun. Le parti politique qui a largement tiré avantage des batailles internes au Rdpc est bien l’Union nationale pour la démocratie et le progrès de Bello Bouba Maigari, comme l’indiquent les résultats dans les différentes communes comme Nagoundal (45%), Tibati (51%), Galim 0%, Tignère (71%), Mayo-Baleo (39%), Kontcha (60%), Tignère (70%), Banyo (51%), Martap (55%). La commune chef-lieu du département du Mbéré, Meiganga, a donné une image particulière de la percée de l’opposition ici. Avec 48% pour le Rdpc, suivi de l’Undp (28% et surtout le parti camerounais pour la réconciliation du Cameroun (Pcrn) de Cabrai Libii qui a fait son entrée dans cette région pour la première fois. Mais qui a su exploiter les guerres fratricides entre les camarades du Rdpc. «On revient de loin, parce que l’opposition pouvait nous arracher cette importante commune. Mais nous avons été aussi sauvés par le fort taux d’abstention observé. Parce que sur 42 000 inscrits, seuls 17 000 sont allés voter», relève un cadre du Rdpc. C’est la première fois que l’opposition est majoritaire dans ce conseil, même si le parti au pouvoir a remporté par la majorité relative. Aux législatives l’Undp a pu décrocher 4 députés dans l’Adamaoua, notamment dans le Faro et deo (1) et dans la Vina, département phare (3). Une performance que le parti de Bello n’ plus eu là-bas depuis belle lurette. Ailleurs où le Rdpc régnait en maître absolu, il a pu se sauver par la majorité relative, l’opposition l’ayant à tous les coups talonné. Dans l’ensemble, pour la première fois, le taux d’abstention dans toute la région de l’Adamaoua est particulièrement élevé. Et l’opposition continue de crier aux fraudes massives qui l’ont privée des milliers de suffrages. Dans le Mbéré par exemple, après les investitures des candidats, nombre de jeunes qui ne se reconnaissaient pas dans les candidats retenus, avaient commencé à mettre en exécution les menaces qu’ils avaient formulées après la publication des listes des candidats aux législatives «Nous, sympathisants du Rdpc, déposons nos démissions collectives dans vos structures politiques citées ci-haut, pour manque de collaboration et d’animation et de non consultation de la base du parti». Tel est l’extrait d’un acte qu’un «collectif» de militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dans le Mbéré (Adamaoua) avait tenu à servir au président de la section locale. Les démissions collectives clans les partis politiques sont pourtant ordinaires et courantes, dans le paysage politique camerounais. Mais celles-ci intervenaient dans un contexte particulier. C’est que les structures de base de cette formation politique dans ce département comme d’ailleurs nombre d’entre elles à travers l,e pays, étaient en ébullition, depuis que le corps électoral pour les municipales et les législatives du 9 février 2020 avait été convoqué par ie président de la République. Dans le Mbéré, les militants ne cessaient de hurler leur colère devant ce qu’ils considéraient comme la marginalisation des jeunes qui veulent aussi s’essayer dans les institutions «Conseils municipaux, et assemblée nationale», conformément à l’esprit d’une circulaire du président nationale de leur parti, Pau’ Biya. tylais que «les vieux» avaient systématiquement bafoué pour se maintenir aux affaires. Après avoir menacé de voter pour l’opposition si la hiérarchie du parti ne rectifiait pas le tir avant la constitution définitive des listes, ils avaient définitivement perdu tout espoir avec la publication par Elecam des listes des candidats qui avait confirmé leur mise à l’écart. Comme premier signe avant l’échéance de février, iis avaient commencé à sauter du navire Rdpc, en te faisant clairement savoir par un acte juridique, afin que nul n’en ignore. Au moment d’aller aux urnes, ils ont manifesté à leur manière leur mécontentement. Un signai fort pour l’avenir.

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