[Politique]Le chef supérieur des Bamendjou ne croit pas au dialogue national

Le Chef supérieur des Bamendjou doute de la sincérité du dialogue annoncé en grande pompe par le régime Biya. C’est l’essentiel de la réflexion que l’autorité traditionnelle a publié sur les réseaux sociaux sur ce rendez-vous que les Camerounais attendent de tout leur cœur. « Quel genre d'enfants voulons-nous laissez à notre Cameroun ? » A cette interrogation, Fo'o Tchendjou 2 Sokoudjou répond par la responsabilité qui incombe à chaque fils et fille du Cameroun dans la construction du pays. Mais, il ne cache pas son pessimisme quant à la prise en compte des attentes des populations. « Un dialogue où tout laisse croire qu'on va continuer à laisser le feu pour souffler sur la cendre ? ». Camerounweb vous propose l'intégralité de sa réflexion Quel Cameroun voulons-nous réellement laisser à nos enfants ??? Quel genre d'enfants voulons-nous laissez à notre Cameroun ? On n'a pas besoin d'être député, maire ou sénateur pour apporter sa modeste contribution à la construction de son pays. On peut être désintéressé et n’attendre des dividendes ou des récompenses de personne, surtout quand on a une responsabilité devant les dieux des ancêtres et sa conscience et qui sont les seuls à savoir apprécier et surtout récompenser. J'ai un devoir de mémoire et je me dois chaque jour de me soucier et de décrier tout acte qui peut conduire ce pays vers une nouvelle épreuve difficile à surmonter. Je dois le faire non seulement pour bâtir l'avenir, mais aussi pour ne pas me sentir complice des misères du peuple causé par les actes maladroits de certains des nôtres. Le dialogue, seul moyen pour remettre ce pays sur les rails a été pendant longtemps réclamé par le peuple, il est annoncé mais dans quelles conditions ? Un dialogue où tu dis ta part et ma part ? Un dialogue où tout laisse croire qu'on va continuer à laisser le feu pour souffler sur la cendre ? Nous ne devons plus continuer à jouer avec le devenir du Cameroun. Ce pays est un grand malade qu'il faut si on veut vraiment le soigner diagnostiquer les causes lointaines et immédiates de manière froide avant d'envisager tout traitement. Nous devons avoir le courage de poser sur la table les vrais problèmes du Cameroun qui remontent a plus loin avant l'indépendance et que nous continuons à gérer un mauvais héritage. A l'allure ou ce dialogue est entrain de se mettre sur place, les délais, le choix des acteurs, le cadre, j'ai peur que ce ne soit un autre rendez-vous manqué comme dans le passé, que nous ne continuons plus à couvrir la pierre avec de la terre car c'est l'occasion plus que jamais de poser les jalons et les bases pour une stabilité et une paix durable dans ce pays qui nous est si cher. Imaginer que nous pouvons le faire en une semaine pour moi relève de la pure sorcellerie, à moins que j'ai eu une mauvaise compréhension. Il faut prendre du temps et faire appel aux hommes et femmes crédibles, intègres, honnêtes, intelligents, désintéressés, réconciliateurs... qui ont encore de l'amour pour ce pays.

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