[Politique] Koupit Adamou : ‹‹ le président Macron s'est égaré ››

Le député de la nation critique vertement le ton avec lequel le locataire de l’Élysée a interpellé, dans Jeune Afrique, son homologue camerounais. Le militant de l’Union démocratique camerounaise (Udc) s’exprime, également, sur d’autres faits majeurs de l’actualité. Dans Jeune Afrique, Emmanuel Macron déclare, notamment, « la situation s’est de nouveau tendue et j’invite le président Biya à effectuer des gestes d’ouverture. Lui aussi doit préparer le renouvellement et pacifier le pays… ». D’aucuns y voient un acte d’ingérence. Êtes-vous de cet avis ? Lorsqu’on est citoyen d’un état souverain, qu’on soit de l’opposition ou de la majorité présidentielle, on doit avoir un sursaut d’orgueil national. Je n’ai pas aimé la manière avec laquelle le président Macron s’est adressé au président Biya. Il dit « j’invite ». Il invite qui ? Son employé » ? Il me semble que le président Macron s’est un tant soit peu égaré. Je parlerai des airs de suffisance, qui poussent un président français à prendre un pays souverain pour une province de son propre territoire. Récemment, le ministre de l’Administration territoriale (Minât), Paul Atanga Nji, a interdit le Mouvement 10 millions de Nordistes. Raison évoquée, ce mouvement porte atteinte à l’unité nationale. Trouvez-vous ce motif justifié? Je ne suis pas d’accord, qu’au nom de la démocratie, des gens prennent des voies qui dérogent aux canaux républicains, pour porter des revendications identitaires. Quelles que soient les revendications, il faut emprunter les chemins légaux. Je suis personnellement contre tout regroupement à caractère identitaire, surtout en ce moment où notre unité nationale est confrontée à de rudes épreuves. Donc les raisons avancées par le Minât sont grandement justifiées. Mais, il ne faut pas interdire ces mouvements lorsqu’ils sont hostiles au-régime, et les tolérer lorsqu’ils sont favorables au gouvernement. Je pense ici à la « Fédération des Ekang ». Pour moi, ce mouvement est tout aussi dangereux pour la cohésion nationale. La campagne électorale pour les régionales a été lancée samedi. Quelles sont vos chances de victoire? L’Udc va participer aux régionales dans 2 circonscriptions. On ne va pas en aventure comme d’autres formations politiques (suivez mon regard !). Nous avons bien calculé nos chances. La première liste, c’est dans la circonscription électorale du département du Noun, où nous comptons 202 conseillers municipaux contre 75 pour le Rdpc. Nos chances y sont d’autant plus certaines que nous sommes en parfaite harmonie avec nos conseillers municipaux. Le 3è parti en lice, le Pcrn, n’a aucun conseiller municipal. La 2ème liste, c’est dans la circonscription électorale de la Mifi (Bafoussam). Nous y sommes allés parce que la Mifi a 3 communes à savoir Bafoussam 1er, Bafoussam 2ème et Bafoussam 3ème. La première est la plus grande, avec 61 conseillers municipaux et est contrôlée par le Sdf. Ce parti ne sera pas aux régionales, et nous, à l’Udc, comptons sur la solidarité des forces de l’opposition face à l’adversaire commun qu’est le Rdpc. Les deux autres communes comptent chacune 35 conseillers et sont aux mains du parti au pouvoir. Cela fait 70 conseillers municipaux, au total. Pour l’emporter, nous misons sur notre stratégie, sur la qualité de notre projet de société et sur les éventuelles failles de notre concurrent. La filière avicole, dont nul n’ignore le poids en termes de devises et d’emplois, est touchée par la Covid-19. Ses acteurs réclament un soutien du gouvernement. Faut-il s’attendre à ce que leurs doléances soient relayées au sein de l’hémicycle ? J’invite les professionnels de cette filière à nous saisir avec des dossiers bien montés. Ainsi, les députés, que nous sommes, seront en capacité de porter le problème au sein de l’hémicycle. Je voudrais ajouter que le député n’est pas un sabitou, il ne peut jouer efficacement son rôle que si ceux qui sont touchés par un problème ‘ les en informent, collaborent avec eux. Quelles sont vos attentes vis-à-vis de la loi de finances 2021 ? Cette loi de finances doit tenir compte du contexte. Premièrement, le volet fonctionnement doit être expurgé des dépenses de luxe. L’État doit réduire son train de vie. Deuxièmement, que les recettes soient orientées vers les dépenses d’investissement afin d’améliorer le quotidien des Camerounais. Troisièmement, que la dotation des 15% prévus pour les collectivités territoriales décentralisées soit effective.

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