[Politique] Indiscipline, trahisons, marchandages

A RDPC, 36 ans après… En plus d’abriter des camarades à la fibre militante questionnable, d’être un haut lieu de commerce de postes et autres positions, le parti ne tient plus compte des instructions et autres circulaires du président national, foulées aux pieds par le premier responsable. Le parti du flambeau se pose en leader dans le landernau politique camerounais. ‘Mais être leader renvoie à quoi précisément ? Pouf une entreprise politique comme le RDPC, être leader signifie montrer le chemin à suivre, orienter l’action, prêcher par l’exemple, s’astreindre au respect des textes qu’on s’est librement donnés. Être leader c’est également mettre en œuvre lès directives de la hiérarchie, du président national pour le cas d’espèce. A la lumière des faits et des expériences vécues, peut-on valablement affirmer que ces qualités ou qualificatifs, mieux, ces exigences sont la chose la mieux partagée au sein du parti proche du pouvoir ? Le premier à répondre par la négative à cette interrogation, c’est bien évidemment son président national. Lui qui observait lors du dernier congrès extraordinaire tenu en 2011 à Yaoundé, que la plupart des hautes personnalités séjournant dans nos différents pénitenciers, se recrutent dans les rangs du parti. On y retrouve entre autres, un ancien Premier ministre, d’anciens secrétaires généraux de la présidence de la République, d’anciens ministres, directeurs généraux, directeurs d’administration centrale. Us étaient membres soit du Bureau politique, soit du Comité central. Il est reproché à ces derniers de s’être autorisés beaucoup de liberté avec la fortune publique. Pour faire simple, la justice les a reconnus coupables de détournements de deniers publics. Parlant du congrès, il est au parti, ce que l’assemblée générale est à une entreprise ordinaire, d’après les textes du RDPC, cette instance clé du parti se réunit en session ordinaire à intervalles de cinq ans. Qui peut spontanément se souvenir de la date à laquelle le dernier congrès s’est tenu ? Quant aux sessions extraordinaires, la plus récente s’est tenue en 2001 à Yaoundé. Parmi les résolutions fortes adoptées au cours de cette grand-messe, il y a la construction d’un siège permanent pour le parti. Dix ans après, on attend toujours la pose de la première pierre. Conséquence, le parti est toujours squatte les anciens locaux de 1TJNC. Pourtant, il compte dans ses rangs tous les hauts dignitaires de la République. Or c’est lui qui doit prêcher par l’exemple. Que dire du Comité central ? Autre instance clé du parti, il a fini par se réduire au seul Secrétariat général, avec quelques personnes qui gravitent autour du SG. Il faut pourtant voir l’acharnement avec lequel l’on veut y accéder. De mauvaises langues évoquent parfois des pratiques peu orthodoxes qui y auraient cours, notamment des dessous de table. Quid de l’Ofrdpc et de l’Ojrdpc ? Rien à signaler de ce côté. C’est le calme plat, en l’absence des meetings de remerciements suite à des nominations dans la haute fonction publique de l’Etat. Où sont passées les conférences de section, véritables académies à la base ? C’est la grande et longue hibernation. Ce n’est pas tout. En effet, plus d’une fois, les hiérarques du parti ont passé outre les orientations édictées par le président national. À chaque consultation électorale, ce dernier demande expressément que place nette soit faite aux jeunes et aux femmes. Aussi curieux que cela puisse paraître, à Yaoundé, siège même du parti, lieu de résidence du président national, aucune des sept communes d’arrondissement que compte la capitale, n’a de femme à sa tête. 11 en va de même pour les conseils régionaux. Le mot de passe est suffisamment elair : le président national parle seul. Nos braves dames doivent par conséquent se contenter de leur 8 Mars. Là où le bât blesse encore plus, c’est que le RPDC est ultra majoritaire dans toutes nos assemblés, locales, régionales ou nationales. La quasi-totalité des membres du gouvernement en sont issus. Le parti compte en son sein, l’essentiel de l’élite intellectuelle et administrative. Mais malgré cet atout force, le parti peine à transformer le Cameroun. L’état-major se limite aux discours lénifiants, avec à chaque occasion, une citation du président fondateur. Pendant ce temps, la masse militante danse à longueur de meetings. D’où vient-il qu’avec autant de ressources humaines, du reste bien formées, nous ayons tant de mal à sortir véritablement la tête de l’eau, à sortir le pays de l’obscurité ? Savez-vous que plusieurs quartiers de Yaoundé la capitale, passent des semaines entières dans le noir ? Le RDPC, le parti qui est comptable de notre destin depuis 36 ans, est-il au courant que le Cameroun importe encore des cure-dents de la lointaine Chine. A la suite de son président national, l’on a envie de demander au parti du flambeau : que vous manque-t-il ?

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