[Politique] Gestion du territoire : difficile cohabitation entre mairies et chefferies

La mise en œuvre de certains projets se trouve souvent plombée par l’opposition de l’une de ces institutions. L’opinion a été témoin début février courant, d’un vif conflit entre la Mairie de Banka et la Chefferie du Groupement Banka, dans le Haut-Nkam, Région de l’Ouest. En fait, confrontée au moment de lancer à le projet d’aménagement et de modernisation du lieu-dit « Carrefour Panchi », la Commune a fait face à l’opposition catégorique de la Chefferie. Le forcing du Maire Joseph Nguessieuk n’a pas prospéré après l’entrée en scène du « Koughang », une mystérieuse société secrète à qui l’on attribue un pouvoir surnaturel capable de jeter un maléfice à quiconque. Cette tournure inattendue a finalement poussé le magistrat municipal à se rétracter alors que la réalisation du projet querellé s’appuyait pourtant sur une délibération du Conseil municipal. La pomme de discorde ici était une stèle, celle de SM Tientcheu, un ancien Chef Banka, que le Maire comptait déplacer avant l’exécution du projet. Le cas de Banka n’est en réalité, qu’une infime illustration d’un type de conflits fréquents au Cameroun, mais avec plus d’acuité dans la Région de l’Ouest. L’on a encore en mémoire, le désaccord récent entre le Sultanat de Foumban et la Mairie de Foumban, au sujet des travaux de construction de « la porte d’entrée” ‘ ‘ de Foumban. Les arguments brandis par l’institution communale, s’appuyant sur les dispositions du Code général des collectivités territoriales décentralisées, pour démontrer qu’une telle réalisation ne saurait se faire sur son territoire sans qu’elle ne soit associée, n’ont pas suffi pour faire reculer la chefferie traditionnelle qui finalement exécuta le projet sous un silence manifestement consentant des autorités administratives locales. A Bafoussam en 2019, un projet de destruction des édifices construits sur les abords de la route nationale qui traverse la ville, en violation des dispositions réglementaires, initié par la Communauté n’avait pas prospéré. En cause, un bâtiment faisant partie du patrimoine de la Chefferie Bafoussam. Opposé à l’idée de voir le moindre millimètre du bâtiment à usage commercial, démoli, SM Njitack Ngompé Pelé, avait selon des témoins, fait sortir l’une de ses sociétés secrètes pour protester. – Nécessité d’éclairage de la loi Ce type de conflit est en effet consécutif ,au flou autour des dispositions légales relatives à la gestion du territoire. Mieux, précisant de manière claire le niveau de compétence d’une Chefferie se trouvant au sein d’une Commune ou d’une Commune créée dans un Groupement (village). Car jusqu’ici, la loi de 2019 portant code général des collectivités-territoriales, décentralisées sur laquelle s’appuient’ les Maires au moment d’exécuter des projets, semble légère pour leur donner l’autorité nécessaire pour agir avec sérénité. A tout moment, les magistrats municipaux peuvent trouver le§ chefs traditionnels sur.leur chemin…

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