[Politique] Élections présidentielle 2025 : Franck Biya dans la gueule des Loups

Ça y est, le mouvement des “frankistes” fait flèche de tout bois pour positionner Frank Biya dans la course à la présidentielle en 2025. Alain Fidel Owona invité à un talk-show dimanche 21 février 2021, a égrainé les raisons qui militent en faveur de la candidature de Franck Biya à la présidentielle. Simple ballon d’essai délibéré d’un projet de transmission du pouvoir de père en fils, le pouvoir par procuration ? L’Afrique francophone en est coutumière. Lorsque le Président Omar bongo disparait, il avait déjà mis le pied à l’étrier à Lai Bongo en balisant le terrain jusqu’à la cour constitutionnelle contrôlée par une de ses fidèles. Ali Bongo a l’avantage en plus d’occuper le prestigieux poste de Ministre de la Défense. Que dire de Faure Eyadema ou de Joseph Désiré Kabila ? Le cas Karim Wade au Sénégal en dit long sur les péripéties de ces fils à papa qui rêvent de devenir Kalife à la place de Kalife. Franck Biya a en partage avec son illustre père ce gout rattine du secret et de la distance. Le fils aîné du chef de l’Etat Camerounais ne peut se prévaloir d’aucune expérience administrative, encore moins d’un mandat électif. Il a fait ses marques dans les milieux d’affaires. Le pouvoir demande une bonne dose d’initiation et de préparation. Mais pour le mouvement , des Frankistes, Franck Biya est un homme neuf qui ne saurait être comptable du passif de son père. En dehors de quelques apparitions publiques furtives, Frank Biya s’est toujours gardé d’exprimer la moindre sensibilité politique. Cet ancien du collège Vogt passe pour être un homme mièvre. En le jetant dans la gueule du loup, il risque de faire face à la fureur des propres créatures de son père qui ne font plus mystère de leurs ambitions. Lorsque le 10 février 2021 dans son adresse à la jeunesse, Paul Biya évoque pour la première fois le concept de la transition générationnelle, il y a en tôle de fond le concept d’un passage de témoin sans casse. Biya est également alimentée par les grandes manouvres successorales. Perspectives Paul Biya a lui-même été souvent présenté comme otage d’un système. Des prédateurs déterminés à défendre leurs privilèges ont fait de cet homme une espèce de cuirasse tout risque. En suscitant la candidature de son fils, ils s’arqueboutent sur la défense de tous les plaisirs et les ors que confère le pouvoir. Ils aperçoivent clairement que Frank Biya pourrait difficilement faire le procès du Renouveau en engageant une chasse aux sorcières après son père. Cette perspective opportuniste est également le fait de quelques chasseurs de prime. Dans cette ambiance de fin de règne, la flambée d’initiatives similaires se justifie par la quête de royalties et autres financement occultes. Pour preuve, le mouvement des frankistes s’empressent de démentir la collecte des fonds qu’on lui prête. Dans un contexte travesti de part et d’autre par une controverse autour de ces collectes de fonds, une telle initiative en ce moment aurait Simplement confirmée tout l’opportunisme et le dilettantisme d’un tel mouvement. En dernière analyse, le ballon d’essai du mouvement des frankistes vise à prendre le pool. Par une sorte de réduction subliminale et un matraquage médiatique savamment orchestré, cette candidature pourrait connaître son petit bonhomme du chemin. La déception provoquée par l’absence de stratégie cohérente des forces alternatives, et les scandales à répétition sur la gestion patrimoniale des ressources des partis dits de l’opposition pourraient constituer autant d’ingrédients pour mariner la candidature de Franck Biya dans la perspective de la présidentielle de 2025. Qui vivra verra.

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