[politique] Détention arbitraire : Amadou Vamoulké bat tous les records

Près de quatre ans de détention provisoire, 50 comparutions des juges et le procès a été renvoyé 30fois. La situation de l’ancien directeur général de la radio-télévision publique nationale camerounaise suscite bien de curiosités. De l’inédit dans l’histoire judiciaire du Cameroun. Jamais un procès n’avait autant été renvoyé’. Sans avoir été jugé depuis2016, le procès de l’ex patron de la Crtv (Cameroon Radio Television) avait été renvoyé 30, fois avant de se tenir au bout de la 31ème audience. quatre ans de détention, l’ex DG de la Crtv a comparu pour la 50ème fois devant les juges là semaine écoulée. Occasion pour Reporters sans Frontières (RSF) de lancer un appel à la libération de ce journaliste de 70 ans qui souffre d’une neuropathie Sévère. Même la survenue de la pandémie de la covid-19 n’a pas fait infléchir les positions du gouvernement. Son avocate Alice Nkom avait demandé la relaxe de son client du fait de son âge avancé et son état de santé. Mais, même dans.le cadre du processus de désêngorgement du milieu pénitentiaire pour lutter contre le coronavirus, lancé au plus fort de la crise sanitaire, l’homme de média n’avait pas été libéré. La détention de ce journaliste de haut vol restera à jamais dans les annales de la justice camerounaise, pense RSF. Alors que la planète entière se prépare à célébrer les fêtes de fin d’année, ce père de famille lui, va continuer à croupir à la prison centrale de Nkondengui. « Amadou Vamoulké connaît mieux les recoins de la maison d’arrêt et du tribunal criminel spécial (TCS) de Yaoundé que sa propre maison, en travaux au moment de son arrestation le 29 juillet 2016. Ce mardi 15 décembre, le journaliste va comparaître pour la 50e fois devant les magistrats camerounais pour de supposés « détournements de fonds », non pas à des fins d’enrichissement personnel, mais au profit de la CRTV qu’il a dirigé entre 2005 et 2016. Des accusations montées de toute pièce qui n’ont jamais été étayées malgré les audiences qui se succèdent au mépris des droits les plus élémentaires de l’accusé qui passera également cette semaine le cap des 1600 jours en détention préventive. Ce temps passé derrière les barreaux sans avoir été jugé représente respectivement trois et six fois le délai maximum autorisé par le code pénal camerounais et le tribunal spécial devant lequel le journaliste comparait. », Écrit RSF sur son site internet quelques jours avant la tenue du procès. Et pour le responsable Afrique de cette organisation, Arnaud Froger : « Jamais dans l’histoire du Cameroun, un journaliste n’a subi un tel acharnement judiciaire. » « Après 1600 jours de prison et bientôt 50 audiences, les seules démonstrations qui ont été faites dans cette affaire sont celles de la vacuité des accusations portées contre lui, des tentatives grossières de dissimuler les éléments attestant de son innocence, et de la cabale ignoble menée pour broyer cette figure du journalisme malgré son âge et sa mauvaise santé. Tout semble rnis en œuvre pour qu’il meure à petit feu en prison sans même avoir été jugé. ». Poursuit il. À titre de rappel, en 2019, RSF avait saisi l’Organisation des Nations unies (ONU) au sujet de la détention arbitraire d’Amadou Vamoulké et l’institution onusienne avait rendu en juin dernier sa décision, appelant l’Etat du Cameroun à libérer le journaliste. Mais Yaoundé continue de faire la sourde oreille. Les raisons qui justifient l’inquiétude de RSF Le sort de l’ex patron de la chaîne audiovisuelle camerounaise préoccupe RSF au plus haut point. La situation du journaliste est d’autant plus préoccupante que l’un de ses confrères a perdu la vie dans des conditions encore non élucidées alors qu’il était détenu par les autorités du pays. « La confirmation par les autorités de la mort du journaliste Samuel Wazizi dans des conditions très suspectes, plus de dix mois après les faits, alors qu’il était détenirau secret par des militaires, avait créé un émoi mondial en juin dernier. Six mois plus tard, les conclusions de l’enquête indépendante promise par le président Paul Biya se font toujours attendre. », Explique l’organisation qui milite pour la liberté de la presse et le respect des droits des journalistes. L’on se souvient aussi de l’assassinat du journaliste et correspondant d’Equinoxe Tv Salit Adari Nyama et celle d’Eric Golf Kouatchou de Canal 2 International sans oublier celle de Mirrii Mefo. Il importe de rappeler que le Cameroun occupe la 134ème place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2020 par RSF. Et cette mauvaise posture est due en grande partie à la cabale des autorités contre la presse camerounaise et aux velléités de musèlement des journalistes par les autorités.

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