[Politique] Débat sur le code électoral : Le énième péché des évêques

Les prélats, qui sont loin d’etre des modèles de gestion, insinuent que le texte ne garantit pas l’équité et la transparence pour tous. Faux !. L’Eglise catholique en posture de gendarme ! C’est l’image que renvoie cette institution depuis quelques mois à l’opinion publique. Tant les prélats, qui ne sont pourtant pas des modèles de gestion, émettent quotidiennement des critiques contre le gouvernement. Et bien de faits -le démontrent. Ici, aucune transparence n’apparaît dans la gestion des affaires courantes de l’Eglise. Les nominations sont faites dans le flou total. A titre d’exemple, c’est au pape et à lui seul qu’il appartient de nommer les évêques. Même l’ordination des prêtres reste un mystère pour le commun des mortels. L’Eglise brille également par une gestion financière opaque. Des détournements massifs des fonds. Et les scandales sexuels (homosexualité et pédophilie…) sont rarement dénoncés. Difficile, dans ces conditions, d’accorder le moindre crédit aux prélats. Et pourtant, prêtres, évêques et assimilés n’hésitent pas de critiquer le fonctionnement des institutions. «Le Code électoral ne garantit pas la transparence et l’authenticité des résultats des urnes», a déclaré le président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc), Monseigneur Abraham Kome, le 10 décembre 2019, à l’occasion de la tenue de l’atelier d’évaluation de l’état de jouissance des droits de l’Homme, des libertés publiques par les Camerounais ainsi que des conditions de détention dans les prisons au Cameroun sur le thème «Plus de justice pour une cohésion sociale vivante et une paix durable au Cameroun.» Pour l’homme de Dieu, les droits de l’Homme sont en régression. «On a vu la difficulté récurrente des partis politiques à manifester. On le voit surtout et, je le dis avec beaucoup d’émotion, quand on visite les prisons dans notre pays. Ce qu’on y trouve sur le plan des structures, du traitement de personnes ou même de la massification de la population carcérale. Lorsqu’on voit tout cela, on.doit affirmer, si on veut rester dans la vérité, que les droits de l’Homme sont plombés dans notre pays», a affirmé Mgr Abraham Kome. Ce n’est pas la première fois que les évêques versent de l’huile sur le feu. En 2018, ils avaient, contre toute attente, émis des doutes sur la transparence des résultats de la présidentielle. Des chiffres qui donnent le président sortant, Paul Biya, vainqueur avec 71% des voix, devant Maurice Kamto, 14%. «Je crois que ces résultats ne relatent pas vraiment la réalité des faits», avait expliqué Mgr Samuel Kleda, l’ancien président de la Cenc interrogé par RFI. Et même dans le cadre de la crise anglophone, les prélats avaient accablé le gouvernement de critiques, exprimant à demi-mot leur soutien aux groupes armés qui sèment la terreur au Nord-Ouest et au Sud-Ouest depuis 2016. Le 24 janvier 2017, le cardinal Christian Tumi, sur les ondes de Radio France internationale, a accusé le gouvernement dé ne pas faire assez pour que le calme revienne en zone anglophone. «Il faut que Yaoundé dialogue», avait-il lâché dans le cadre du programme Invité d’Afrique. Et face à la fermeté du gouvernement qui veut restaurer l’ordre républicain, Christian Tumi archevêque émérite de Douala qui ne dit mot sur la mise à sac et les incendies criminels d’écoles, hôpitaux et autres édifices publics perpétrés par des partisans d’une pseudo République de l’Ambazonie s’offusque: «Quand on réprime, ce n’est pas une solution. Il faut essayer de les convaincre, même s’il y a au noyau qui va à l’extrême pour demander la séparation totale.» Le 10 novembre 2019, le président de la République, dans le strict respect des dispositions légales, a convoqué le corps électoral. Paul Biya a mis ainsi fin à une longue période d’incertitudes au cours de laquelle le mandat des députés et des conseillers municipaux a été prorogé à deux reprises, et ce, conformément aux dispositions de l’article 15 de la Constitution. D’abord, pour douze mois, à compter du 15 octobre 2018. Ensuite, pour près de quatre mois, prenant effet le 15 octobre 2019 jusqu’au 9 février 2020. Le 2 décembre 2019, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a, à Yaoundé, au cours d’une conférence de presse, à laquelle prenait également part son collègue de la Communication, René Emmanuel Sadi, donné des assurances que le double scrutin du 9 février allait se dérouler dans la transparence.

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