[Politique] Conseil constitutionnel : le sacre du Pr Joseph Owona

Le professeur émérite de droit, agrégé de droit public a officiellement rejoint ses autres pairs membres du Conseil constitutionnel après sa prestation de serment le vendredi 12 juin 2020 devant le parlement réuni en congrès. Certains auraient pris l’installation du Pr. Joseph Owona, nommé par décret présidentiel N°2020/194 du 15 avril 2020, comme un repêchage régional consécutif au décès de Jean Foumane Akame de la région du Sud. Mais à la lumière des évènements, la solennité de la cérémonie de prestation de serment devant le parlement réuni en Congrès le vendredi 12 juin dernier au palais éponyme, réunissant, outre les présidents des bureaux des 2 chambres qui constituent le parlement, le Pm, Chief Dr. Joseph Dion Ngute, les membres du gouvernement, le président du Conseil constitutionnel et les autres membres dudit conseil, le président du Conseil économique et social, les membres de la Cour Suprême, est apparue comme le sacre d’un haut commis de l’Etat, le sacre d’un homme désormais « confiné » à l’obligation de réserve. Le Pr. Joseph Owona retrouve ainsi au sein du Conseil constitutionnel, d’autres professeurs aux talents reconnus. Il s’agit de son ainé, le Pr. Joseph Marie Bipoun Woum, constitutionnaliste et internationaliste ; son cadet et fils spirituel le professeur agrégé, Charles Etienne Lekene Donfack, constitutionnaliste et enseignant des finances publiques dont les écrits sur le fédéralisme sont prémonitoires à la crise qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Aux yeux de certains, c’est l’ancien département de droit public de la Faculté de droit et sciences économique de l’université du Cameroun qui se reconstitue après le Pr. Vergnau et autres. Avec l’arrivée du Pr. Joseph Owona au sein du Conseil constitutionnel, c’est un nouvel apport supplémentaire, comme l’indiquent de nombreux observateurs, qui permettra à n’en point douter à cette instance de mieux s’outiller pour affronter les défis qui l’attendent. Et comment cela peut-il en être autrement quand on sait que l’impétrant renferme l’étoffe et le profil de l’emploi. Né le 23 janvier 1945 à Akom dans l’arrondissement de Mvengué, département de l’Océan, région du Sud, le nouvel impétrant est un « baobab » du droit qui a fait ses étude primaires et secondaires respectivement à l’école principale publique de Mbalmayo où il a obtenu son Cepe en 1957 ; et au collège François Xavier Vogt où il obtiendra tour à tour son Bepc en 1962, son probatoire 2 ans plus tard, pour finalement couronner son cursus secondaire avec un baccalauréat ès Sciences expérimentales en 1965. Lejeune bachelier va entrer à l’université de Yaoundé où il en sort en 1968 nanti d’une licence en droit et sciences économique, option droit public. Va suivre l’exil du natif d’Akom vers l’Occi-dent dans la poursuite de ses études. Il va d’abord poser ses valises à l’université de Paris I Panthéon où il sera nanti d’un DES d’abord en droit public en 1969, et un autre en sciences politiques l’année qui suivait. A l’université de Paris, l’actuel membre du Conseil constitutionnel sera auréolé au rang de docteur d’Etat en droit, 2 ans seulement après l’obtention de son DES en sciences politiques, avant de réussir avec brio au concours français d’agrégation, dans les spécialités droit public et sciences politiques. Haute administration Lorsqu’il obtient d’ailleurs son premier DES en droit public en 1969, Joseph Owona va décider d’embrasser le monde de l’enseignement. Il sera ainsi enseignant assistant à l’université de Paris I jusqu’à l’obtention de son doctorat d’Etat en 1972. Le jeune prodige va opter de revenir au pays pour s’occuper des siens. Il sera nommé chargé de cours à l’université de Yaoundé en 1972, en même temps Qu’il va assurer le poste de chargé d’enseignement associé à l’Ecole nationale d’administration du Cameroun et à l’Ecole nationale supérieure de police de Yaoundé. Entre 1973 et 1976, Joseph Owona va assurer le poste de chef de département de droit public à la faculté de droit et de sciences économiques de l’université de Yaoundé, en même temps qu’il assurera les fonctions de chef service des enseignements et de la recherche au sein de la même université. Son séjour à l’université de Yaoundé sera interrompu avec sa nomination comme directeur de l’institut des relations internationales du Cameroun. Nous sommes en 1976. Joseph Owona va y passer 7 ans avant de revenir à l’université de Yaoundé, cette fois comme chancelier avec rang de vice-ministre, entre 1983 et 1985. C’est d’ailleurs à cette période que vont s’ouvrir les sphères de la haute administration. Le Pr. Joseph Owona sera tour à tour ministre Sga à la présidence de la République ; secrétaire général adjoint du gouvernement à la présidence de la République avec rang de ministre, ministre de la Fonction publique et du Contrôle de l’Etat ; ministre de l’Enseignement supérieur, de l’informatique et de la Recherche scientifique ; Sg/Pr avec rang de ministre ; ministre de la Santé publique ; ministre délégué à la présidence de la République chargé du Consupe ; ministre de la Jeunesse et des Sports ; ministre de l’Education nationale. L’administration de certaines grandes sociétés et structures étatiques ne lui sera pas étrangères. Il va ainsi marquer son empreinte comme Pca d’abord à la Snh, où il va y assumer la gestion intérimaire de la direction générale et du projet Pipeline Tchad-Cameroun en 1995 ; ensuite au sein de la Société de recouvrement des créances du Cameroun (Src). A côté des reconnaissances internationales nationales, le parcours de parcours de l’actuel membre du Conseil a également été ponctué d’une centaine de publications, dont les plus récentes sont entre autres, « les systèmes politiques précoloniaux du Cameroun », ouvrage de 107 pages, paru en 2015 aux éditions l’Harmattan ; « Domanialité publique et expropriation pour cause d’utilité publique au Cameroun » ; « droit international humanitaire » ; « droit de la Fonction publique camerounaise » ; le « contentieux administratif de la République du Cameroun », et bien d’autres.

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