[Politique]commune de Banwa,la passation de service boycottée

Le maire déchu conteste les résultats du dernier conseil municipal extraordinaire et accuse l’illégalité de la démarche préfectorale. Difficile de savoir, pour l’heure, qui gère la commune de Banwa, dans le Haut Nkam. La cérémonie de passation technique de service entre les exécutifs sortant et entrant s’est déroulée en l’absence de la partie qui détient les clés et les commandes officielles jusque-là. Le 26 juillet, trois jours après la session extraordinaire qui a accouché d’un nouvel exécutif, le préfet avait sommé Charles Kameni, Emmanuel Teumawen Djoumbissie et Henri Constant Tchouamaleu Deumeni d’arrêter de travailler et de « passer le service à (leurs) successeurs au cours de la séance de travail que présidera le représentant de l’Etat le jeudi 29 juillet 2021 à 13 heures ». Du berger à la bergère, le maire déchu avait marqué son opposition à cette issue. Dans une lettre au préfet la veille, Charles Kameni relevait de « nombreuses irrégularités » de sa lettre qui violent selon lui les dispositions de la loi sur les collectivités territoriales décentralisées, notamment les alinéas 1 et 2 de l’article 226. De manière explicite, accuse le maire déchu, « la session extraordinaire a été convoquée en violation de l’alinéa 1 de l’article 226 » qui subordonne la déchéance du maire à l’atteinte à la fortune publique, une carence avérée ou une faute lourde dans l’exercice des fonctions du maire ou de ses adjoints. Plus encore, « il n’existe aucun décret du Président de la République révoquant le maire et ses adjoints », tout comme « aucun arrêté du Ministre chargé des collectivités territoriales décentralisées ne constate la destitution du maire et de ses adjoints par le conseil municipal ». Enfin, ajoute-t-il, « l’ordre du jour de ladite session extraordinaire ne mentionnait pas la déchéance du maire et ses adjoints. Bien plus, aucune délibération destituant le maire n’a été votée ce jour comme le témoigne le procès-verbal et les enregistrements de cette session ». Union des mouvements socialistes Dans la foulée, Charles Kameni a démissionné de l’Union des mouvements socialistes. «Cette démission fait suite à la mauvaise gestion managériale et vision qui ne cadre pas avec la réglementation en vigueur dans notre pays. Elle me désengage de toute activité du parti », a-t-il écrit à Pierre Kwemo, ce 28 juillet 2021. Réélus le vendredi 23 juillet 2021, en présence du président de leur parti, après une première élection querellée le 12 novembre 2020, David Tomoh, Modeste Ngamaleu et Jean Marie Ngueumeni Deumeni ont reçu l’aval de la tutelle pour travailler. Ce qui crée un vrai bicéphalisme. Leur premier défi sera d’accéder aux bureaux, sans incident. « On veut les clés de notre mairie », brandissait sur une plaque un partisan de l’équipe entrante ce jeudi. En effet, les bureaux de l’équipe sortante sont restés fermés tout au long de la passation de service technique présidée par le premier adjoint préfectoral de Bafang dans la salle des actes de cette mairie.

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