[Politique] Coalition de l'opposition : l'impossible consensus

Près de 03 semaines après le lancement à Yaoundé d’une coalition de l’opposition à l’effet de faire pression pour une révision du code électoral, la scène politique camerounaise, est rattrapée par les vieux démons de la division. C’est une information qui fait des gorges chaudes. Célestin Djamen est désormais à la tête d’une formation politique, l’Alliance patriotique et républicaine du Cameroun (Apar). Dans une scène politique déjà atomisée par plus de 300 partis dont certains font de la figuration, quel est le coefficient de pertinence de création d’un parti politique en ce moment ? Pour les partisans de Maurice Kamto, la réponse est toute trouvée. La célérité des services du Minât d’accorder un blanc-seing à Célestin Djamen, Shanda Tonme et autres, dans ce qui s’assimile souvent à un parcours de combattant, participe d’une volonté de déstructurer la base électorale et sociologique du Mrc. La coalition du 31 mars a ouvert un secrétariat technique chargé de recueillir toutes les adhésions et suggestions sur l’épineuse question de la révision du code électoral. Il est évident que le Mrc est resté constant. Son leader a fait de la résolution de la crise anglophone et de la révision du code électoral,sa profession de foi. Par une mauvaise lecture de la météo politique, et halluciné par ses soutiens à l’international, il a commis le sacrilège de boycotter le double scrutin législatif et municipal du 9 février 2020, dont les enjeux étaient évidents. Il s’est mis de ce fait à la touche, ne jouissant d’aucun mandat électif, donc d’aucune légitimité. Pourtant, son score à la présidentielle témoigne du besoin sourd de nouvelles alternatives. Les stratégies délibérément frondeuses et insurrectionnelles s’avèrent aujourd’hui contre-productives. L’idée d’une coalition de l’opposition, sur une question aussi sensible de la révision du code électoral, a été saluée non sans quelque scepticisme des observateurs lucides. D’abord parce que les exemples antérieurs de coalition se sont achevés en eau de boudin. Le pouvoir a manœuvré, noyautant ces regroupements de l’intérieur, débauchant ses cadres en distribuant prébendes et strapontins. La nouvelle coalition, 03 semaines après son lancement, n’a reçu aucun autre ralliement de l’opposition. C’est un rassemblement assez hétéroclite. Traversée par des querelles de leadership, entre la légitimité populaire d’un Maurice Kamto et la légitimité institutionnelle d’un Cabrai Libii, il y a l’équation à plusieurs inconnues de la désignation du porte-étendard de cette coalition. Le tempérament volcanique de Patricia Tomaino Ndam Njoya, ne rassure guerre. En termes d’expérience et de courage, elle ^ans nul doute des atouts compte tenu de ses états de service et l’approche genre en vogue. Le fait de retrouver au sein de cette coalition, des trajectoires aussi floues à la lisière de la société civile et des partis politiques.confirme simplement le caractère précaire d’une coalition qui résistera difficilement à la première secousse. Tant, le pouvoir freine des quatre fers. La sortie musclée de Jacques Fame Ndongo; membre du Bureau politique du Rdpc et secrétaire à la communication de ce parti, atteste de la détermination du Rdpc à ne pas céder sur une question à fort enjeu de survie du parti au pouvoir après Paul Biya. Du fait de sa majorité écrasante au parlement, le Rdpc n’entend pas ouvrir un boulevard à l’opposition. Sur la question de la sociologie’ électorale, le débat est d’actualité en ce moment en France. Certains voulant ramener la majorité électorale à 16 ans. Dans le contexte camerounais, un jeune de 18 ans qui commet un crime est pénalement responsable. Et l’armée recrute à cet âge. Il est donc incompréhensible qu’un jeune de 18 ans, ne puisse pas exercer son devoir civique. Dans des mandats qui durent entre 05 et 7 ans, cette jeunesse qui se voit ainsi écartée des joutes électorales, faute d’avoir atteint la majorité, est de ce fait, disqualifiée du pouvoir d’élire ses gouvernants, et de les répudier tout aussi librement. Sous tous les deux, aucun code électoral ne fait l’unanimité. Le code actuel mérite d’être expurgé de ses scories, sans calculs de chapelles ou de boutiques politiques.

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