[Politique] Champ politique : terreau de l'incohérence intellectuelle en Afrique

Les spécialistes de l’Afrique de tout bord estiment à juste titre que la scène politique a besoin de sang neuf, de jeunes. On vous cite alors Macky Sall, Akéré Muna, Kamto Maurice et bien d’autres qui ne sont pas forcément à classer dans la catégorie de « jeunesse africaine », le vocable à la mode. Du y a manifestement un besoin de recomposition du paysage politique, c’est inéluctable surtout dans un pays comme le Cameroun. Seulement comme très souvent dans ce pays les vœux restent pieux du fait de stratégies inopérantes et d’hommes peu ou pas outillés du tout. Quelles stratégies pour réaliser cette recomposition ? Certaines prennent pour prétexte l’élection présidentielle pour investir ce champ, faire leur offre et espérer se forger une stature d’homme politique. Or l’élection présidentielle – sur laquelle ces personnages aussi hauts en couleurs les uns que les autres misent tout – n’est qu’un scrutin parmi tant d’autres dont les municipales, les législatives, les sénatoriales et les régionales et qui sont autant de maillons dans le déploiement territorial et politique, mais malheureusement très peu prisées par les partis d’opposition. Entre temps ? De mon point de vue pas grand-chose, de la gesticulation, sinon rien du tout. C’est pourtant la période idoine pour penser des stratégies convergentes qui favoriseraient et faciliteraient la mutualisation des forces à la présidentielle, scrutin au terme duquel chacun s’imagine à Etoudi, « khalife à la place du khalife »… L’autre interrogation, c’est justement les hommes. Quels hommes pour la mise en œuvre des stratégies ? A la lumière de la dernière élection présidentielle d’octobre 2018, le cas Akéré Muna reste symptomatique de la situation. Sa candidature fut un véritable flop et son ralliement-soumission de dernière heure à Maui ice Kamto n’était pour lui qu’une vaine tentative de sortir le moins humilié possible de cette affaire et d’espérer en cas de victoire (annoncée par une certaine presse) du candidat du Mrc, natif de Baham, hériter d’un strapontin… c’est l’expression même de l’impréparation, de l’aventurisme et du flotambo (un jeu de hasard en vigueur à la fin des années 1980 au Cameroun). Le sommet de l’incohérence est atteint par M. Kamto, que certains présentaient comme le chef de l’opposition déjà avant la présidentielle et davantage maintenant -alors que son parti, ou ce qui en tient lieu ne compte ni conseiller municipal, ni député, ni sénateur. Alors sur la base de quoi se fonde-t-on pour faire de ce personnage le leader de l’opposition au Cameroun ? Certainement sur son égo surdimensionné, le principal concerné en étant lui-même persuadé. IJn tel argument manque simplement de sérieux, tellement il est d’une inconsistance sidérale. Pour parler comme dans les salles de cours on dira, c’est léger. En démocratie la représentativité se jauge à l’aune des résultats électoraux. M. Kamto et ses alliés, c’est à peine 13% à la présidentielle d’octobre 2018, seule consultation à laquelle ils ont pris part. C’est risible. Envie de vomir En effet le professeur agrégé de droit, Maurice Kamto qui se présente ou que l’on présente comme un érudit en la matière, passe pour être l’alpha et l’oméga de la science juridique et au-delà, le sachant suprême, alors même que chacun de ses actes remet en cause cette prétendue maitrise de la discipline. Cela a pour effet de déclencher chez cet homme l’effet Dunning-kruger (ce surcroit de confiance noté chez des personnes qui s’accaparent et parlent de sujets qu’elles ne maitrisent pas). Cet agrégé de droit s’illustre par des violations sans cesse répétées des principes qu’il était sensé enseigner à ses nombreux étudiants du temps où il fréquentait les amphithéâtres et autres salles de cours ; il s’autoproclame vainqueur de la présidentielle en lieu et place du Conseil constitutionnel, il introduit la notion de tribalisme dans le débat public (et il parle ensuite de peuple), il se fait appeler président élu (ce qui ne correspond à aucun statut juridique), se sert des armoiries du Cameroun pour passer ses messages sur les réseaux sociaux, son terrain de jeu (il n’en a pas qualité), il organise des manifestations publiques outrepassant l’avis et l’interdiction des autorités administratives, il observe dans un silence complice le saccage des différentes représentations diplomatiques du Cameroun par des casseurs se réclamant de lui. Tout cela m’a donné envie de vomir… Par ailleurs il tient un discours plus que douteux dans un environnement d’une violence indescriptible dont le paroxysme se manifeste en la vague d’assassinats atroces de jeunes femmes dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du pays par les bandes totalement déshumanisées. Là je n’ai pas pu me retenir, j’ai vomi, tellement c’est abject un tel comportement. Il initie une collecte de fonds de solidarité dans la lutte anti-Covidl9 en marge de toute légalité (dont la gestion plus ou moins transparente interroge), ses partisans molestent un gendarme en pleine rue à Garoua, qu’ils accusent de tentative d’assassinat sur la personne de leur leader. C’est le même Maurice Kamto qui contestant à hue et à dia la légitimité du président Biya n’a pas hésité à sortir de prison dès que ce dernier a décidé de l’élargir, abandonnant à son triste sort, Mamadou Mota le pourtant vice-président du mouvement, et apportant ainsi la preuve de ce que son partisan Patrice Nganang soutenait lorsqu’il le traitait d’égoïste et de couard prêt à déféquer à la première secousse. C’est encore lui qui décide in extremis de ne pas faire participer les listes du Mrc au double scrutin législatif et municipal de février dernier (il demande ensuite à l’Assemblée nationale de constater une imaginaire vacance à la tête de l’Etat). Et comme si cela n’était pas suffisant M. Kamto a réussi la prouesse de convaincre son jeune « ami » Bibou Nissack à convoler en justes noces dans la clandestinité, à la sauvette, là où tout individu normalement constitué réclame témoins et foule après avoir satisfait à toutes les exigences légales. La liste est loin d’être exhaustive au .point où cela pose des questions sur la pertinence de l’étoffe dont se prévaut ce spécialiste du droit et plus largement sur son état psychique. Comme Richard Bona, Maurice Kamto est un excellent sujet de psychanalyse. Gasconnades A la réalité Maurice Kamto, de par l’incohérence de ses actes est une imposture politique. C’est quelqu’un dont les actions depuis sa sortie du gouvernement dans lequel il a pourtant siégé huit ans sans discontinuer, respirent la frustration, la rancœur, le désir de vengeance vis-à-vis du président Paul Biya qu’il considère comme le responsable de ses déboires politiques et qu’il a toutes les peines du monde à digérer. Dans sa fantasmagorie et son narcissisme pathologique, toute occasion est une opportunité pour lui de rêver du fauteuil d’Etoudi et de s’y installer. Les différents mots d’ordre n’ont eu pour effet qu’une indifférence assourdissante des populations qu’il dit pourtant acquises à sa cause. Tous on fait pchiiiiittt !!! Le Soudan, l’Algérie et maintenant le Mali lui servent d’opium. Pour le dernier cas, au détour de ses nombreuses élucubrations, il fait appel au peuple camerounais, à l’armée camerounaise pour renverser le régime en place. De quel peuple parle-t-il ? Celui du Mrc qui traite toutes les autres composantes sociales n’adhérant pas à son idéologie de cancres, de « sardinards » en les ostracisant ? De quelle armée parle-t-il ? Celle qu’il traite de milice tribale, celle qui induit une jubilation jouissive chez les « talibans » chaque fois qu’un de ses vaillants éléments tombe sur le champ d’honneur ? La réalité c’est que M. Kamto n’a tout simplement pas la carrure d’un homme politique tellement il est incohérent. « Il manque de bon sens et de sérieux pour reprendre le Pr. Milia As-souté. C’est un personnage qui, quelle que soit la situation, quels que soient les enjeux et les menaces, reste campé, arc bouté sur l’obsolescence de ses thématiques éculées, avec pour finalité absolue la recherche du gain personnel. Quel égocentrisme ! C’est le paroxysme du nauséeux comme tentait de l’exprimer avec ses mots, son ancien allié et compagnon de « lutte » Paul Eric Kingué, maire de Njombé-Penja, par cette formule dans un entretien accordé à la Crtv : « j’ai passé neuf mois avec M. Kamto, nous partagions la même cellule, je me suis rapproché du wc, j’ai senti les odeurs… ». On peut tranquillement ajouter à la suite du maire, il fréquente assidûment Albert Dzongang. Vous comprenez alors plus aisément pourquoi j’ai vomi ? Tout est dit. Si la nécessaire recomposition du paysage politique du Cameroun ne fait aucun doute, cependant il est d’urgence qu’elle doive se faire avec des hommes et des femmes dotées d’une certaine épaisseur, lucides, responsables et non avec des aigris et autres charlatans, adeptes de tartufferies et de fumisteries dont le Pr. agrégé de droit Maurice Kamto est le prototype… Ces déclarations récentes et passées ne sont que gas-connades. Comment avec de tels hommes, sans base électorale (les benskineurs dans, la rue n’en sont pas), incohérent jusqu’à la moelle, s’appuyant sur des stratégies du même registre, boiteuses et contreproductives,x comment, disais-je, pourrait-on ne pas être pessimiste quant à la recomposition d’une offre politique véritablement bénéfique pour les Camerounais et le Cameroun ?

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