[Politique] Ce qu'on reproche au RDPC dans le Grand Nord

La sous-représentation de cette région dans les structures d’Etat, l’absence de prise en compte de certaines questions, telles la sécheresse et la sous-scolarisation, sont des griefs qui semblent faire (‘unanimité dans les milieux «nordistes». Le pouvoir en place ne l’ignore pas. Certains ressortissants du Grand-Nord, sont prêts à en découdre avec le Rdpc par tous les moyens. C’est d’ailleurs pour cette raison que ses alliés multiplient des stratégies pour contrecarrer cette menace. En effet, depuis plus de deux décennies, les ressortissants du septentrion égrainent un chapelet de doléances qui tardent à trouver une suite favorable auprès des autorités de Yaoundé. L’un des mémoranda avait été publié en 2002. Et le plus récent a été lancé en 2020. Les deux pétitions ont en commun le fait qu’elles formulent un certains nombres de revendications à l’endroit du pouvoir en place. Parmi lesquelles, la sous-représentation de cette région dans les structures d’Etat, l’absence de prise en compte de certaines questions, telles la sécheresse, la sous-scolarisation etc. Sur te plan politique, les signataires des memoranda indiquent que « du fait de la faible légitimité de la plupart des élites dans leurs régions, la fracture générationnelle ne cesse de s’élargir. Les autorités de Yaoundé se complaisent pourtant à désigner année après année aux hautes fonctions managériales ces élites non représentatives de ia base ». Ils dénoncent par exemple la répartition des députés en fonction du nombre d’habitants par département. « Incompréhensible donc que les départements du Mayo-Ba-nyo, du Mayo-Tsanaga, du Mayo-Louti, du Logone et Chari, du Dia-maré, de ia Bénoué, de la Vina pour ne citer que ceux-là, ont chacun un nombre d’habitants au moins supérieur à toute la région du Sud, mais curieusement, aucun de ces départements n’a plus de 5représentants à l’Assemblée Nationale contre 11 pour la région Sud. Dans le Mayo-Rey, un parti politique ayant obtenu plus de 36 000 voix lors des législatives de février2020, n’a pu avoir de député alors que dans la région du Sud, la majorité des députés ont été élu avec moins de 10 000 voix», se plaignent-ils. Les signataires du mémorandum ne vont pas du dos de la cuillère, quand il s’agit d’évoquer « le Grand Dialogue National, initiative du chef de l’Etat, et donc les débats ont délibérément éludé les souffrances des populations de l’Extrême-Nord, de l’Adamaoua et du Nord, meurtries par les assauts répétés et mortels de la secte Boko Haram, les prises d’otages avec demande de rançons. Situations qui affectent la quasi-totalité des activités génératrices de revenus, assignant ces populations à une paupérisation sans issue ». En plus, les ressortissants du septentrion dénonce la logique de deux poids deux mesures qui semble guider l’opération épervier. Selon eux, les prisonniers de l’opération épervier originaires du Septentrion sont traités avec moins de faveur que les autres. «L’ex-Directeur Général de la Crtv, Amadou Vamoulké, très malade, abandonné à lui-même sans suivi médical, n’a pu bénéficier de la « magnanimité » du chef de l’Etat comme l’ont été, l’homme d’affaires, originaire de l’Ouest, Yves-Michel Fotso (évacué au Maroc), I’ex-Premier ministre, originaire du Sud-Ouest, Inoni Ephraim (évacué en Allemagne) ou encore l’ex-ministre des Finances, originaire de la région du Centre, Es-simi Menyé (évacué en France). Les condamnations aux mépris du Code Pénal camerounais et des dépositions des témoins, de l’ex-Secré-taire général de la présidence de la République, Marafa Hamidou Yaya et de l’ex-Directeur général de la Sodecoton, Iya Mohamed relèvent d’une situation kafkaïenne », dénoncent-ils. Dans le domaine de la Santé, les fils du septentrion déplore ce qu’ils appellent « le désert médical dans lequel est confiné depuis des lustres le Grand Nord». Us indiquent d’un ton très amer qu’ «aucun hôpital de référence dans les trois régions réunies alors que la seule région du Sud compte deux hôpitaux de référence (les hôpitaux de Sangmelima et d’Ebolawa). Incroyable mais vrai qu’en cette période incertaine où sévit le Coronavirus, tout le Septentrion ne dispose d’aucun Ht de réanimation et de respirateur». Autre blackout, selon eux, «les médecins spécialistes. Pas de gynécologue, de néphrologue, de cardiologue, de diabétologue, de virologue, de neurologue, d’urologue encore moins de médecin réanimateur dans tout le septentrion ». Parlant des infrastructures routières, le Grand Nord estime qu’il est insupportable d’assister au fil des années à la dégradation accélérée de la mythique nationale 1 qui relie Ngaoundéré à Kousseri. Et que, « les liaisons aériennes en direction de Ngaoundéré, de Garoua et Ma-roua sont supprimées contribuant à isoler de plus en plus le Grand Nord du reste du Cameroun. La liaison ferroviaire, qui relie Yaoundé à Ngaoundéré, jadis appelée la Gazelle du Nord, est assurée désormais par des trains dégradés ».

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