[Politique] Boycott des élections : Force de persuasion ou fonds de commerce de l'opposition ?

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto est-il devenu un baliseur de conviction ou un fonds de commerce politique de l’opposition ? Le parti au pouvoir est-il indifférent ou attise-t-il les braises derrière la scène ? Le boycott lancé mesure toute la dimension du dérèglement général. 8 octobre 2018, 24 heures après la clôture des bureaux de vote l’élection présidentielle. Maurice Kamto annonce sa victoire et souhaite la passation du pouvoir. Panique au sein du sérail. On ne reviendra pas ici citer les caciques qui se sont succé. dé au vitriol pour déclarer qu’il n’en est rien. Ils étaient tous dans leur rôle, de défendre le pouvoir. Mais comment donc comprendre qu’un candidat de l’opposition vienne lui aussi, après Maurice Kamto, dire qu’il a gagné l’élection ? Etait-ce juste un mimétisme ou une intention malveillante de diluer la portée de l’annonce spectaculaire de cette victoire ? Précisons bien qu’entre ces deux hommes politiques, une alliance avait été impossible avant l’élection. Ce déluge d’annonces de victoire (trois) à une élection présidentielle, devrait donc ramener l’opinion à comprendre qu’il s’agissait ni plus ni moins que d’une saga des enfantillages des hommes politique en mal d’assurance ou d’affirmation. Désormais, l’animosité sur la toile est en partie animée par les partisans de Maurice Kamto et de Cabral Libih comme si les enjeux du jeu étaient bien compris. En réalité, cette dernière élection au Cameroun a laissé paraître une opposition difficile à cerner, complices de ses propres turpitudes. En 1992, c’était bien visible les lignes de démarcation entre le Rdpc et l’Union pour le changement dirigé par un certain Ni John Fru Ndi. En 2018, cette union-là, elle a été travestie au sein même de l’opposition par des forces centrifuges. Cette situation devient si évidente qu’on parle de plus en plus au Cameroun d’une opposition de l’opposition. Menace de boycott Election couplée du 9 février 2020. Tout va si bien ! Pas d’anicroches signalées dans les radars des différents veilleurs en matière électorale. Le 25 novembre, date limite de dépôt des candidatures jusqu’à minuit. C’est le calme plat dans les différents quartiers généraux. Points sombres au tableau : certains agents de l’Etat se sont évertués à obstruer la constitution des dossiers de candidatures des militants du Mrc. Un zèle des agents ou la réponse aux exactions instruites? Difficile de céder par l’affirmative, un zèle personnel débordant de l’agent pourrait être invoqué. Aucune réaction, aucune menace du Mrc. Ce 25 novembre, au siège de son parti, en début d’après-midi, Maurice Kamto annonce à la surprise générale que son parti ne sera pas aux élections et demande dans la foulée aux Camerounais de boycotter ce scrutin. Les partisans du pouvoir sont aussi stupéfaits que ceux de l’opposition nouvelle formule. Maurice Kamto et les siens sont – nettoyés dans toutes les eaux », « bouffés à toutes les sauces », sans que cela suscite la moindre réaction de ce parti. Tout juste après, il y a une litanie de menaces et de propositions à n’en plus finir émanant de l’opposition. Tout se passe exactement comme si c’était le Mrc qui dictait aux autres partis qui s’opposent pourtant à lui, la conduite à tenir. Une technique de l’opposition de se fragiliser elle-même ? Si ces partis ne demandent pas le boycott, ils posent des conditions à Elecam. Du jamais vu au Cameroun. Soit vous participez à une élection soit vous n’y participez pas. Tenez : Cabral Libih et les siens ont demandé à Elecam de leur accorder une prolongation de 15 jours pour qu’ils terminent la constitution de leurs dossiers. Ils le font sous fond de menace de boycotter eux aussi le scrutin du 9 février. Le Sdf a sorti de son chapeau une trouvaille particulière. Il demande au pouvoir de mettre un terme à la crise anglophone avant le 9 février, au cas contraire, il n’ira pas aux élections. Et d’autres partis suivent allègrement le trou d’air créé par la décision du boycott du Mrc. Aujourd’hui cette décision préoccupe plus que l’élection elle-même. Qu’a le parti de Maurice Kamto pour se retrouver à chaque fois au coeur des intérêts ? C’est exactement le parti au pouvoir qui devrait subir les foudres qui lui sont adressées ! A ce niveau, on peut donner une mention particulière aux stratèges du parti présidentiel de faire du parti de Maurice Kamto la bête noire. A suivre les indiscrétions qui fusent des entretiens avec le président de la Commission de l’Union africaine, du Secrétaire général à l’Organisation internationale de la Francophonie et du Secrétaire général du Commonwealth, il est probable que tout ce ramdam invite le numéro un camerounais à revoir certains dispositifs avant la prochaine élection. Le Mrc aura été un fonds de commerce ou une force de persuasion.

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