[Politique] Avenir du MRC : le journaliste Mounde Njimbam interpelle Me Ntimbane

L’homme de média soutient que les dérives tribalistes sur les réseaux sociaux ne sont pas des émanations des militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). On va faire, ce que Frederik Douglas, figure de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, appelait du straight talk : un propos direct ! So ! Dans l’histoire politique, électorale et citoyenne du Cameroun, le seul homme politique qui obtient 100 % dans son village, le fameux « socle granitique » de Famé Ndongo, c’est Paul Biya. Ni Fru Ndi, ni Ndam Njoya ni même Bello, ni encore Kodock dont les ministres venaient tous de son ère dite sociologique. Encore moins Maurice Kamto dont le score à Baham dans son village est connu. Tu le sais, fin d’esprit que tu es, on enlève à Paul Biya, président de la République aujourd’hui, les prérogatives de nominations de tous ces hauts fonctionnaires et cadres de la République, son parti se réduirait comme peau de chagrin, telle la loi d’airain de notre vie politique, à une base « sociologique ». On lui enlève, en appliquant l’hypothèse d’école à Ahidjo hier, le pouvoir de distribuer des rentes, de faire de Niat, de Cavaye, d’Ayang, etc des fossiles républicains, d’avoir la haute main sur les investitures, de produire toutes ces créatures par décret, il sera, notre vie politique l’enseigne, tout aussi, le champion de ses frères et sœurs du village ! Je t’invite pour cela à relire Luc Sindjoun et Georges Courade, dans un numéro d’anthologie de la revue Politique Africaine. A feuilleter les pages jaunies de Cameroun qui gouverne de Ngayap, à parcourir Bayart, Gaillard, à retrouver l’historiographie de Mbembe. A lire, ces références de nos conversations, tel le discours de Um Nyobe sur le tribalisme en 1952, contenus dans le mémorable « Écrits sous maquis » du même Mbembe. Cela aidera nos frères et sœurs qui n’ont de culture politique, historique et citoyenne qu’à travers les réseaux sociaux. Si ces pages te pèsent, prends un avion et fais un tour chez nous au Nnam, au Mboa, Kou ti Ngou comme on dit à Foumban. Tu emprunteras Buca Voyages et, une fois à Ebolowa, à Minkan, à Elat, à Meba. Tu poseras la question à nos concitoyens de savoir comment on en est venus à bloquer des militants d’autres partis que celui du fils du village, Paul Biya ? Comment on en est venus à traquer tous ceux qui ne disent pas Ayop Ayop, et comme nous montre ces scènes macabres à les chasser de la ville à Ebolowa, Sangmelima ou Kyossi. Comment des autorités administratives sèment la terreur pour imposer aux côtés des cadres du RDPC, la logique du fils du pays. Si nous voulons détartrer la profonde mentalité tribaliste qui prévaut dans toutes, je dis bien toutes nos ethnies et tribus, il faut, comme l’avocat que tu es le sait, aller au fond du dossier. Sonder les vices de forme des hordes qui supportent Kamto et qui ne résument pas le substrat des militants de son parti, tancer les extrêmes, dénoncer les postures identitaires, condamner les accès de violence, oui, mille fois oui ! Mais, enfin, il ne faut pas s’arrêter aux écorchures de l’Essingan, des arbres de nos forêts, mais aller aux racines. Et là, on verra les sources de nos maux, et tout aussi, dans cette dialectique, de la complexité, de l’Un et des multiples, forgée par nos ancêtres, ce qui peut, retisser les liens de notre société politique. Il faut désormais que ceux qui veulent attribuer la charge virale du tribalisme aux militants du MRC sachent qu’il existe des Camerounais dont Mounde Njimbam qui n’ont pas de trous de mémoire. Qu’il existe des Africains dont ma modeste personne qui savent encore repérer les « djihadistes » qui osent traiter les autres de « talibans ». Qu’il existe des Africains du Cameroun qui savent dire à un militant du Rdpc, du Mrc ou de tout autre parti : tu es dans l’excès, tu es dans la violence…Mais au grand jamais, n’avoir la cécité volontaire : refuser de voir ! N’avoir la surdité d’emprunt : ne tendre l’oreille que d’un côté du bruit ! N’avoir le mutisme à tête chercheuse : ne parler que pour tancer les fameuses « meutes »… Pour le reste, je te suggère de faire un texte pour dire à ceux de nos compatriotes qui le pensent qu’ils peuvent honteusement monter leur coalition anti-Bamileke ou anti/autres, un classique en Afrique, voter même Brenda Biya à la place de son père, mais de grâce qu’ils sachent que ça ne résoudra ni nos problèmes fondamentaux ni même faire décoller enfin le pays de Camair-Co ! Ton frère Mounde Njimbam Citoyen Africain-Camerounais

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