[Politique] Appel à l'insurrection populaire : le directoire du MRC en désaccord

Le lundi 24 août 2020 à Yaoundé au siège du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, Maurice Kamto donne une conférence de presse. Lors de l’échange avec les Hommes de médias, il estime que Yaoundé ne peut pas organiser les élections régionales sans la pacification des régions anglophones. Il menace d’ailleurs de demander au peuple de descendre dans la rue si sa doléance n’est pas prise en compte. Mais l »appel à l’insurrection populaire évoquée par Maurice Kamto, en vue de renverser le régime de Yaoundé par la rue, ne fait pas l’unanimité au sein du Mrc, sa propre formation qu’il dirige. Les sons sont discordants au sein du directoire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun(Mrc) après la sortie du président de ce parti, Maurice Kamto. Célestin Djamen, le Secrétaire national aux Droi ts de l’Homme du Mrc rejette l’idée d’une insurrection par la rue envisagée par son président national. Sans mentionner le nom de son chef, Célestin Djamen dit qu’il n’est pas d’accord avec la méthode impliquant des actions de rue visant à déloger par la force, Paul Biya, 87 ans dont 38 au pouvoir. Il déclare que « soyons sereins et confiants, demeurons des vecteurs d’union et non de division. Le Cameroun est grand, quels que soient ses détracteurs, quels que soient ses gouvernants actuels ou à venir. Ce qui nous rassemble est éminemment plus grand que ce qui nous divise. Pour les impatients, n’oubliez pas que la révolution commence toujours quand se termine l’insurrection ». Et, de poursuivre, « restons vigilants mais n’acceptons jamais les prophètes du « ça gâte ça gâte ». Lorsque Vous gâtez un vélo ou pire une sauce, sa restauration par Elite est rarement garantie». Pour lui il faut faire confiance à la République et à ses valeurs, « c’est le socle et le creuset de notre présent mais aussi de notre avenir commun. A défaut de penser à nos enfants pensons au moins à nous ». Mais la réaction du Secrétaire national aux Droits de l’Homme du Mrc est diversement appréciée par ses camarades. Certains estiment que Célestin Djamen garde sa j osture de contestataire des positions du président national du Mrc comme il le faisait d’ailleurs au Social Democratic Front(SDF). Cet appel a été fortement critiqué par des intellectuels et la classe politique dans son ensemble. Pour Pierre Milia Asoute, leader du rassemblement démocra tique pour la modernité du Cameroun (RDMC), l’insurrection ne sera jamais, « un projet de société et moins encore un programme politique de gouvernance et de développement ». Dans une tribune, le président national du RDMC indique, «l’insurrection au Mali n’est pas Covidl9, une pandémie contagieuse». Me Emmanuel Ashu (avocat, président de Reform Party), demande à Kamto de respecter la loi. « Le MRC est soit légaliste, soit dans les sissongo. Il semble survivre dans les sissongo. Le Cameroun n’est pas le Mali, que Kamto arrête ça. C’est de l’insurrection. Il ne peut passe cacher sous le parti politique pour organiser l’insurrection. Quand on va l’arrêter, il va crier qu’on en veut à sa personne. S’il n’a pas de proposition, qu’il se taise ! Quand il était aux élections, il y’avait les problèmes dans le NOSO», a déclaré l’avocat. « L’action politique en république s’exerce dans les instances prévues à cet effet. (…) Toute autre approche visant à déstabiliser les institutions, ne passera pas », a réagi Grégoire Owona, le secrétaire général adjoint du Comité Central du RDPC au pouvoir. Shanda Tomne figure connue de l’opposition camerounaise prône le dialogue et se dit opposé à toute forme de prise du pouvoir par la force et la violence. «Face aux appels à la violence et à l’intolérance, nous opposerons le patriotisme tout court, et nous prêcherons sans relâche le dialogue et la réconciliation. Le destin du Cameroun est au-dessus des ambitions personnelles et des intérêts des villages, et notre sécurité collective ne saurait être bradée, hypothéquée, ni soumise au chantage des individus ou. des villages », écrit le leader du Mouvement populaire pour le dialogue et la réconciliation (MPDR). Abel Elimbi Lobe, pour sa part, estime que ce dernier est incapable de mobiliser sur le terrain et de battre le Rdpc au pouvoir, mais compte sur une insurrection pour diriger le Cameroun.

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