[Politique] Alternance politique : Achille Mbembe fait bondir Fame Ndongo

L’écrivain a lancé un appel à la diaspora camerounaise afin qu’elle se mobilise pour libérer le Cameroun pris en otage par les régimes successifs de Yaoundé depuis 1958. Après une exégèse de la sortie de Mbembe, il tourne en dérision le projet de marche imaginaire, avant de lui demander comment il veut libérer un pays aujourd’hui, alors qu’il est libre depuis 1960. Dans une nouvelle sortie publiée sur les réseaux sociaux et la presse en ligne, l’universitaire camerounais interdit d’entrer au Cameroun depuis deux ans, Achille Mbembe, appelle toute le diaspora camerounaise à se mobiliser pour libérer leur pays pris en otage par des tyrans locaux des régimes successifs Ahmadou Ahidjo, de 1958 à 1982, et de Paul Biya, au pouvoir depuis 38 ans. Soit près d’un demi-siècle de règne par une classe dirigeante âgée et prédatrice des ressources du pays, laissant un peuple sans âme, amorphe et incapable de prendre son destin ‘en main pour faire bouger les lignes. L’écrivain peine à comprendre cette abdication citoyenne d’un peuple dorénavant réduit à la promotion d’un tribalisme dans un jeu de calcul intéressé et fausse conscience. L’auteur s’agace de l’ombre d’un Cameroun qui le hante et le suit partout, même étant bien loin de la terre de ses ancêtres. Sa plus grosse amertume, c’est l’étouffement d’une révolution qui tente de vouloir prendre corps. Achille Mbembe s’indigne du sort de ses compatriotes en détention sans procès, et déplore cette épée de Damoclès prête à s’abattre sur tout camerounais se croyant pourtant libre. Le moyen de musellement c’est certes la prison, mais Achille Mbembe rappelle qu’elle est un préalable à la libération de tout un peuple, le devoir de tous et non d’un individu. Aussi demande-t-il au peuple camerounais s’il est prêt à se mobiliser pour exposer aux yeux du monde les dérives d’un protégé par une armée de sicaires, conclut Mbembe. Aussi a-t-il à peine déposé sa plume, le sémioticien Jacques Fame Ndongo du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir, dissèque chaque phrase cherchant à déconstruire à tour de mots, expressions et tournures de langue, analyse syntaxique, décryptage sémantique dont lui seul tient le secret. La correction à la virgule près est tout proche de celle d’une dictée préparée, une compréhension de texte, bref, un sujet type d’une épreuve du secondaire. Ainsi dans le fond du texte de Mbembe, le communicant en chef du pouvoir se demande où et comment ce pourfendeur du régime de Yaoundé au moyen d’une marche imaginaire de la diaspora peut-il libérer un pays déjà libéré depuis 1960 ? Cet appel à la diaspora uniquement, signifie-t-il que les camerounais au bercail sont-ils tous des tribalistes, des lâches, des bêtes ? Pour le ministre d’État, grand chancelier dés ordres académiques, secrétaire national à la communication du Rdpc, le peuple camerounais est mûr, lucide, courageux et génial pour se laisser détourner de la priorité de l’heure, à savoir, la bataille du développement socioéconomique et culturel avec tous, par tous et pour tous, souligne Jacques Fame Ndongo dans sa réplique tonitruante du 06 octobre à Achille Mbembe.

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