[Politique] Administration territoriale : Paul Atanga Nji à l'épreuve de l'ordre public

Sans élections, ni échéance politique majeure, cette année 2021 s’annonce, de prime abord, plus calme que les précédentes. Une année de répit pour le Minat ? Paul Atanga Nji est un homme occupé. Et il est fort à parier qu’il le sera davantage encore au cours des prochains mois. Certes 2021 n’est pas une année électorale. Mais les enjeux sur lesquels le Ministre de l’Administration Territoriale est attendu ne devraient pas manquer. D’ailleurs, il ne lui en faut pas beaucoup pour s ’ illustrer. Le 20 janvier dernier, il était sur le terrain, dans la Région de l’Ouest, pour présider une réunion de sécurité. Celle-ci faisait suite à l’attaque, le 08 du même mois, d’un poste de contrôle des douanes dans la localité de Matazem. Depuis 2016, les répercussions de la crise anglophone sur le maintien de l’ordre public lui donnent beaucoup de travail. Tout comme les éruptions sporadiques de violences dans le Septentrion et à T Est. Alors, pour être plus efficace, le Minât voyage beaucoup. Le 28 novembre 2020, il était à Marouâ pour présider là aussi une réunion de sécurité car, dans cette région de l’Extrême-nord, des cas d’agressions, à bord de motos taxis notamment, sont régulièrement signalés. Après un tour dans la région du Nord, il avait clôturé son peuple Septentrion par l’Adamaoua où, là encore, il a tenu une réunion de sécurité. Cette région est en proie aux phénomènes d’enlèvements de populations contre demandes de rançons. L’occasion faisant le larron, il a fallu aussi s’enquérir de l’état d’exécution de certains projets de développement en cours ainsi qu’évaluer l’état des préparatifs des élections régionales prévues seulement quelques jours plus tard … Cette dernière échéance, inédite dans l’histoire politique du pays, avait déjà fait l’objet de la deuxième conférence semestrielle des gouverneurs de région, tenue le 27 novembre 2020. Le plan de sécurité, concocté alors avec le Délégué Général à la Sûreté Nationale (Dgsn), Martin Mbarga Nguélé et le Secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie (Sed), Galax Etoga, prévoyait alors un accompagnement à apporter à Elections Cameroon (Elecam), en ce qui concerne la sécurité des membres des collèges électoraux, des personnels et des locaux de l’organe indépendant chargé de l’organisation matérielle des élections au Cameroun. « Nos échanges doivent être balisés par la mission sacrée à l’institution préfectorale à savoir la quête du maintien de 1 ’ ordre public sur 1 ’ étendue du territoire national et la protection des personnes et leurs biens », avait-il indiqué. L’élection s’étant déroulée sans heurts, reste désormais à assurer une prise de fonction douce des exécutifs régionaux ; ainsi qu’une relation harmonieuse avec les autorités administratives. Le pari n’est pas gagné d’avance. Car malgré les bonnes intentions affichées lors de l’installation desdits exécutifs le 26 janvier dernier, les conflits de compétence ne tarderont pas à émerger. Et même si c’est son collègue de la Décentralisation et du Développement Local (Minddevel) qui en est concerné au premier chef, le Minât devra gérer les éventuelles répercussions sur l’ordre public. Et il semble s’être bien armé. Cette année 2021, le budget du ministère a été relevé à 34,785 milliards de Fcfa. Parmi les interventions prévues dans le cadre du maintien de l’ordre public, l’on note entre autres le contrôle de la circulation des armes, la gestion des réfugiés et des déplacés internes, le renforcement des capacités des autorités administratives dans le domaine. Si le style baroudeur de l’homme tend souvent à occulter la pertinence de ses initiatives, celui-ci semble pourtant bien apprécié de sa hiérarchie. Depuis le début de la crise anglophone par exemple, c’est lui que le Chef de l’Etat envoie régulièrement au chevet des populations sinistrées et/ou déplacées. Qu’il ait agi comme Envoyé Spécial ou comme Coordonnateur du Plan d’Assistance Humanitaire, d’Urgence, sa caravane de dons n’a cessé de sillonner le pays tout entier. Dans ses bagages, du matériel de premier secours constitué de matelas, couvertures, sceaux, riz, huile, savon, etc., ainsi que de l’argent liquide. En milieu d’année dernière, les responsables du ministère indiquaient que plus de 200 000 familles avaient déjà bénéficié de ces dons. Tout comme, grâce à la sécurité qui revient peu à peu, plusieurs familles ont pu regagner leurs villages. Autre preuve de la confiance dont il jouit, la mission interministérielle composée de 7 ministres qui fut dépêchée par Paul Biya dans la Région de T Extrême-nord en septembre 2020. Il fut désigné à la tête de celle-ci en vue d’apporter les premiers secours aux populations victimes des inondations. Dernier atout dans sa manche, l’affaiblissement perceptible du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), résultat d’une politique de harcèlement dont il a été l’un des principaux instigateurs.

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