[NOSO] Que peut l'église catholique ?

Le Pape François a dépêché au Cameroun du 28 janvier au 03 février 2021, le Cardinal Pietro Parolin ci-devant secrétaire d’Etat du Saint siège. En autres objectifs visés par cette visite, figure le retour à la paix dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest (NoSo). Son Eminence PIETRO Cardinal PAROLIN est arrivé au Cameroun le 28 janvier 2021. Il a aussitôt entamé des contacts en haut lieu avec les autorités étatiques afin de baliser son champ d’action dans notre pays. Il a été reçu en audience tour à tour par le Chef de l’Etat Paul Biya le 29 janvier 2021 puis par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. L’envoyé du Pape François, a aussi réuni à huit clos, dans la salle des Actes, tous les évêques du Cameroun rassemblés au sein de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc). Le Président de la Cenc Mgr Abraham KOME a dans ses propos introductifs de cette réunion, fait état des écueils que subissent les initiatives de l’Eglise catholique au Cameroun, malgré ce qui peut être présentée comme sa proximité étroite avec le pouvoir de Yaoundé. « Malgré la franche collaboration entre l’Etat et l’Eglise marquée par la signature d’un accord-cadre entre le Pape et le Président de la République il, y a quelques an-j nées, des zones’ d’ombre subsistent sur le rôle de l’Eglise catholique au Cameroun. Plusieurs-; caciques du régime considèrent les interventions de l’Eglise Catholique sur la vie publique au Cameroun comme une ingérence. En témoignent les morts suspectes d’évêques, de prêtres et d’autres religieux et religieuses « , a déclaré avec emphase Mgr KOME, par ailleurs Evêque du Diocèse de Bafang dans la Région de l’Ouest. Au sujet de la crise anglophone, Mgr Abraham KOME n’a pas fait dans la langue de bois en dénonçant les tracasseries que son église endure dans leurs offres de dialogue. » S’agissant de la crise dans le NoSo, l’offre de médiation de l’Eglise catholique a été rejetée. La demande des Evêques du Cameroun de rencontrer le Président de la République afin de discuter et envisager des pistes de sortie de crise est jusqu’ici restée lettre morte. Malgré l’organisation du Grand Dialogue National, les massacres de Ngarbuh, Kumba et autres tueries sont la preuve que beaucoup restent à taire pour mettre fin à la guerre. Les évêques restent convaincus que seul un vrai dialogue incluant toutes les parties peut favoriser un retour à la paix dans lys régions du Nord-ouest et du Syd-ouesl « , a indique l’évêque de Bafang. Il nous souvient par ailleurs que l’initiative du Cardinal Christian TIJMI visant à organiser la Anglophone general conference (Age) depuis le début de la crise anglophone, a été torpillée tant par les autorités étatiques, que par les milices séparatistes. Cette initiative devait pourtant en sou terme regrouper toutes les doléances des populations de ces deux régions, (« est dire que l’Eglise catholique en particulier et même toutes les autres confréries religieuses, sont mal vues par les belligérants. C’est à ce sens que la visite de l’envoyé du Pape François tire tout son sens et son intérêt, si un temps soit peu, l’Eglise catholique est enfin écoutée par les autorités publiques du Cameroun. Pour autant, le point d’orgue du séjour du Secrétaire d’Etat pour la paix du Vatican, est sa visite à Bamenda dans le Nord-ouest le 31 janvier 2021 où il a donné le pallium à l’archevêque de Bamenda, Mgr Andrew NKEA, qui a été désigné par le Pape François, il y a 13 mois en remplacement Mgr Cornelius ESUA FONTEM démissionnaire. C’est aussi durant ce séjour de six jours au Cameroun, que l’émissaire du Pape peaufinera des contacts utiles susceptibles d’élaborer un plan de dialogue constructif de sortie de crise, dans le NoSo en proie aux exactions diverses depuis octobre 2016. Toujours est-il que la neutralité de l’église catholique et même sa popularité dans le NoSo reste à questionner. C’est peu dire que l’Eglise catholique malgré sa volonté, est entre le marteau et l’enclume dans la guerre fratricide du NoSo. Elle est loin de faire l’unanimité, et encore moins de rapprocher les parties en guerres autour d’une table de dialogue. Mais qu’à cela ne tienne, il vaut mieux toujours d’essayer …

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