[NOSO] Les députés mettent le ministre de la défense sur le grill

Le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense a dû s’expliquer sur l’affaire Wazizi, les suites de l’affaire Ngarbuh, le respect des Droits de l’Homme par l’Armée Camerounaise et même la guerre contre Boko Haram. Joseph Beti Assomo a été bombardé de questions au cours de la séance de questions orales à l’adresse des membres du gouvernement jeudi dernier. Commune à toutes les interrogations, l’intervention de l’Armée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et le respect des Droits de l’Homme. Justement, l’affaire Wazizi est l’un des sujets brûlants sur la table du ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense. L’honorable Prudencia INjo Foo Ngang a de fait questionné le Mindef sur les avancées de l’enquête instruite dans le cadre de la mort du journaliste Samuel Wazizi décédé entre les mains des forces de défense et de sécurité en août 2019. La réponse de Joseph Beti Assomo a été plus laconique que le communiqué rendu public par son département ministériel après que le scandale ait éclaté en juin 2020. « Après sa mort qui a entraîné de sérieuses agitations notamment avec les médias, une enquête a été ouverte sur ordre du Chef de l’Etat, Chef des Armées, dans le but est de déterminer les circonstances qui ont conduit à ce tragique décès. Les résultats de ces investigations sont encore attendus. Il serait inapproprié de faire des déclarations avant que les résultats de l’enquête ne soient rendues publics» a juste déclaré le Mindef. Affaire Ngarbuh La Représentation nationale a également demandé des comptes au ministre de la Défense au sujet de l’affaire Ngarbuh. La tuerie de 21 civils par certains éléments de l’Armée, dans la localité de Ngarbuh en avril 2020. Joseph Beti Assomo a par conséquent dû donner des informations sur le procès des 3 militaires impliqués et les réparations faites à l’endroit des familles des victimes. «Pour ce qui est de la stèle commémorative en mémoire des 20, elle inaugurée le 3 février dernier par Monsieur le gouverneur de la région du Nord-ouest. Donc c’est une promesse qui a été tenue. Les réparations aux familles des défunts ont été servies, d’importantes sommes ont été libérées sur instructions de Monsieur le président de la République. La décence m’interdit de donner le montant de ces sommes ici. C’est également pour la sécurité des bénéficiaires parce que si nous venons clamer ici urbi et orbi les montants qu’ils ont reçus, j’ai bien peur que ce soir même on ne nous dise que quelques-uns d’entre eux ont été visités pour ne pas dire plus… Le chef de l’Etat a décidé de créer un détachement des forces de l’Armée de terre, de /l’Armée de l’air, de la Marine et de la Gendarmerie dans ce secteur de Garbuh pour mieux tenir ce territoire. Parce que là-bas, nous avons à affaire à deux types de menaces. La menace des sécessionnistes et la menace des bandes armées… Donc une unité mixte des Armées a été créée par le président de la République. Elle est en train de s’installer». Quant à l’épineux problème du procès des militaires impliqués dans la tuerie, le Mindef assure que la nouvelle audience aura lieu le 15 avril prochain. Un point qui suscite une certaine polémique depuis le début du procès. L’on sait que depuis le 17 décembre 2020, l’affaire a déjà été renvoyée deux fois. En outre des organismes tels que Human Rigths Watch accuse le gouvernement d’avoir ouvert l’affaire à Yaoundé, ne permettant pas aux familles des victimes d’y prendre part. Non-respect des Droits de l’Homme Les députés n’ont pas loupé le ministre de la Défense avec l’éternelle question du respect des Droits de l’Homme au cours des interventions de l’Armée. Un sujet qui agace hautement Joseph Beti Assomo. «Sur les violations graves des Droits de l’Homme dont l’Armée camerounaise est très régulièrement accusée. La situation des forces de défense et de sécurité est assez incommode depuis un certain temps. Les forces mènent leurs opérations, respectent les Droits de l’Homme, protègent nos compatriotes. Mais je ne sais comment qualifier ce qui se passe. Droits de l’Homme, Droits de l’Homme matin, midi, soir… Il y a un certain nombre d’organisations non gouvernementales qui s’occupent des Droits de l’Homme, disent-ils qui se font une spécialité d’accuser sans la moindre précaution nos hommes de violation des Droits de l’Hommes, des actes de barbarie etc.» Selon le Mindef, au-delà d’essayer de respecter les Droits de l’Homme, l’Armée punit également ses hommes qui font des sorties de chemins. «Nous ne disons pas que l’Armée est sans reproche. Lorsqu’il y a une moindre situation incommode qui est signalée, nous réprimons. Nous avons ici à Yaoundé, derrière le ministère de la Défense, une prison militaire. Il n’y a pas dans le pays, une maison d’arrêt qui a un régime draconien comme celui là. Parce que les hommes qui sont là-bas ce sont tous des militaires qui ont été pris dans des situations de violation de la loi. Ils sont jugés par des tribunaux militaires ». Joseph Beti Assomo en a profité pour lancer une pique aux pays occidentaux à l’origine des dénonciations des violations des Droits de l’Homme par l’Armée. Le seul problème c’est que nous ne faisons pas les procès de ces gens en mondovision. Peut-être que quand on le fera, c’est à ce moment qu’on comprendra que nous ne sommes pas complaisants. Nous avons vérifié, nous sommes informés, il n’y a aucune armée en Occident qui juge ses militaires en mondovision. Mais quand c’est nous, il faut qu’on ouvre les tribunaux militaires. Nous voulons prier l’Assemblée de comprendre que cette commence à bien faire. L’Armée qu’on dépeint n’est pas notre Armée. Nous nous disons qu’il y a là une volonté de démoraliser les troupes et comme cela on peut obtenir par d’autres voies ce qu’on veut obtenir sur d’autres terrains. » Guerre oubliée ? La question de la crise anglophone n’a pas été le seul point soulevé par les députés au cours de la séance des questions orales de jeudi dernier. La gestion financière et les moyens de déplacement des soldats, la carrière des colonels, la guerre contre Boko Haram ont notamment été évoqués. Sur ce dernier point le député Nikina Pierre a laissé entendre que ce front semblait oublié par l’Armée. Que nenni assure le Mindef. «Jusqu’ici nous n’avons pas perdu un seul mètre carré de notre territoire dans la région de l’Extreme-Nord. La région reprend vie, l’activité économique reprend son cours depuis 2 ou 3 ans, nous avons comme une remontée -des recettes fiscales et douanières. Mais la menace est encore là, il faut mener ce combat. Jusqu’au bout. Combien de temps cela prendra encore nous ne serons le dire de manière précise. La gestion de la guerre contre Boko Haram est transversale à plusieurs administrations. Le 14 janvier dernier, une concertation interne en visioconférence a eu lieu. Elle était présidée par le premier ministre. Elle était consacrée à la question de la mise en œuvre du programme présidentiel de reconstruction de la région de l’Extrême-Nord. Evaluée dans sa première phase à un montant de 150 milliards de F Cfa, elle permettra de réparer les dégâts directs causés par le groupe terroriste Boko Haram et les inondations qui frappent régulièrement cette région». Des assurances qui ont souvent un train de retard sur la réalité.

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