[NOSO] Le nouveau nomansland ?

La recrudescence des meurtres perpétrés par les forces rivales sur le front de la guerre indigne l’opinion. Le tableau des violences dans les régions anglophones s’assombri davantage. En l’espace de trois jours les nouvelles en destination de cette partie du pays portent sur les actions macabres des cessionnistes armés et des militaires en mission dans la zone. Le symbole malheureux des lamentations devenues le quotidien des populations de ces deux localités se confirme d’abord pour le cas du 11 février dernier où à travers une vidéo la scène affiche les forces de défense en exercice de torture inhumaine sur Jean Fai Fungong la victime de ces derniers soupçonnée d’appartenir à un réseau terroriste. La barbarie militaire qui a eu lieu à Ndu dans la région du Nord-ouest a interpellé la hiérarchie militaire décidée de sanctionner les gendarmes, policiers et soldats acteurs de cette violation sauvage. De l’autre côté les indépendantistes armés ont violé le sacré le 13 de ce mois en cours en kidnappant des chefs traditionnels à Lebialem dans la région du Sud-Ouest, un territoire presqu’acquis au rebelle Field Marshall pseudo général d’armée et responsable de nombreux crimes odieux sur les lieux. Les chefs Fuazisong, Forncheleh et Forlesueh ainsi que le notable Forzizong ont péri entre les mains des fédéralistes armés. 26 autres chefs traditionnels et notables sont sans nouvelle depuis quelques jours. Le déroulement de la guerre dans ces deux régions créé un doute sur l’autorité de l’État à ces endroits. Assiste- on a un film des violences où l’interdit passe pour être une bagatelle des forces antagonistes sur le terrain. Autant l’armée commet des bavures autant les séparatistes armés se réfère à la sauvagerie pour exterminer les populations innocentes. Que ce soit l’acte déviant des soldats sur le citoyen ou l’enlèvement des gardiens de la tradition par les rebelles les deux cas méritent d’être condamné. Ni l’un ni l’autre ne saurait justifier l’horreur par une quelconque excuse du moment où les innocents ont été tués par les deux camps. À cette vitesse de la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest peut- on croire à l’ingouvernabilité de ces parties du territoire camerounais tant il est un secret de polichinelle de l’état d’insécurité avancé dans ces zones anglophones plongées dans les violences depuis cinq ans. L’expression de la bataille semble aisée chez les chefs rebelles régulièrement en stratégie de propagande via les vidéos qu’ils diffusent pour vanter leur force et leur courage. Aussi ne tardent-ils pas d’exhiber le matériel militaire tout en faisant mention de l’humour au sujet des militaires tombés au champ d’honneur armes à la main. En l’occurrence Field Marshall de plus en plus recherché par l’armée camerounaise à ses trousses trouve de l’élégance dans l’appel des hauts gradés de l’armée à l’affronter plutôt qu’à une lutte contre les soldats de rang qu’il tente de défier. Mais le triste héros sait bien prendre la cachette à l’annonce des soldats autour du périmètre qui constitue son fief. Sans doute bénéficie- t- il de quelques soutiens au sein des populations domptées par son caractère brutal. Tout compte fait la solution militaire est loin de porter ses fruits. Les attaques menées par les forces de défense trouvent une réponse par la multiplication des exactions commises habituellement par les séparatistes. La négociation réclamée par l’opposition et des acteurs de la société civile conviendrait à stopper l’hémorragie.

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