[NOSO] ‹‹ La paix n'est pas encore véritablement revenue dans le NoSo

Me Jean Guy Zogo, homme politique « Les Populations Camerounaises sont victimes d’une véritable escroquerie politique depuis les années cinquante avec la mise en place dans notre pays d’un système néocolonial destiné à perpétuer sournoisement l’esclavage, la colonisation et l’asservissement, en vue de faire main basse sur le Cameroun et ses immenses richesses. Dans ma lettre ouverte adressée au Président de la République le 22 mars 2020, je soulignais déjà l’impérieuse nécessité de transformer l’arrivée de la pandémie du Covid-19 sur notre sol, en opportunités pour, enfin, construire un contrat social Camerounais équitable auquel chaque Camerounaise et chaque Camerounais pourrait non seulement s’identifier, mais également dans lequel il pourrait se reconnaître. Malheureusement, force est de constater pour le déplorer, qu’aucune des suggestions que j’y ai faites n’a été adoptée. <Sans principe commun, sans vision commune, ce n’est pas la peine de discuter disait Confucius. J’ai l’habitude de le dire : le véritable ennemi du Cameroun, comme du reste de l’Afrique aujourd’hui c’est le néocolonialisme. Depuis qu’il leur a été donné une indépendance factice, par les colonisateurs esclavagistes français, les Populations Camerounaises ne sont encore jamais assises autour d’une table pour élaborer elles-mêmes, de manière vraiment consensuelle, sans exclusive, portées par une vision commune de ce qu’elles souhaitent faire de leur pays, hantées par un esprit patriotique et animées d’un sens élevé de l’intérêt général, un contrat social Camerounais. Et le système néocolonial installé au Cameroun par les colonisateurs esclavagistes français, dans les années cinquante perdure encore aujourd’hui. Il n’a pas été conçu pour faire de notre pays une grande nation. Loin s’en faut d’ailleurs. Puisqu’il continue à utiliser les mêmes armes idéologiques et politiques que ses concepteurs pour régner : paupérisation des masses et enrichissement illicite d’une poignée, création, entretien et exacerbation des rivalités ethniques ou tribales, répression systématique des esprits libres, vulgarisation des religions abrahamiques, culture de la médiocrité, ou institutionnalisation des iniquités. Un proverbe ouest-africain dit que la solution à un problème posé se trouve toujours dans l’histoire de ce problème. Le Cameroun a mal à son histoire et doit au préalable, obligatoirement se réconcilier avec elle. La crise dite anglophone, qui est aussi vieille que la pseudo-indépendance octroyée au Cameroun, mais dont les manifestations contemporaines datent déjà d’il y a un peu plus de quatre ans, avec un conflit armé opposant les forces de défense et de sécurité nationales à des groupes armés sécessionnistes, a apporté aux Populations Camerounaises, des images douloureuses, des pratiques jusqu’alors inimaginables dans notre pays, longtemps qualifié de <havre de paix> dans une Afrique tourmentée par des guerres civiles à répétition. Nous avons basculé dans l’horreur avec des compatriotes décapités ou mutilés, des villages incendiés et désertés, des assassinats sauvages, des meurtres indescriptibles, des déplacés internes et des réfugiés. Les conséquences économiques et environnementales peinent encore à être bien évaluées. Et pourtant, tout cela aurait pu être évité, si au sortir des soubresauts des années 90, consécutifs au retour au multipartisme et à l’instauration de la démocratie, celles et ceux qui tiennent les leviers du pouvoir et ce depuis un demi-siècle pour certains d’entre eux, avaient pris la pleine mesure des conflits latents qui couvaient déjà du fait d’une indépendante tronquée et une inéquitable répartition des richesses nationales entre les différentes parties du Cameroun. Le <Grand dialogue politique national inclusif> qui a eu lieu il y a peu de temps, aurait pu constituer cette occasion tant souhaitée, mais hélas, elle a été finalement gâchée.- Aujourd’hui, contrairement aux slogans politiques creux, aux déclarations mensongères et trompeuses de certains thuriféraires du régime, qui ont érigé la flagornerie en métrer, la réalité reste implacable : la paix n’est pas encore véritablement revenue dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Quant à la paix positive, elle semble même s’éloigner chaque jour un peu plus, au regard de la dégradation constante du climat sociopolitique national. D’ailleurs, les gesticulations institutionnelles de quelques-uns, cachent bien mal, une volonté malsaine de masquer la triste réalité, pour justifier l’obstination à organiser des élections régionales, afin de donner la fallacieuse impression d’un retour à la paix, d’une implantation réelle de la démocratie dans notre pays, et d’un apaisement du climat sociopolitique national. Mais comme le dit un adage Africain, le mensonge n’ayant pas de longues jambes, même lorsqu’il court, se fait systématiquement toujours rattraper par la vérité! Je voudrais donc ici, réitérer mes propositions aux pouvoirs publics, notamment celles contenues dans ma lettre ouverte du 22 mars 2020, afin qu’ensemble nous luttions efficacement contre le néocolonialisme, qu’ensemble nous élaborions enfin un contrat social Camerounais, qu’ensemble nous posions enfin les jalons d’un État de droit pour une nation Camerounaise fière, paisible, forte et prospère, dans une Afrique libre et unie. Comme l’a dit Thomas Sankara ; <il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et de l’eau potable pour tous.> ».

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