[NOSO] l'insécurité alimentaire devient critique

Les populations de ces 2 régions qui subissent déjà des conditions alimentaires précaires, devraient voir leur situation empirer dès le mois prochain. 11 Les ménages pauvres dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest continueront à subir des conditions de sécurité alimentaire aiguës en Stress, et certains ménages verront leur situation s’améliorer jusqu’à devenir minimale. Toutefois, la situation s’empirera jusqu’à Crise vers le mois d’octobre, lorsque les stocks commencent à diminuer précocement ce qui entraîne une hausse des prix. La situation devrait être pire pour les communautés inaccessibles que l’aide alimentaire humanitaire ne peut atteindre. » L’alerte est donnée par Famine Early Warning Systems Network (FEWS Net). Dans son analyse de la situation de la sécurité alimentaire au Cameroun, le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine fait savoir que pour le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les prix commenceront à augmenter de façon saisonnière début octobre, • car les stocks s’épuisent prématurément. La pandémie de COVID-19 devrait exacerber les effets déjà ressentis du conflit sur les flux commerciaux, les prix et les revenus agricoles. La fermeture des frontières à Ekok et Idenau en raison du conflit en cours et de la pandémie COVID-19 continuera à maintenir le commerce transfrontalier en dessous de la moyenne. C’est que, les récoltes se poursuivent dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, mais restent inférieures à la moyenne pour la quatrième année consécutive en raison du conflit en cours qui a réduit l’accès aux terres cultivables, aux intrants et a provoqué des déplacements continus. Des mises à jour récentes du Haut commissariat des réfugiés (HCR), au 31 juillet 2020, font état d’environ 679 393 personnes déplacées du Nord-Ouest et du Sud-Ouest La pandémie Ci )VTD-i9 a eu un effet léger i modéré sur l’accès-aux intrants pour les ménages pauvres, en particulier ceux des zones rurales. Réfugiés urbains en péril Les prix actuels de la plupart des denrées de base restent plus élevés que l’année précédente et plus élevés qu’avant le conflit. Les personnes déplacées et celles qui vivent dans les communautés touchées qui sont inaccessibles (certaines localités de Donga Man-tung, Menchum, Liabe-lem et Ndian) et qui n’ont pas cultivé à la suite du conilit continuent d’être exposées à une insécurité alimentaire aiguë. Bref, les ménages pauvres traversent actuellement une saison de soudure plus précoce et plus dure causée par l’épuisement prématurée des stocks des ménages et la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Par conséquent, la situation alimentaire reste en crise. Les ménages pauvres y compris les réfugiés et les personnes déplacées à Yaoundé et Douala qui ont perdu leur emploi et leurs revenus quotidiens et donc leur pouvoir d’achat en raison de la pandémie continuent d’être exposés à l’insécurité alimentaire aiguë de Crise. Selon une évaluation réalisée par le HCR et Plan International en | avril 2020 sur les impacts de COVID-19 sur les moyens de subsistance des réfugiés et demandeurs d’asile urbains, environ 93% des réfugiés et demandeurs d’asile urbains ne peuvent pas satisfaire leurs besoins alimentaires quotidiens et 73% ont perdu leur emploi à cause de COVID-19. De mal en pis En mai 2020, FEWS Net indiquait déjà : « Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où le conflit se poursuit, les ménages pauvres ont déjà épuisé leur propre réserve alimentaire et dépendent principalement de l’achat pendant la période de soudure. Les revenus provenant de sources typiques comme 4 e petit commerce et la main-d’œuvre agricole n’augmentent pas, de manière significative, le pouvoir d’achat des ménages pauvres. Ils continueront donc à faire face à l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’aux récoltes estimées inférieures à la moyenne en Juillet. » D’après l’analyse Cadre harmonisé (FAO-Mina-der), présentée par le ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader), Gabriel Mbairobe, en avril 2020, « si la situation alimentaire est bonne dans dix-sept des cinquante-huit départements enquêtés et relativement acceptable dans trente-un autres. Il est à noter une dégradation dans neuf départements en phase de crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, affectées par la crise sociopolitique qui a poussé à l’abandon de certaines zones de production agropastorales. » En effet, l’institut national de la statistique (INS) renseigne que la production reste encore faible comparativement à son niveau d’il y a 3 ans dans les régions dites anglophones. De plus, les blocages répétés imposés par les mouvements sécessionnistes sont de nature à limiter les échanges entre les zones rurales et les centres urbains. Du coup, Bamenda et Buea sont les villes où les prix ont davantage été élevés en 2019. Les données de TINS laissent comprendre que l’inflation qu’a connu le pays l’an dernier est en grande partie le fait du secteur primaire. Les biens de ce secteur grimpent sous l’effet de la flambée des prix des produits frais, entretenue entre autres par la baisse de la production dans les 2 régions. De façon globale, plusieurs facteurs compromettent la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Cameroun. Il s’agit notamment de la crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, affectant indirectement les régions du Littoral et de l’Ouest voisines, les attaques sporadiques de la secte Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, les crises dans les pays voisins favorisant des déplacements internes et l’afflux des réfugiés aux frontières, ainsi que les ennemis naturels des cultures et les changements climatiques. A tous ces facteurs vient s’ajouter la crise sanitaire sans précédent liée à la pandémie du COVID-19 dont les effets pourraient davantage bouleverser le système alimentaire et nutritionnel si rien n’est fait pour, à défaut de l’endiguer, réduire au maximum ses effets.

Listen Audio on audio.237story.com

Social

  • Mobile App