[NOSO] Calme précaire avant les législatives

A quelques jours des législatives partielles reprises dans les régions anglophones du Cameroun, le climat d’insécurité rappelle l’ambiance vécue avant le scrutin de février 2020. Difficile pour les candidats de se déployer pour mener la campagne. Les localités sont prises entre villes mortes et grande insécurité. Sans oublier la peur qui anime les populations qui redoutent enlèvements et tueries. Difficile en tout cas pour la tenue de ce scrutin partiel. C’est un calme précaire qui sévit dans le Nord-ouest et le Lebialem, région du Sud-ouest à quelques jours de la reprise du scrutin législatif. Pour plus de sécurité, le gouverneur de la région du Nord-ouest, Adolphe Lele Lafrique, a rendu public un arrêté portant suspension à des heures précises les activités des motos dans 6 des sept départements que compte la région. Il s’agit du Bui, du Ngoketunjia, du Boyo, de la Mezam, du Mono et du Menchum. Cependant, de nombreuses localités restent inaccessibles; certaines autorités résident dans les camps de l’armée et ne sortent qu’à la petite occasion et pas pour y rester longtamps. Elecam a rendu publique la liste des bureaux de vote. Reste à savoir le degré de faisabilité du scrutin, villages et autres localités se sont vidés de leurs habitants et l’insécurité reste grandissante avec les offensives de l’armée contre les groupes armés. Sur les 34 arrondissements que compte la région du Nord-ouest, de nombreux sous-préfets aujourd’hui y vivent sous escorte et bonne protection. «Ca fait plus d’un an que je n’ai pas vu mon sous-préfet, je ne sais pas s’il réside encore ici, mais je crois qu’il a fui comme les autres responsables», affirme sous anonymat un habitant de la localité de Nwa. Pire, selon une source sécuritaire, «toutes les localités frontalières comme Abonche, Furu Awa, Njikwa, Esu et autres ont les sous-préfets qui résident plutôt dans les chefs lieu de département», soutient notre source. Batibo, Benakuma, Njinikon, Belo et autres arrondissements bien qu’étant à l’intérieur de la région, sont parfois sans leurs sous-préfets résidant sur place. Force est de constater que lors de la composition des dossiers des différents concours lancés par l’Etat, nombreux sont les candidats qui se sont rués dans les chefs-lieux de régions ou de départements pour faire signer ou certifier leurs documents. Rappelons qu’il y a de cela un peu plus d’un an quand une note du ministre secrétaire général de ia présidence de la république instruisait le ministre de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji, de procéder à la «réinstallation des autorités administratives dans les arrondissements du Nord-ouest et du Sud-ouest». Selon Ferdinand Ngoh Ngoh, ces responsables avaient quitté leur poste de travail depuis l’intensification des violences dans les zones anglophones. C’est dire que l’absence des chefs ter aujourd’hui dans certaines parties des régions du Nord-ouest et Sud-ouest n’est pas un phénomène nouveau. Représentations d’Elecam Hors mis le chef-lieu des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, c’est à dire Bamenda et Buea, les bureaux d’Elecam sont fermés presque partout depuis plus d’un an. Plusieurs ont été vandalisés voire incendiés par les groupes armés. Les inscriptions sur les listes électorales n’ont presque pas existé. Aujourd’hui, citons les bureaux d’Elecam de Limbe, Buea, Bamenda qui bien qu’existant, fonctionnent à peine, tout le personnel ayant déserté face à la menace séparatiste. Difficile de savoir le fichier électoral de ces régions en crise surtout que l’on compte en date de septembre 2019 selon les Nations unies plus de 800 000 déplacée interne. Avec le scrutin pour les législatives annoncées pour le 22 mars 2020. l’on se demande comment est-ce que les électeurs vont voter, la liste des bureaux de votes rendues publiques il y a quelques jours montrant que certains bureaux sont situés dans les fiefs des séparatistes. Même sans la menace des groupes armés séparatistes, une partie des anglophones ne pourrait pas se déplacer pour voter. En réalité, beaucoup d’anglophones ne se sentent pas concernés. Ils considèrent que c’est une insulte d’organiser une élection alors que dans leurs deux régions, il y a près de 800 000 déplacés et que le conflit a déjà fait plus de 1000 morts civils. Plus de 175 militaires ont également été tués. Insécurités grandissantes Aujourd’hui dans ces régions anglophones, l’on est sous la menace des bombes et autres attaques, même les autorités administratives se déplacent dans les véhicules blindés. Fautes de ces mesures de protection, de nombreux cadres, habitants, élites et fonctionnaires ont déserté ces localités. Il ne se passe pas un jour sans qu’un enlèvement, vol à main armée soient signalé à Bamenda. A ces actes, s’ajoutent souvent des affrontements armés, des villes mortes de chaque lundi et d’autres imposées de temps en temps par les groupes armées. Une situation qui reste tendue et ne saurait garantir la tenue de ce scrutin législatif. Certains acteurs de l’opposition souhaitent l’implémentation des mesures adoptées à l’issue du grand dialogue national pour mettre fin à la crise qui secoue ces régions anglophone, avant la tenue d’une élection. Les assurances du gouvernement A l’issue d’une réunion de sécurité tenue à Bamenda, le ministre de l’administration territoriale rassure quant aux mesures prises pour la tenue de ce scrutin. Selon Paul Atanga Nji «le ministère de l’administration va accompagner Elecam qui est un organisme indépendant. L’administration va faire ce qu’on appelle l’encadrement sécuritaire afin de permettre à Elecam de tenir les élections crédibles libres et transparentes». Selon les hautes instructions du chef de l’Etat «il faut veiller à ce que tous les arrondissements des régions anglophones soient prêts pour la tenue de ces élections, et pour cela tous les autorités administratives doivent être en postes, les force de défense et de sécurité aussi. Ce dispositif normal a pour but de marquer la présence effective de l’état pourra certainement encourager les populations déplacer à rentrer voter», précise le ministre Atanga Nji paul. Jusqu’à hier, seul le Rdpc a été vu sur le terrain de campagne. L’absence du Sdf, Udp et le Bric montre que le parti au pouvoir pourrait une fois de plus tout prendre.

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