[NOSO] Barbaries séparatistes : l'holocauste anglophone

À coups de machettes, de baïonnettes, de coutelas, d’armes artisanales et de fusils d’assaut, les bandes armées déciment des villages entiers et opèrent un nettoyage communautaire sans précédent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au nom d’une cause fantaisiste dont les desseins criminels défient toutes les théories de la cruauté. Le long des rues, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, larmes, pleurs, cris, gémissements et douleurs entonnent l’hymne du malheur et du désespoir. Entre disparitions inexpliquées, enlèvements contre rançons, assassinats de personnes soupçonnées d’intelligence avec les forces de défense et de sécurité, décapitations de femmes, d’enseignants, incendies d’écoles, d’hôpitaux d’infrastructures de toutes sortes, d’entreprises et destruction d’édifices publics sans oublier la prise en otage des lieux d’écoles, la liste des méfaits terroristes qui s’étend à l’infini, est loin d’être exhaustive. « La population civile a été largement ciblée par des combattants séparatistes armés et, dans la plupart des cas, ils qualifient les victimes de jambes noires, de traîtres, de facilitateurs. Ceci se produit le plus souvent lorsqu’un individu n’est pas d’accord avec leur quête de sécession ; ce dernier est alors visé, tué ou enlevé et mutilé », rapporte le Centre des Nations Unies pour la démocratie et les droits de l’homme dans un rapport publié le 12 août dernier. Ce tableau, loin d’être le plus macabre, rend compte des tactiques utilisées par les bandes armées pour exécuter leur folie meurtrière. Car, usant de menaces et de chantages odieux pour soumettre les récalcitrants et les indécis, les groupes séparatistes devenus au fil des temps intégristes fondamentalistes communautaires, ne s’embarrassent plus de scrupules pour massacrer les populations civiles à visage découvert. En témoigne la décapitation de Comfort Tumasang à Muyuka le 11 août dernier. Comme elle, des organisations humanitaires et diplomatiques ont effectué un recensement des meurtres, assassinats, décapitations et autres atrocités dont se rendent coupables les bandes armées. « De plus en plus, la violence contre les femmes, perpétrée par des combattants séparatistes armés, est en augmentation. Ils continuent de procéder à des enlèvements ciblés et à des meurtres de femmes. Il convient de noter qu’à l’automne 2019, une jeune fille de 18 ans, Diana Efon, a été enlevée et enterrée vivante à Kumba, région du Sud-ouest, et une autre, Lydia, à Muyuka, dans le Fako. Les deux dames étaient accusées de fréquenter des militaires et de jouer le rôle d’informatrices. Le meurtre d’un travailleur humanitaire, Christopher Tanjoh, assassiné par des séparatistes le 7 août », relate l’organisme onusien. Ces morceaux choisis qui meublent désormais la chronique quotidienne des rapports des ONG de défense de droits de l’homme et autres organisations humanitaires, n’arrivent pas à donner un bilan chiffré exhaustif du nombre de victimes des milices terroristes. Si l’on parle de 3000 morts officiellement depuis 2019, au regard de l’ampleur des atrocités et exactions connues et mises à la charge de ces bandes, nul doute que les interventions des forces de défense, légitimes pour autant qu’elles sont, ont fait largement moins de victimes que les baïonnettes, les machettes, les armes artisanales et les fusils d’assaut sécessionnistes contre des civils. Parfois, il est arrivé, comme le montre d’ailleurs des images de propagande sécessionnistes, que des bandes armées ayant tué des hommes en tenue, se déguisent en militaires pour raser des villages où des personnes sont soupçonnées de collaborer avec les forces de sécurité. À côté de ces exécutions qui frisent l’extermination de plusieurs communautés, il y a un autre génocide, celui des Bororos qui est commis sous le mutisme de la communauté internationale. Des dizaines de familles issues de cette communauté de pasteurs, sont décimées au jour le jour, leur bétail arraché et leurs maisons incendiées par des milices terroristes. Selon des sources indépendantes citées par des ONG, les miliciens séparatistes ont déjà exécuté 2400 Bororos, blessé ou amputé 3200 personnes, brûler 470 maisons appartenant à cette communauté d’éleveurs, torturer de vieilles femmes, volant et tuant tout leur bétail au passage. Des dégâts et exactions qui ont déjà occasionné des pertes financières de l’ordre de 780 millions de Fcfa selon des ONG locales. « Les séparatistes nous tuent parce que nous refusons de combattre le pouvoir de Yaoundé à leurs côtés, et aussi parce que nous avons pris part aux élections législatives et municipales du 09 février dernier. En guise de représailles, ils nous ont assigné à résidence pendant un mois. S’ils te croisent, ils te-tuent », confie sous anonymat, un éleveur Bororo réfugié à Yaoundé avec sa famille.

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