Motazé, ses avoirs et sa fortune. Par Zéphyrin koloko.

L’arrestation d’Edgar Alain Mebe Ngo’o a permis de voir à quel niveau les fonctionnaires se situent dans le pillage des caisses de l’Etat : 448 vestes , 3 milliards récupérés en espèces à sa résidence, un parking d’innombrables véhicules. Bref, un train de vie insolent. Mais cette richesse de l’ancien ministre de la défense est juste l’arbre qui cache la forêt. Remarquons bien qu’il n’est pas le fonctionnaire le plus riche. Parmi les ministres, il y en a qui sont 100 fois plus riches que lui. C’est le cas de Louis Paul Motazé. Rappelons bien que quand on le nomme ministre des finances le 02 mars 2018, les gens se lavent les mains avec du Ruinart dans son domicile. Dieu seul sait combien coûte une bouteille de cette liqueur. C’est un champagne blanc brut de 75 cl. Rappelons aussi bien que lorsqu'on le nomme Dg de la Cnps à l’époque, il a dit qu’il ne sera plus jamais pauvre. On comprend bien qu’il a réussi à amasser aussi bien pour lui-même que pour ses enfants et ses petits enfants. Sans amalgame ni contre-vérités, les images de la célébration de son dernier anniversaire ont révolté tous les camerounais. Il suffit de parcourir l’entrelacs des réseaux sociaux pour comprendre le niveau d’impopularité de ce membre du gouvernement. Dans notre rédaction, on ne compte pas le nombre de dossiers dont on a été saisi contre ce grand argentier présenté comme le dauphin putatif du président Paul Biya. Précisons bien que de manière statutaire, le Minfi a droit à 400 millions par trimestre. A cela s’ajoutent ces affaires : les sociétés d’Etat bradées, le blocage du projet Tnt qui a créé une brouille entre lui et l’ex-ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, le rapport au vitriole sur sa gestion à la Cnps dont nous avons eu copie… Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions. On passe le temps à aller sur le marché de la Beac pour chercher des emprunts obligataires, alors qu’il y a des individus qui peuvent financer ça. Non .On est en république .Et la chose publique c’est la chose de tous les camerounais. Aujourd’hui, vous avez le pouvoir. Mais vous finirez par le perdre. A ce moment –là, les Camerounais chercheront à savoir ce que vous avez fait de leur argent. Mebe Ngo’o a compris qu’on ne peut pas se moquer éternellement d’un peuple désabusé et démuni. Même si son affaire est politique, on finit toujours par être rattrapé par sa gestion. Quant à la théâtralisation des arrestations et des procès depuis le retour de l’opération épervier, elle sert à démentir l’idée qu’il existe une justice de classe. Et si le dignitaire déchu est aussi, pour son malheur, un présidentiable crédible, alors à défaut d’obtenir sa condamnation en droit, l’on l’obtient en réputation. Et le peuple, lui, en redemande.

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