Militants du MRC incacérés : Laure Noutchang, de la municipalité à Kondengui

Dans sa série consacrée aux «prisonniers du président», le quotidien Le Jour dans son édition en kiosque ce mercredi 24 avril 2019, dresse le portrait de cette militante engagée du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, conseillère municipale à Douala IV. Laure Noutchang n’est pas une femme comme les autres. «Et c’est justement pour cela qu’elle a décidé de s’engager pour faire bouger les choses au Cameroun. Sa page Facebook, malgré son séjour en prison, reste une place forte du combat que mène le MRC, son parti. Elle y avait déjà inscrit le message «Non au hold-up». D’autres se sont chargés d’y ajouter ses photos, ainsi que celles de ses camarades emprisonnés, flanqué d’un autre message: Libérez-les», peut-on lire dans le quotidien d’Haman Mana. Au sujet de son parcours politique, Laure Noutchang est la première femme conseillère municipale du MRC. Elle a été élue à l’issue des élections municipales de 2013. Les premières auxquelles le MRC a participé. C’est aussi au cours de cette année 2013 qu’elle a rejoint le parti de Maurice Kamto. «J’ai adhéré au MRC en 2013 parce que je pensais qu’il fallait agir pour le changement. Il faut changer le système en place et en étant actrice, ça a plus d’impact. On est jamais mieux servi que par soi-même», déclare-t-elle. Un véritable baptême pour celle qui n’avait jamais milité dans un parti politique. Et pour un coup d’essai, ça ne s’est pas mal passé. Elle a rejoint le conseil de sa commune. Son choix pour le MRC et pas un autre parti a été motivé, dit-elle, par son leader. «Sa vision. J’ai compris qu’à travers lui, beaucoup de choses pouvaient se faire», explique-t-elle. Alors comment s’est-elle retrouvée à Kondengui? «Le lundi 28 janvier 2019, elle a appris comme beaucoup de Camerounais, à travers les réseaux sociaux, que Maurice Kamto, le leader de son parti, se trouvait au domicile d’Albert Dzongang que la police avait encerclé. Elle n’a pas hésité à s’y rendre, pour savoir ce qui se passait exactement». «Quand je suis arrivée sur les lieux, le domicile était encerclé par des policiers et des gendarmes. Les issues étaient déjà bouclées. C’est le moto-taximan qui m’a conduite sur les lieux qui m’a indiqué la maison. C’est un ami politique qui m’a reconnue qui a ouvert le portail et m’a permis d’entrer. Il y avait beaucoup de monde dans la concession. J’ai trouvé le président dans la cour», raconte-t-elle. «Les hommes en tenue qu’elle a trouvés à l’extérieur à son arrivée et qui avait le dispositif antiémeutes ont décidé de charger. Face à leur menace d’entrer de force dans le domicile, le propriétaire des lieux va leur ouvrir le portail. Et ce sera parti pour la folle randonnée vécue par toutes les personnes arrêtées ce jour-là à Ndogbong. Les locaux de la Police judiciaire à Ndogbong et un horrible voyage nocturne pour Yaoundé», apprend-on. Laure Noutchang sera détenue au Groupement spécial d’opérations (GSO). Elle va y passer deux semaines dans des conditions particulièrement difficiles. Et puis il y a eu le Tribunal militaire et le transfert à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui. Un autre choc. «Nous sommes arrivés à 3h du matin et nous avons été humiliés dans la cour jusqu’à 8h du matin. Soit pendant 5 heures de temps», se souvient-elle. Aujourd’hui, la conseillère municipale née le 19 septembre 1977 à Dschang, préfère penser à autre chose «qu’aux moments de torture vécus depuis près de trois mois. Elle doit certainement avoir une pensée forte pour son mari et ses deux enfants (âgés respectivement de 21 ans et de 2 ans, 8 mois)». Elle n’a pas perdu le contact avec ces proches qui sont souvent passés lui rendre visite. Ce qui l’aide aussi à tenir. «On a des coups de blues comme tout le monde, mais on reste confiants parce qu’on sait pourquoi on est là», soutient-elle.

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