Les autorités et la violation des droits de l'homme au Cameroun

En 2005, lors de la promulgation de la loi portant Code de Procédure Pénale, CPP, en remplacement de celle portant Code d’Instruction Criminelle, CIC, en vigueur depuis … 1938 !, nombreux avaient été les policiers, les gendarmes et les magistrats qui s’étaient exclamés épouvantés : « la criminalité va augmenter dangereusement, ça c’est faire la part belle aux bandits, la vie va devenir impossible au Cameroun ». Ils traduisaient un fait, leur rejet catégorique de ce nouvel outil de travail qui leur était destiné. Plusieurs années plus tard, leur macabre prophétie ne s’est malheureusement réalisée. Depuis 2005 en effet, il n’y a pas eu de crimes plus crapuleux que ceux qui se produisaient avant, il n’y a pas eu d’avantage de braquages, d’abus de confiance ni d’escroqueries. Bref, nul ne peut dire, statistiques à l’appui, que cette nouvelle loi a accru la criminalité au Cameroun. Mais, dans le même temps en revanche, les gendarmes, les policiers et les magistrats ont poursuivi les abus scandaleux en matière de droits de la personne humaine auxquels ils se livraient avant 2005, et qui avaient été à l’origine de l’élaboration du CPP, par l’action combinée de l’Union Européenne et de quelques camerounais professeurs de Droit. La situation est ainsi telle que 14 années après, la torture, les arrestations, les gardes à vue et détentions arbitraires sont toujours la règle dans les gendarmeries et les commissariats de police du Cameroun, couverts par les magistrats. Ces derniers eux-mêmes sont les champions des mandats de dépôts à qui mieux-mieux, les champions des « oublis » de prévenus dans les prisons, des mois voire des années durant, et les champions des « relaxes pure et simples » après d’interminables périodes de détention dans les conditions inhumaines qui caractérisent les prisons camerounaises.

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