[Faits divers] Ngaoundéré : les nounous reprennent du service

Avec la reprise des classes, des parents travailleurs s’offrent les services de ces femmes même si des mésaventures sont au rendez-vous. La rentrée scolaire du 05 octobre dernier a rimé avec la rentrée au travail de plusieurs nounous. L’attente n’aura été qu’exaspérante pour ces dernières, à la suite des vacances historiquement longues pour cause de covid-19. Luthérine Laïssoubo est enseignante dans un collège privé de Ngaoundéré. Pour garder son travail et veiller sur ses deux enfants, elle a fait recours à une babysitteuse. « C’est la deuxième année consécutive que je travaille avec cette femme. Avec le retour des classes, c’est une obligation de chercher une nounou. Ce qui me permet de mieux m’organiser et d’avoir le cœur net pour mes enfants qui l’apprécient», confie-t-elle. Plusieurs parents font recours au babysitting, devenu un métier à part entière. Tout va d’abord d’une préalable préparation «Avant de commencer, elle et moi nous entendons sur les tâches à effectuer. Elle veille au bien-être de mes enfants sur tous les’plans, en les nourrissant, assurant leur sécurité», explique l’enseignante. Exercer ce métier commande des qualités humaines à présenter par la babysitteuse. Sabine, 35 ans, s’applique dans la garde des enfants depuis plus de cinq ans. Garder les enfants d’une famille exige un effort, un sacrifice. «Il faut être extrêmement patiente, savoir contrôler ses émotions. Être polie, respectueuse à l’égard des parents et des enfants que vous gardez. Il faut donc se montrer discrète, consciencieuse, tolérante, pédagogue et être capable de vous adapter à tout type de circonstances», laisse entendre la jeune femme. A l’idée de laisser leurs enfants entre les mains d’une parfaite inconnue, certains parents restent dubitatifs. Pascal est un chef de famille pour qui la cuisine est sacrée, et ne peut en aucun cas être faite par une nounou. «Exclusivement pour les repas, il n’y a que leur mère pour le faire, sinon un membre proche de la famille. Donc, mon épouse doit faire tout le repas, la nounou s’occupe de donner aux enfants», laisse-t-il entendre. Récompenses et déboires Pour une frange de parents encore plus conservateurs, confier sa progéniture à une personne étrangère est loin d’être une solution. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux ont été victimes de la déception des babysitteuses. C’est le cas de Hamidou Abdoul Salam qui n’a qu’un triste souvenir des nounous. « Il y a deux ans, j’ai embauché une jeune dame pour s’occuper de l’enfant. Sa venue à la maison était pratiquement un casse-tête. Elle était toujours en retard et du coup, mon travail s’en trouvait menacé. Ma femme et moi étions obligés de l’attendre avant de quitter la maison. A côté de cela, elle était très négligente. Les affaires de l’enfant étaient en désordre, la cuisine sens dessus-dessous et elle amenait n’importe qui à la maison. C’est sans faire mention des affaires qui disparaissaient mystérieusement. Il ne valait vraiment pas la peine de compter sur elle », tance-t-il. N’empêche que la rémunération mensuelle des nounous est le fruit d’une négociation. Sabine perçoit 25 000 FCfa grâce à cette activité. «Je dirais que c’est satisfaisant du moment où cela me permet de subvenir à mes besoins et surtout de prendre soins de ma petite famille», confie-t-elle. Femme affectueuse et instruite, Sabine n’hésite d’inculquer à ses compagnons journaliers des leçons de morale et de bonne conduite qui lui valent la satisfaction des parents. Toutes les babysitteuses ne sont pourtant pas Sabine. Parvenir à gagner la confiance des parents, reste un parcours du combattant. Reste que les parents méfiahts ont’recours aux crèches pour assurer la garde des enfants.

Listen Audio on audio.237story.com

Social

  • Mobile App